Dans la Nièvre, le massacre de blaireaux continue, dites « STOP » !

Actualité

Une nouvelle fois cette année, la Préfecture de la Nièvre lance une consultation publique pour prolonger de 4 mois la saison de chasse du blaireau par la méthode du déterrage (1), en pleine période d'émancipation des blaireautins.

La LPO BFC s'oppose à ce projet injustifié que nous considérons non conforme au droit et qui se répète d’année en année ! Nous appelons les habitants du territoire à se mobiliser avant le 5 mai. Aidez-nous à sauver les blaireaux de la Nièvre de ce nouveau massacre injustifié.

© Mark Zekhuis

Consultation publique : votre voix peut faire la différence, ne laissons pas cette prolongation être validée sans opposition !

La France fait partie des derniers pays européens à persécuter les blaireaux et à autoriser leur déterrage en pleine période d’élevage des jeunes. Ces dernières années, sous la pression des associations naturalistes et face aux succès de plusieurs recours administratifs, la pratique tend à diminuer : en 2025, seulement 11 départements ont pris des arrêtés avec des périodes complémentaires dès le 15 mai. Et plus globalement, moins de 40 départements français ont autorisé une période complémentaire de chasse au déterrage.

Hélas, la Nièvre fait partie de ces départements et renouvelle en ce mois de mars une consultation publique pour autoriser une période complémentaire de chasse par la vénerie sous terre : du 15 mai au 30 juin 2026 et du 1er juillet au 14 septembre 2026. Et ce, malgré des avis défavorables majoritaires lors des consultations publiques des années précédentes… La LPO restera mobilisée pour délivrer la faune de ces pratiques et compte sur vous pour ne pas baisser les bras et agir encore en 2026 ! Donnons notre avis, partageons, médiatisons et fédérons autour de ce combat !

5 arguments qui font que la LPO BFC s'oppose totalement à ce projet d'arrêté

  • DES BLAIREAUTINS NON EMANCIPÉS AU 15 JUIN MAIS AUSSI AU 1ER JUILLET, DEUX PROJETS NON CONFORMES AU CODE DE L'ENVIRONNEMENT : une étude, menée de 2003 à 2021 en France(2), démontre que les petits du blaireau naissent principalement entre janvier et avril et sont sevrés à l’âge de 4 mois. Sevrés oui, mais loin d’être émancipés ! En effet, plusieurs mois après le sevrage, le blaireautin reste dépendant de sa mère aussi bien au niveau alimentaire qu’au niveau comportemental et hiérarchique. Le blaireautin est ainsi considéré comme émancipé et indépendant qu’autour de 6 à 8 mois minimum (entre août et novembre selon la période de naissance). Tuer la mère d’un blaireautin entre juin et septembre, c’est donc le condamner à court terme.
    De plus, la vénerie sous terre, méthode non sélective et violente, tue sans distinction les individus, adultes comme jeunes. Or, l’article L. 424-10 du Code de l’Environnement indique qu’« Il est interdit de détruire, d’enlever, de vendre, d’acheter et de transporter les portées ou petits de tous mammifères dont la chasse est autorisée. ».  Cette interprétation a récemment été confirmée par la Cour Administrative d'Appel de Bordeaux. Celle-ci a rappelé que la notion de « petits de mammifères » au sens de l’article L.424-10 du Code de l’environnement doit être entendue comme les individus n’ayant pas atteint leur autonomie et incapables de survivre seuls sans dépendance maternelle, et qu’elle ne se limite donc pas à la seule période de sevrage. 
     
  • INJUSTIFIÉ : Un projet d'arrêté sur demande de la Fédération départementale des chasseurs du 58 pour limiter les dégâts causés par l'espèce ? Le blaireau est une espèce "gibier" qui ne fait pas partie de la liste des espèces susceptibles d'occasionner des dégâts. Et de quels dégâts parle-t-on ? En effet, aucun document sérieux, aucune cartographie, aucun chiffrage, aucune identification de point noir sur les infrastructures routières ou ferroviaires ne viennent étayer les affirmations sur les hypothétiques dégâts recensés par leurs soins. On tue donc des blaireaux en période complémentaire pour des dégâts non dimensionnés et non vérifiés sur l'échelle du département ? Inadmissible !
     
  • AUCUNE FIABILITE DES DONNÉES PRÉSENTÉES : Afin de justifier cette période complémentaire destinée à satisfaire moins d'une dizaine d'équipages actifs de vénerie sous terre, les chasseurs (à l’origine de ce projet d’arrêté) avancent une enquête sur la population de blaireaux dans le département menée en 2023-2024. Or, cette enquête a été menée par leurs propres soins, sans protocole scientifique rigoureux, ce qui les place en position de juge et partie, sans qu’aucun acteur extérieur et impartial, ou administration ne puisse en vérifier la validité. Ils ne peuvent en aucun cas affirmer sur cette base que la pratique de la vénerie ne porte pas atteinte à l'état de conservation de l'espèce
     
  • UNE ILLÉGALITÉ DÉJÀ RECONNUE PAR LA JUSTICE : Suite à un recours de l’ASPAS, le tribunal administratif de Dijon a annulé, dans une décision du 30 mars 2023, l’arrêté du préfet de la Nièvre daté du 27 mai 2022 relatif à l’ouverture et à la clôture générales de la chasse pour la campagne 2022-2023, en ce qu’il prévoyait une période complémentaire de chasse du blaireau par vénerie sous terre, du 1er juillet au 14 septembre 2022 et du 15 mai au 30 juin 2023.  
    Chaque année, plusieurs recours contre ces « périodes complémentaires » de déterrage permettent de remporter de nombreuses victoires partout en France. En 2025, douze arrêtés ont à nouveau été suspendus par la justice. Sur les départements concernés, plus de 1 000 blaireaux ont de ce fait été épargnés de l’enfer des pinces.
     
  • AUCUNE ÉCOUTE DES CITOYENS MAJORITAIREMENT OPPOSÉS AU PROJET : sur les dernières consultations publiques liées à ces projets d'arrêtés dans la Nièvre, vous avez été près de 90 % à déposer des avis défavorables ! Merci pour cette mobilisation exceptionnelle. Cependant, l’avis majoritaire n’a pas été retenu par la préfecture qui signe et persiste avec deux projets d'arrêtés pour cette nouvelle « saison » printanière et estivale de déterrage des blaireaux. 
(1) La vénerie sous terre est une pratique qui consiste à introduire des chiens dans les terriers des blaireaux afin de les poursuivre, parfois pendant des heures, pour finalement les acculer. Les chasseurs creusent alors jusqu'à les atteindre avant de les extirper à l'aide d'une pince métallique puis de les achever au fusil ou au couteau.

(2) BOYAVAL V. 2010, mise à jour en 2021. Contribution à l’étude de la reproduction des blaireaux eurasiens (Meles meles) et de la période de dépendance des blaireautins en France, 12 pages.