Martinet noir

Conseil Biodiversité

Les martinets, bien que ressemblant aux hirondelles, appartiennent à une famille distincte, celle des Apodidés. Ces oiseaux ont un corps fuselé et des ailes en forme de faux. Les martinets passent la majorité de leur vie en vol et le martinet noir Apus apus est une espèce européenne commune dans nos villes mais en régression.

Martinet noir (Apus apus) © Alain Bloquet

Martinet noir (Apus apus) © Alain Bloquet

 

Description

  • Longueur : 16-17 cm
  • Envergure : 42-48 cm
  • Poids : 38-45 g
  • Longévité : 21 ans

Le martinet noir possède un corps aérodynamique et de longues ailes en forme de faux ainsi qu'une queue effilée. Cet oiseau est taillé pour le vol. Ses pattes sont très courtes et réduites. Elles ne lui permettent pas de se poser sur un fil ou une branche, mais seulement de s'agripper maladroitement aux parois verticales. Mâle et femelle sont semblables, de couleur noire avec une petite tache blanche sous la gorge, pas toujours visible en vol. Le juvénile a le plumage plus sombre que l'adulte avec une gorge blanche bien contrastée.

Le martinet noir symbolise l'été, lorsqu'avant la tombée de la nuit, des escadrilles d'oiseaux frôlent les maisons et lancent leurs cris stridents caractéristiques "srii-srii-srii-srii".

Le martinet noir peut être confondu avec le martinet pâle Apus pallida, une espèce très proche dont le plumage est un peu plus clair. Le martinet pâle a le corps plus brun avec la gorge plus pâle et une tête claire qui encadre ses yeux noirs. Il est présent seulement en région méditerranéenne.

Répartition

Le martinet noir est une espèce eurasiatique, présente de la façade Atlantique, Îles Britanniques et Irlande incluses, jusqu'à l'est de la Mongolie, le nord-est de la Chine et la Sibérie orientale. L'aire de distribution atteint la côte pacifique en Mer de Chine à la latitude de Pékin. Au nord, elle dépasse le cercle polaire et atteint Tromsö (Norvège) et Mourmansk (Russie), mais l'espèce s'aventure peu dans le nord de la Sibérie. La limite sud passe par le Maghreb, le Moyen-Orient, l'Iran et le Pakistan.

L'aire d'hivernage se trouve en Afrique, essentiellement au sud de l'équateur, y compris pour les oiseaux asiatiques.

Martinet noir (Apus apus) en vol © Aurélien Audevard

Martinet noir (Apus apus) en vol © Aurélien Audevard

Habitat

Le martinet noir est un apodidé qui se rencontre dans une grande diversité d'habitats. Pendant la migration, il fréquente volontiers les zones humides, au-dessus des étangs, des fleuves, le long du littoral où les oiseaux se regroupent en vol. On le rencontre dans les villes, en plaine, à la montagne... Pour nicher, il s'installe en ville en haut des grands édifices ou des bâtiments.

Le martinet noir nichait à l'origine dans les cavités naturelles des falaises. C'est une espèce rupestre qui s'est adaptée au fil du temps aux édifices humains. Il nidifie aujourd'hui dans les cavités et les fissures des bâtiments auxquelles il est étroitement lié.

Mode de vie et migration

Le martinet noir est une espèce qui passe la majorité de sa vie en vol. Il dort, s'accouple et se nourrit en vol. Les adultes peuvent ainsi rester plusieurs mois, d'une saison de reproduction à une autre, sans jamais se poser.

Pour dormir, le martinet prend de l'altitude et se positionne au-dessus des nuages s'il y en a. Il fait des petits vols planés lors des courtes phases de repos. Le repos n'est pas continu : le sommeil hémisphérique unilatéral lui permet comme aux autres espèces d'oiseaux, d'endormir un hémisphère de son cerveau tout en gardant le deuxième en alerte et éveillé.

Le martinet noir est un grand migrateur. Il passe l’hiver en Afrique et revient en Europe au printemps. Passer l’hiver en Afrique lui permet de fuir les températures trop froides, mais aussi de maintenir son régime alimentaire spécialisé composé d’insectes absents chez nous en hiver. Le distance de migration des martinets peut faire plus de 10 000 km. La migration de printemps (migration prénuptiale) a lieu en avril, celle d'automne (migration postnuptiale) démarre très tôt après la nidification, à partir de la mi-juillet pour s'étendre jusqu'au mois de septembre.

Nourriture

Le martinet est un insectivore strict qui capture les insectes volants : mouches, guêpes moustiques, pucerons, taons... Les proies font généralement moins de 1 cm. Sa bouche est dotée d'une large commissure qui facilite la capture des proies et augmente les chances de prises lorsqu'il ouvre le bec. Le martinet peut atteindre l'altitude de 1 000 mètres lorsqu'il chasse.

 

Tête en gros plan du martinet noir (Apus apus) © Kent Hagan

Tête en gros plan du martinet noir (Apus apus) © Kent Hagan

Reproduction

Les couples sont formés pour la vie et restent fidèles au site de nidification choisi durant l’année précédente. Ils aiment établir leur nid dans une cavité étroite, généralement en haut d'un grand édifice (église, tour...). Il lui suffit d'une ouverture de 3-4 cm dans laquelle l'adulte peut se glisser pour accéder à une petite chambre. Il peut ensuite ramper jusqu'à l'emplacement du nid en s'aidant de ses courtes pattes. Les oiseaux reproducteurs s’installent courant mai. Le nid est formé à partir de ce que le couple peut récolter en vol : plumes, végétaux divers, parfois des petits bouts de papiers, le tout fixé par de la salive. La femelle dépose 3 oeufs blancs qu'elle couve environ 20 jours. Les jeunes sont nourris par les adultes, exclusivement de petits insectes. Les jeunes prennent leur envol après cinq et huit semaines. Une mauvaise météo (pluie, froid prolongé) peut considérablement allonger la période de couvaison et leur émancipation.

Menaces

  • absence d'anfractuosités disponibles sur les bâtiments à leur retour d’Afrique. Les constructions modernes présentent moins de fissures : rebouchage par des enduits pour éviter toute infiltration d'eau. L'isolation par l'extérieur des bâtiments neufs (RE2020) empêche les oiseaux de s'installer et de nicher.
  • manque d’interstices intéressants dans les toitures modernes.
  • chute au sol des jeunes oiseaux non volants (cause naturelle).

Le martinet noir est une espèce en déclin en Europe et sa population a diminué de -40% en dix ans en France (source : Vigie Nature).

Comment aider les martinets ?

Pour favoriser l'installation des martinets, il est nécessaire de conserver les cavités (loges + trous d'accès) dans lesquelles les oiseaux nichent. Il faut éviter d'entreprendre des travaux sur les façades occupées (réfection d'un crépi, colmatage des trous) pendant la saison de nidification, de la mi-mars à la fin août.

Cas d'une rénovation énergétique par l'extérieur (RE2020)

 

 

 

Statut

  • Espèce intégralement protégée par la loi sur la protection de la nature du 10 juillet 1976 et par l'arrêté ministériel du 29 octobre 2009 fixant la liste des oiseaux protégés sur l'ensemble du territoire et les modalités de leur protection.