Cohabiter avec la Perruche à collier

Conseil Biodiversité
Perruche à collier posée sur une branche

Perruche à collier © Fabrice Chanson

La Perruche à collier : un oiseau coloré devenu envahissant

La Perruche à collier (Psittacula krameri) est une grande perruche, originaire des forêts tropicales d’Afrique subsaharienne et du sous-continent indien, au plumage vert vif, dotée d’une longue queue et d’un bec rouge crochu. Les mâles, à partir de leur troisième année, se distinguent par un collier noir et rose-rouge, absent chez les femelles. Son cri puissant et strident la rend aisément repérable dans les milieux urbains.

Une espèce opportuniste et bien adaptée à l’environnement urbain

La Perruche à collier s’est remarquablement adaptée aux zones urbaines et périurbaines, où elle fréquente les parcs, jardins et alignements d’arbres. Son régime alimentaire est principalement frugivore et granivore : elle consomme céréales, fruits, bourgeons et fleurs. Une part significative de son alimentation provient du nourrissage humain, notamment via les mangeoires destinées aux passereaux. Une étude menée en Île-de-France a révélé que, durant l’automne et l’hiver, ces oiseaux consacrent environ 50 % de leur temps d’alimentation à ces ressources artificielles.

Un cadre réglementaire strict pour une espèce invasive

Classée comme espèce exotique envahissante par l’arrêté ministériel du 14 février 2018, la Perruche à collier ne peut être introduite dans le milieu naturel. Sa détention est également encadrée : jusqu’à 75 spécimens, une déclaration est requise ; au-delà, un certificat de capacité ou une autorisation d’élevage est nécessaire. Si la détention est à but lucratif, une autorisation est obligatoire, quel que soit le nombre d’individus. La sous-espèce asiatique (Psittacula krameri manillensis) bénéficie quant à elle du statut d’animal domestique.

Des impacts écologiques, agricoles et sanitaires préoccupants

La prolifération de la Perruche à collier engendre plusieurs types de nuisances. Sur le plan sonore, ses cris peuvent perturber les riverains, notamment à proximité des dortoirs. Les fientes provoquent également des désagréments visuels et olfactifs.

Sur le plan écologique, cette espèce entre en compétition avec la faune locale pour les sites de nidification, notamment les cavités d’arbres utilisées par les passereaux cavicoles, les chauves-souris ou certains mammifères. Elle peut aussi causer des dégâts importants dans les vergers en consommant bourgeons et fruits.

Enfin, elle représente un risque sanitaire non négligeable : elle peut être vectrice de la psittacose, une maladie transmissible à l’Homme et aux autres oiseaux.

Des solutions pour une cohabitation raisonnée

Face à ces enjeux, plusieurs mesures peuvent être mises en œuvre pour limiter l’expansion de l’espèce :

  • Surveillance : suivre l’évolution des populations pour adapter les actions de gestion.
  • Stérilisation des œufs : méthode ponctuelle permettant de limiter la reproduction à court terme.
  • Réduction du nourrissage : éviter de nourrir les perruches dans les espaces publics et privés, et privilégier des mangeoires sélectives pour les petits passereaux.
  • Favoriser la prédation naturelle : encourager la présence de rapaces (Faucon pèlerin, Épervier d’Europe) et de mammifères prédateurs en installant des nichoirs adaptés.
  • Hygiène rigoureuse : nettoyer régulièrement les mangeoires, suspendre le nourrissage en cas de suspicion de maladie, et adopter des gestes d’hygiène simples pour limiter les risques de transmission.