Preuves à l’appui sur la nature cruelle et non-sélective de cette pratique, la LPO exige son interdiction complète et définitive.

Rouge-gorge familier englué (Erithacus rubecula) - Crédit photo : LPORouge-gorge familier englué (Erithacus rubecula) - Crédit photo : LPO

Dans une vidéo inédite, la LPO apporte la preuve que les principales victimes du piégeage à la glu sont des passereaux et des rapaces (rouge-gorge, fauvettes, mésanges, rouge-queue, faucons…) pourtant protégés par la loi, sur le papier. Encore récemment, le gouvernement répondait pourtant à une question parlementaire en affirmant que « le risque de capture des espèces non-cibles est très limité » dans cette chasse traditionnelle encore pratiquée dans la région PACA.

Ces preuves visuelles irréfutables montrent que certains oiseaux meurent après une agonie de plusieurs heures, englués sur les baguettes enduites de colle. Elles confirment que ceux qui sont récupérés ont les plumes rectrices arrachées. Que les oiseaux non utilisables comme appelants sont aspergés sans précaution avec des produits diluants et jetés comme des déchets. Nombre d’entre eux sont retrouvés morts sous les installations ou à proximité immédiate.

L’Etat français est le dernier pays de l’UE à autoriser de telles pratiques, ce qui lui vaut de faire l’objet d’une procédure d’infraction par la Commission Européenne. Il permet à 6000 piégeurs d’utiliser ces méthodes cruelles et non sélectives. Chacun dispose de plusieurs sites de piégeage installés sur les principales zones de passage des oiseaux dans 5 départements : Bouches du Rhône, Alpes Maritimes, Alpes de Haute Provence, Var, Vaucluse. Ainsi ce sont des centaines de milliers de baguettes de glu qui sont dispersées dans la garrigue ou au sommet  des arbres, comme autant de pièges mortels.

Hors de contrôle

L’ONCFS, censé contrôler strictement cette activité dérogatoire car normalement interdite, ne connait même pas les emplacements des sites de piégeage, et dispose de moyens dérisoires. Quand bien même il s'y investissait davantage, la LPO démontre images à l’appui que cette activité n’est pas contrôlable, sauf à disposer 6000 policiers auprès d’autant de piégeurs.

La LPO exige du gouvernement d’Emmanuel Macron qu’il arrête de couvrir ces exactions contre la nature, et y mette un terme dès 2020, comme le réclament plus de 80 % des Français. La France ne peut pas prétendre être exemplaire lors du Congrès International de l'UICN à Marseille en juin prochain, alors que le piégeage à la glu est autorisé jusque dans le Parc National des Calanques. De même, elle ne peut être leader à la COP15 sur la biodiversité en Chine si elle maintient de semblables pratiques sur son territoire.

Les preuves en images

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