Mieux cohabiter avec la faune sauvage en ville

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Ce 16 avril se tiennent les premières « Assises de l’Animal en Ville » au Conseil économique social et environnemental (CESE), organisées par le groupe 1Health. La LPO y participe avec l’objectif d’intégrer plus largement la faune sauvage dans les réflexions sur la présence de l'animal dans l’espace urbain.

Stopper le déclin dramatique de la biodiversité à l’échelle de la planète passe aussi par nos lieux d’habitation. L’étalement urbain est à l’origine de 70% des 20 000 à 30 000 hectares d’espaces naturels et agricoles, soit l’équivalent de 100 terrains de football par jour, qui disparaissent chaque année en France en raison de l’artificialisation des sols.

Or certaines espèces sauvages se sont adaptées au milieu urbain et s’y sont développées ; pour d’autres, il s’agit d’un lieu de passage obligé entre deux territoires. La ville peut créer des espaces propices ou défavorables à la faune. L’architecture des bâtiments et les méthodes de gestion des espaces végétalisés vont être déterminantes pour la survie des oiseaux, mammifères, insectes et autres reptiles qui peuplent également nos villes.  

La rénovation énergétique peut ainsi avoir des conséquences désastreuses sur la nidification des hirondelles et des martinets, l’aménagement des combles condamner une colonie de chauve-souris, la construction d’une clôture couper la route aux hérissons, l’éclairage perturber les espèces nocturnes, une piscine ou une façade de verre devenir un obstacle mortel, etc.

Les conséquences sont déjà mesurables : selon le Suivi temporel des oiseaux communs (STOC) coordonné par la LPO et le Muséum national d’Histoire naturelle, entre 1989 et 2019, les espèces des milieux bâtis ont perdu plus du quart de leurs effectifs. Plus spécifiquement, un quart des hirondelles de fenêtre, la moitié des martinets noirs, les trois-quarts des moineaux parisiens ont disparu en moins de 20 ans.

Entre chien et chat

La LPO est aussi régulièrement interpellée par des propriétaires de chats ou de chiens soucieux de concilier la possession de leur animal domestique avec la préservation de la faune sauvage. Des solutions existent, efficaces et acceptables, pour limiter la prédation. En partenariat avec des professionnels et des associations de la protection animale, nous accompagnons, formons et conseillons toutes les personnes et structures qui souhaitent les mettre en place.

Le but des Assises de l’Animal en Ville est de mettre en place un « laboratoire » où seront conçues et débattues les initiatives du futur entre tous les acteurs publics et privés. Un Livre Blanc a ainsi été partagé avec 20 propositions concrètes visant à redonner toute leur place dans l’espace urbain aux animaux domestiques et à la faune sauvage.

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