Cohabiter avec les pigeons

Conseil Biodiversité
Partager :

Les polémiques autour de cette espèce font rage au sein des quartiers et jusque dans les conseils municipaux. La surpopulation, les méthodes de régulation, les risques sanitaires ou encore l’éthique à suivre alimentent les débats réguliers face auxquels personne n’est vraiment neutre.

Pigeon biset sur un banc, en ville

Pigeon en ville © Nicolas Macaire

Parmi toutes les espèces de pigeons présentes en France (ramier, biset, colombin), celle avec qui la cohabitation est parfois difficile est principalement le pigeon biset Columba livia. En effet cette espèce, sauvage à l’origine, domestiquée par l’homme puis relâchée dans la nature est très présente dans les milieux urbains. 

Majoritairement granivore, sa colonisation en ville l’a rendu omnivore. Le pigeon biset peut donc se nourrir de graines mais également de pain, fruits, légumes ou encore charcuterie ! L’abondance de ressource alimentaire dans les villes lui permet de se reproduire toute l’année (avec un pic au printemps). Si l’on ajoute la faible présence des prédateurs naturels et l’importance du nombre de sites de nidifications favorables, on comprend aisément la prolifération de l’espèce dans nos villes. Toutefois, les effectifs restent globalement stables en France.

Sa cohabitation avec l’homme

L’augmentation de la population de pigeons en ville peut entraîner plusieurs motifs de rejets ou de craintes :

  • Le risque sanitaire : les pigeons peuvent être porteurs de différentes maladies, bactéries ou virus comme par exemple la trichomonase, les salmonelles, la toxoplasmose,… Si ces dernières se transmettent rarement à l’homme par ce biais-là, les personnes fragiles (enfants, personnes âgées, femmes enceintes,…) peuvent toutefois être touchées.
  • Les déjections : les fientes des pigeons (jusqu’à 12kg/an/pigeon) sont corrosives pour les pierres des bâtiments comme par exemple les monuments historiques et le coût du nettoyage peut atteindre plusieurs milliers d’euros par an.
  • Nuisances sonores et olfactives : la présence d’une colonie de pigeons dans des combles peut entraîner des nuisances sonores (roucoulement) et olfactives (fientes).
  • Les dégâts sur les bâtiments : les fientes, les cadavres, les nids, ou encore les plumes peuvent obstruer les conduits d’eau, les gouttières,…

Comment gérer une surpopulation de pigeons ?

Le statut du pigeon de ville se trouve dans un vide juridique : l’espèce n’est ni domestique, ni chassable, aucun droit ne lui est rattaché (res nullius). Il est cependant interdit de le nourrir ou encore de favoriser sa nidification au nom des articles 26 et 120 des règlements sanitaires départementaux. Par conséquent, seuls les maires, par leur devoir d’assurer la salubrité publique, peuvent décider d’intervenir afin de réguler les populations en prenant des mesures spécifiques.

Voici une liste des mesures préconisées par la LPO permettant de réguler le développement des colonies de pigeons en ville :

  • Fils tendus en inox : plusieurs câbles tendus entre des tiges empêchent les pigeons de se poser. Cette méthode inoffensive et peu onéreuse s’avère être discrète (idéale pour les monuments). Les systèmes à base de pics sont tolérés dans la mesure où les cas de blessures voire de mort sont rares. En revanche, la LPO s’oppose aux filets car de nombreux oiseaux se retrouvent piégés et meurent d’épuisement.
  • Faucon pèlerin (Falco peregrinus ) : prédateur naturel du pigeon, le faucon pèlerin consomme au moins un pigeon par jour. Installer des nichoirs sur un secteur où l’espèce a été observée peut donc être une solution.
  • Constructions neuves : lors de la construction d’édifices (bâtiments, immeubles,…), il est recommandé que les corniches ne dépassent pas 6 cm avec une pente supérieure ou égale à 45°, qui empêcheront les pigeons de se poser ou de construire leur nid.
  • Revégétalisation : la revégétalisation des espaces urbains favorise l’installation de nouveaux écosystèmes pouvant faire apparaître des espèces nouvelles et pouvant concurrencer le pigeon.
  • Pigeonniers publics de régulation : cette méthode consiste à installer un pigeonnier dans lequel les œufs seront supprimés ou stérilisés. Cette technique répandue dans de nombreuses villes a porté ses fruits notamment à Bâle en Suisse où l’installation du pigeonnier, renforcée par une large sensibilisation des habitants (TV, presse, radio,…) a permis de diminuer de moitié le nombre de pigeons.

Par conséquent, la LPO s’oppose au gazage ou encore à l’euthanasie et d’une manière générale à tout matériel pouvant tuer ou faire souffrir l’animal.

 

Pour en savoir plus sur cette thématique :

  • Fiche pigeons et tourterelles : à télécharger en bas de page 
  • Dossier technique sur le pigeon en ville : à télécharger en bas de page
  • AERHO – Association Espaces de Rencontres entre les Hommes et les Oiseaux : www.aerho-oiseauxdesvilles.org
  • Faire connaître la Cause des pigeons et aider et conseiller les municipalités qui en font la demande à gérer de manière éthique et durable les effectifs des pigeons dans les villes et villages : www.ambassadedespigeons.com