Comment organiser un ciné-débat ?

Offre pédagogique

FICHE PRATIQUE

Ciné-débat © LPO BFC

Ciné-débat © LPO Bourgogne-Franche-Comté

Merci à la Fédération des Centres sociaux et à Tenk, plateforme documentaire d’avoir créé cette fiche que nous avons adaptée.   

C'est quoi un ciné-débat ? 

Débat (def) : « action de débattre ; discussion généralement animée entre interlocuteurs exposant souvent des idées opposées sur un sujet donné. » Un ciné-débat vise à projeter un film en public, et de faire suivre cette projection d’un débat invitant le public et d’éventuel(le)s intervenant(e)s à discuter ensemble de ce qu’elles / ils ont vu. Le documentaire est un genre particulièrement propice aux questionnements !  

C’est un moment pour réfléchir ensemble, se mobiliser et s’emparer de différents sujets. Les discussions collectives sont une vraie force pour partager des points de vue et comprendre mieux l’autre.  

La logistique – l'organisation 

Le public  

Adultes, ados, enfants, familles ? Habitués du cinéma ou pas ? Cadre scolaire, associatif, engagé... ? 

Certains contenus sont plus ou moins accessibles à tel ou tel public. C’est donc des questions primordiales à se poser avant de choisir le ou les films. 

Définir le(s) film(s) projeté(s) 

Le point de départ le plus facile est la thématique évidemment. Mais on peut également choisir en fonction de sa durée, plutôt court ou long, et de son accessibilité, plutôt facile ou difficile à appréhender. 

Si vous avez une idée de thématique, mais pas de film : demandez conseil auprès de votre LPO locale, piochez dans des catalogues déjà faits, renseignez-vous auprès d’autres associations, de centres sociaux, jetez un œil aux catalogues de documentaires, comme ceux de l’excellente plateforme Tenk.

Le jour et l’horaire 

Ils doivent être réfléchis selon le public que vous souhaitez toucher ; pour un public jeune, ce sera plutôt le mercredi après-midi ou pendant les vacances. Pour un public adulte, les soirs et weekends seront privilégiés. 

Le lieu 

En présentiel - intérieur 

Toute salle disposant de chaises et de murs peut faire l’affaire pour un ciné-débat. 

Néanmoins, il y a quelques éléments sur lesquels il faudra être attentif : 

  • Pour profiter pleinement de la projection, l’idéal est de pouvoir obtenir une obscurité quasi totale, 
  • Être dans un endroit calme, sans trop de passage pour pouvoir s’immerger pleinement dans le film sans être interrompu ou déconcentré, 
  • Vérifier les prises électriques : ça n’a l’air de rien comme ça, mais ce sont elles qui vont décider de l’emplacement du vidéoprojecteur, des enceintes… 
  • Vérifier que tout le monde pourra être bien placé et voir correctement l’écran (et éventuels sous-titres), 
  • Faire des tests en amont, mais également le jour J : même si tout fonctionnait hier, le jour J, c’est souvent là que les problèmes se posent. 

En présentiel - plein air 

Les projections en plein air sont très appréciées mais nécessitent beaucoup d’organisation en amont, comme : 

  • Réfléchir au lieu : est-il exposé au vent ? Le terrain, est-il en pente ? Est-il assez accessible pour le public ? Les personnes à mobilité réduite (PMR) ?... 
  • Le jour-même : il vous faudra consulter la météo, 
  • Et si besoin, prévoir une solution de repli en intérieur, 
  • Aménager le site (table, chaise, chaise longue, buvette, décoration, éclairage doux, guirlande...), 
  • Prévoir le matériel de projection : il est nécessaire d’avoir un projecteur, un système-son et un écran de qualité. Prévoir également les prises électriques, une possible connexion Wi-Fi... 
  • Privilégier la fin de journée, au moment où la luminosité descend, pour voir correctement le film. 

À distance 

Cette solution permet une certaine simplicité dans la mise en place du dispositif, et permet une plus grande autonomie de visionnage pour le public. 

Mais là encore, quelques éléments sur lesquels il faudra être attentif :

  • Mettre à disposition le film sur une plateforme, et inviter les participants à regarder le regarder en amont (quelques jours ou juste avant la rencontre). 
  • Définir un outil de visioconférence accessible à tout le monde. Le jour J, vous n’avez donc plus qu’à envoyer le lien aux participants. 
  • Les outils de visio peuvent parfois être un peu capricieux ; veuillez donc bien à vous connecter quelques minutes en avance pour tester les outils (le son, la vidéo, la connexion, le partage d’écran si besoin…), 
  • De même, si vous avez des intervenants à distance, il faudra également les accueillir en avance sur la plateforme pour les tests, 
  • Il peut être avantageux d’avoir 1 ou 2 personnes, en plus de vous-mêmes, pour aider les personnes en difficulté technique (problème de connexion à la plateforme par exemple), et pour recueillir les questions pendant le débat. 
Débat après projection © Nicolas Macaire / LPO

Débat après projection © Nicolas Macaire / LPO

Réglementation et ayants-droits

La projection d’un film n’est pas dénuée de réglementation !  

Il faut bien différencier la projection privée, d’une projection publique. Une projection privée, c’est : regarder un film acheté en DVD, ou sur une plateforme de streaming, seul, en famille, avec ses amis proches, mais toujours en petit comité. 

Une projection publique, c’est : la diffusion, la représentation face à un groupe de personnes. Une diffusion de films dans des conditions « cinéma » est considérée comme une projection publique. 

La projection publique d’une œuvre audiovisuelle n’est pas libre, elle est soumise à autorisation. On appelle plus communément cela : séance non-commerciale. 

Si vous voulez projeter un film publiquement, alors il faudra prendre contact avec les “ayants-droits” (soit le producteur, le diffuseur, l’auteur...), pour négocier le tarif de projection. Pour donner une estimation tarifaire d’une projection publique, unique et non-commerciale, il s’agit de 100€ pour un court-métrage, et 150€ pour un long-métrage. Sauf, bien entendu, pour les documentaires mis à disposition sur les plateformes gratuites !

Où trouver les ayants-droits ? 

  • Unifrance - promotion du cinéma français dans le monde, répertoire de plus de 10 000 films. 
  • Film-documentaire.fr - répertoire de plus de 57 000 documentaires. 
  • Procirep - société civile des Producteurs de Cinéma et Télévision. 

Les séances non-commerciales sont (art L. 214-1 du Code du cinéma et de l’image animée) : 

  • Les séances publiques et payantes organisées exceptionnellement par les associations et les autres groupements légalement constitués agissant sans but lucratif, 
  • Les séances organisées par les cinéclubs, 
  • Les séances organisées par les cinémathèques, 
  • Les séances organisées dans le cadre des services publics à caractère non commercial, 
  • Les séances gratuites, 
  • Les séances en plein air autres que celles organisées par les exploitants d'établissements de spectacles cinématographiques dans les conditions prévues à l'article L. 212-18 du Code du cinéma et de l’image animée.  

Elles peuvent donc être organisées par différentes structures et dans différents lieux tels que : 

  • Des associations, 
  • Des bibliothèques/médiathèques, 
  • Des cinémathèques, 
  • Des lieux de spectacles, 
  • Des établissements scolaires, 
  • Des musées et institutions culturelles, 
  • Des prisons, 
  • Des centres socioculturels, 
  • Des maisons de retraite... 

Communiquez sur votre ciné-débat   

Allez au plus simple (et efficace !) : Il est important que la communication soit claire, avec les informations essentielles mises en avant : 

  • Ciné-débat 
  • Jour 
  • Heure 
  • Lieu 
  • Nom du film 
  • Visuel du film 
  • Si présence d’intervenant(e)s 
  • Entrée libre ou payante 
  • Contacts 
  • Éventuels logos des organisateurs ou partenaires 

Vous pouvez créer des affiches, communiquer sur les réseaux sociaux, et en parler autour de vous. Le bouche-à-oreille est souvent le plus efficace. 

Si vous faites venir des intervenants extérieurs, profitez de leur réseau !  

Préparer le débat 

Un débat doit être préparé pour ne pas se retrouver face à un vide le jour J. Préparez-vous avec ces quelques éléments : 

  • Avoir vu le film plusieurs fois, le connaître (presque) parfaitement, 
  • Connaitre la biographie de l’auteur, sa filmographie (s’il y a), ses thèmes de prédilection... 
  • Pouvoir contextualiser le film : époque, courant cinématographique, si rattaché à une certaine actualité récente ou d’époque... 
  • À partir de la thématique du film, vous pouvez dégager une ou deux grandes questions de débats et des questions de relance. 
  • Noter des scènes majeures du film pour lancer une discussion à leur sujet. 
  • Préparez-vous à ce que les échanges dépassent le cadre du documentaire ; il faudra donc être assez renseigné(e) sur les thèmes et sujets du film. 
  • Composez un binôme d’animation pour vous relayer et vous entraider !  
© Nicolas Macaire / LPO

© Nicolas Macaire / LPO

Le Jour J 

Avant le film 

  • Dire qui vous êtes et pourquoi / par qui et pour qui est organisée cette séance  
  • Présenter le documentaire 
  • Le/la réalisateur / trice, l’année, le genre (documentaire...) 
  • L’histoire, le propos du film, le thème (sans tout révéler !)  
  • Le sujet et les questions sur lesquels portera le débat ensuite. Cela permettra aux spectateurs/ trices de regarder le film dans ce sens, et de faire ressortir plus d’éléments de débat ensuite. 
  • La durée du film 

Animer le débat 

En présence d’intervenants/tes : débutez la discussion, posez les premières questions, puis demandez au public de continuer. 

Créer un cadre de confiance avec l’assistance : 

Indiquer combien de temps le débat va durer : en général, 30 minutes à 1 heure, et ne pas hésiter à signaler que ce n’est pas obligé de rester, 

  • Définir les règles de prise de parole selon le format d’animation que vous avez choisi, (lever la main ? Avoir une personne avec un micro dans le public pour le cas de grande salle ?)  
  • Faire des interventions brèves pour ne pas laisser le public “décrocher” : 2 minutes 
  • Parler fort, ou dans un micro pour que tout le monde vous entende, 
  • Parler chacun son tour, 
  • Donner la parole dans l’ordre des demandes, 
  • Privilégier celui ou celle qui n’a pas encore parlé. 

Et rester garant du cadre pour que tout le monde soit à l’aise :  

  • En tant qu’animateur/trice : ne pas prendre parti, mais faire émerger des approches diverses, 
  • Ne pas réagir aux anecdotes trop personnelles et intimes : pas de commentaires, et encore moins de conseils, même bienveillants, 
  • Limiter le temps de parole de chacun et être observateur de personnes qui pourraient monopoliser la discussion 
  • Couper les confrontations qui s’engagent entre deux personnes, en donnant la parole à une troisième personne ou encore en signalant que le consensus ne sera pas trouvé, là, tout de suite, et qu’il faut accepter ne pas être d’accords.  
  • Faire attention aux hiérarchies au sein du groupe :  Être attentifs à ce que chacun ait son espace d’expression, et à encourager les voix hésitantes