Le réseau médiation faune sauvage

Depuis quelques années, la LPO France et son réseau se structurent pour coordonner les actions de médiation faune sauvage.

En effet, il apparait nécessaire d’y consacrer des ressources importantes pour pouvoir répondre avec efficience, aux sollicitations croissantes concernant des problèmes liés à la promiscuité entre l’Homme et la faune sauvage.

Le réseau médiation faune sauvage de la LPO a vu le jour en 2019. Il regroupe des salariés de la LPO France et des associations LPO locales. Nous travaillons tous ensemble pour assurer des conseils de qualité sur une grande partie du territoire métropolitain.

Les missions du réseau

Les sollicitations croissantes de ces dernières années ont poussées la LPO a missionner des salariés et des bénévoles sur des mission de médiation. Pour améliorer la qualité de nos conseils auprès du grand public, des collectivités et des entreprises, nous devons travailler tous ensemble, LPO France et associations locales.

Le réseau est là pour :

  • mutualiser les expériences, les connaissances et les compétences
  • développer des formations pour former nos médiateurs
  • apporter un soutien ponctuel pour certaines problématiques compliquées

 

 Vous avez des questions ou des problèmes de cohabitation avec la petite faune ?

Cliquez pour accéder à tous nos conseils

 

Les missions des médiateurs

La médiation intervient pour rechercher des solutions vers une cohabitation raisonnée entre l’homme et la faune sauvage. Pour cela, le médiateur faune sauvage doit être à l’écoute pour apporter des connaissances et proposer des solutions adaptées à la situation.

Pour une partie des appels, il est confronté à des personnes réticentes, voire opposées à la cohabitation, qu’il faut convaincre de l’intérêt de conserver des animaux "indésirables" en leur demeure. Parmi ces réfractaires à la cohabitation, certains peuvent considérer la faune sauvage comme envahissante, gênante ou ne veulent simplement pas partager leur lieu de vie avec des animaux non domestiques. Dans ce cas, l’argumentaire le plus efficace semble être celui basé sur les motifs réglementaires et financiers. Il est souvent moins coûteux d’aménager un bâtiment pour la cohabitation que d’en empêcher l’accès.

Quand cela est possible, la LPO propose l’intervention de bénévoles : un argument supplémentaire qui permet de réduire le coût et ainsi inciter le propriétaire à conserver la faune à son domicile.

La peur et la méconnaissance sont également des facteurs du refus de cohabitation. Les croyances ou les superstitions ancestrales en sont souvent la cause. Qui n’a jamais entendu dire que les chauves-souris s’accrochent dans les cheveux ? Cette croyance est totalement fausse et peut être balayée par un argumentaire s’appuyant sur des connaissances scientifiques.

Dessin Cécile Rousse

Malheureusement, il faut aussi accepter parfois que, la cohabitation puisse se révéler impossible du fait de la structure du bâtiment ou de l’attitude réfractaire du propriétaire qui refuse de partager « son» habitation avec la faune sauvage. Si les espèces concernées sont des espèces protégées, il faut alors alerter l’Office Français de la Biodiversité (OFB), qui prendra en charge le dossier. Le médiateur n’a pas pour mission de déloger ou piéger une espèce (encore moins si elle est protégée). 

Fort heureusement, dans de nombreux cas de figure, le médiateur rencontre des habitants favorables au partage. Dans ce cas, il s’agit simplement de les accompagner dans la réalisation d’aménagements pour améliorer ou favoriser l’accueil de la faune sauvage et ainsi leur permettre de participer activement à la protection de la biodiversité.

Les compétences du médiateur

Tout le monde ne peut pas être un médiateur pour la faune sauvage. Pour beaucoup d’entre nous, notre sensibilité et notre passion nous ont conduits sur la route de la préservation de la biodiversité. Il nous parait alors difficile de faire des concessions pour sauvegarder une espèce menacée.

Pourtant le médiateur doit être capable de prendre suffisamment de recul pour écouter, analyser et proposer des solutions acceptables par toutes les parties. La qualité primordiale pour un médiateur faune sauvage est de savoir écouter, sans porter de jugement, pour pouvoir instaurer un climat de confiance et ainsi fonder une base solide pour le dialogue à venir.

L’optimisme et le calme sont des qualités nécessaires pour communiquer, expliquer ou désamorcer une situation. L’empathie est également une capacité qui doit aider le médiateur à mieux comprendre les problèmes de cohabitation et la motivation de l’habitant concerné.

Même s’il doit prendre en compte les désirs de l’Humain, il ne peut oublier les besoins des animaux. Il est difficile de juger de la réussite d’une médiation. Bien évidemment, accompagner un habitant réticent à l’idée de partager son espace vital jusqu’à lui faire accepter l’installation de dispositifs d’accueil de la faune sauvage est le résultat espéré par tout médiateur. Mais il existe tout un panel de résultats entre cette solution optimale pour les animaux et celle qui n’est pas souhaitée, à savoir interdire, par des mesures radicales, l’accès aux espèces sauvages ou pire encore, les détruire. Le médiateur doit amener son interlocuteur, par le dialogue, le questionnement et l’argumentaire, vers l’état optimal pour la faune sauvage, sans savoir s’il réussira à l’atteindre.

Bien que des problématiques soient similaires, chaque cas traité est unique car chaque personne est différente et a des besoins et un seuil de tolérance plus ou moins élevé. C’est pourquoi, le travail du médiateur est extrêmement complexe.

dernière mise à jour : 5 octobre 2021