Dauphin

Près de 10 000 dauphins sont tués chaque hiver dans le Golfe de Gascogne par les activités de pêche.

Selon l’observatoire Pelagis, en 2020, près de 10 000 dauphins ont péri asphyxiés dans les filets de pêche tandis que 1089 cadavres de ces cétacés se sont échoués sur les côtes françaises du golfe de Gascogne, dont 88% portaient les marques flagrantes de capture de la pêche, constatées par le Réseau National d’Echouages du laboratoire PELAGIS (CNRS - Université de La Rochelle) et de nombreux bénévoles de la LPO. L’immense majorité (90%) des victimes appartient à l’espèce Dauphin commun (Delphinus delphis), menacée et théoriquement protégée par la loi.

Dauphins échoués sur le sable

Dauphins échoués sur le sable © RNE

Chaque année et de plus en plus intensément depuis 2016, essentiellement pendant l’hiver, le nombre de victimes augmente sans que l’Etat n’ait rien entrepris de concret ni d’efficace pour faire cesser cette tuerie inacceptable. En juillet 2020, la Commission européenne a mis en demeure la France de mettre un terme à la destruction des dauphins et le Conseil International pour l’Exploration de Mer (CIEM), le Comité Scientifique, Technique et Économique des Pêches (CSTEP) et le Comité Scientifique de la Commission Baleinière Internationale, ont préconisé plusieurs scenarii d’arrêt spatio-temporel des pratiques de pêche responsables des captures de cétacés, à savoir les chaluts pélagiques et les fileyeurs. De telles fermetures ponctuelles sont notamment cruciales dans certaines zones du Golfe de Gascogne entre le 15 janvier et le 15 mars, c’est à dire pendant la période la plus critique.

Dissection avec Allain Bougrain Dubourg  (le 23 février 2021, à La Rochelle, au laboratoire PELAGIS) d’un dauphin tué par la pêche © D.Chevillon

Dissection avec Allain Bougrain Dubourg (le 23 février 2021, à La Rochelle, au laboratoire PELAGIS) d’un dauphin tué par la pêche © D.Chevillon

Début octobre 2020, la Ministre de la mer Annick Girardin a pourtant écarté cette solution, restant sourde aux avis des scientifiques, aux exigences de la Commission européenne, aux demandes des associations de protection de la nature et de l’opinion publique. Seules quelques mesures d’évaluation (caméras, observateurs embarqués, surveillance aérienne) ont été proposées alors que les causes de la mortalité des dauphins sont déjà bien identifiées.

Le Dauphin commun, espèce en théorie protégée par la loi, se reproduit lentement (une femelle met bas 4 à 6 petits en moyenne sur une durée de vie évaluée à 40 ans au maximum) et pourrait être amené à disparaitre si le gouvernement ne prend pas ses responsabilités.

La LPO demande au gouvernement français de respecter l’avis des scientifiques et l‘injonction de la Commission européenne : il faut réformer au plus vite les méthodes de pêche responsables des captures de dauphins pendant l’hiver. La première décision par rapport à l’urgence de cette hécatombe est de suspendre pendant l'hiver les activités de pêche responsables de la mortalité des dauphins, qui peuvent parfaitement être indemnisées par l'État français et l’Europe.

Blessure par usage d’une gaffe sous la nageoire pectorale d’un dauphin commun; cet endroit permet une meilleure accroche de la gaffe © Ré Nature Environnement

Trace de pression d’une grosse maille de filet type chalut à la base du rostre d’un dauphin. © Ré Nature Environnement

Reste de dauphin avec un cordage à la queue. © Ré Nature Environnement

Pour en savoir plus

Consultez les numéros spéciaux de l'OEillet des dunes, bulletin de l’association Ré Nature Environnement, consacrés au Dauphin : 

dernière mise à jour : 24 juillet 2024