Busard Saint-Martin

Conseil Biodiversité
Busard Saint-Martin en vol

Busard Saint-Martin © C. Perelle

Identification

Avec sa longue queue, sa silhouette svelte et ses ailes beaucoup plus planes que celles des autres busards, le busard Saint-Martin présente des dimensions intermédiaires entre celles du busard des roseaux et du busard cendré. La tête et la face inférieure du mâle sont gris blanc tandis que l’extrémité des ailes est noire. La femelle, plus foncée, présente une face inférieure crème et fauve striée de brun. Le croupion blanc contraste avec la queue très brune.

Envergure

99 à 121cm

Poids

340g (mâle) - 470g (femelle)

Dimorphisme sexuel

Chez les busards, la femelle est, en général, plus foncée mais également plus massive, tandis que le mâle est plus petit et plus svelte. Il est facile de confondre les femelles du busard cendré et du busard Saint-Martin bien que cette dernière ait une tête plus grosse et une tâche blanche sur le croupion plus étendue. La femelle du busard des roseaux présente quant à elle la tête et les épaules jaune pâle.

Durée de vie

La longévité maximale observée dans la nature est de 15 ans.

Habitat

Paysages ouverts (landes, pelouses sèches, tourbières et autres milieux humides). Localement dans des champs. S'est adapté à la steppe cultivée.

Alimentation

Petits rongeurs (principalement des campagnols) et petits oiseaux, parfois des lapereaux mais aussi lézards et insectes.

Reproduction

La ponte a lieu aux alentours du 20 avril et peut se poursuivre durant tout le mois de mai, voire jusqu’à la mi-juin en Europe centrale et en Ecosse notamment. La femelle couve 4 à 6 œufs (3 à 4 plutôt dans le Nord-Est de la France). L’incubation dure de 29 à 31 jours. 32 à 38 jours après l’éclosion des œufs, les petits sont prêts à prendre leur envol. Ils restent toutefois entre 25 et 30 jours supplémentaires dépendants des parents.

Voix

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Reproduction

La ponte a lieu aux alentours du 20 avril et peut se poursuivre durant tout le mois de mai, voire jusqu’à la mi-juin en Europe centrale et en Ecosse notamment. La femelle couve 4 à 6 œufs (3 à 4 plutôt dans le Nord-Est de la France). L’incubation dure de 29 à 31 jours. 32 à 38 jours après l’éclosion des œufs, les petits sont prêts à prendre leur envol. Ils restent toutefois entre 25 et 30 jours supplémentaires dépendants des parents.

 

Biologie et écologie

Utilisation des habitats

Il fréquente en France, des paysages ouverts (landes, clairières forestières, jeunes plantations de résineux ou de feuillus, pelouses sèches, tourbières et autres milieux humides), sans oublier les plaines cultivées et les prairies qui couvrent les plus vastes superficies dans notre pays.
Comme pour le busard cendré, il s’est installé dans les espaces cultivés soit à la suite de la raréfaction de ses milieux originels, soit par préférence pour ces habitats.

Régime alimentaire

Il est spécialisé dans la capture des petits rongeurs (principalement des campagnols des champs) et des petits oiseaux. Il peut se nourrir de lapereaux, d’insectes et de lézards.

L’installation

C’est le mâle qui arrive le premier sur le site de nidification, la femelle arrive ensuite. Si la polygamie existe chez cette espèce, elle n’est pas considérée comme étant la règle. Le mâle s’accouple d’abord avec la femelle la plus âgée, qui aura une ponte complète la première. Les parades nuptiales, qui débutent fin mars, ressemblent beaucoup à celles des autres busards.

Le nid

Comme pour celui du busard cendré, le nid du busard Saint-Martin est installé sur le sol. Principalement construit par la femelle, bien qu’on voie parfois le mâle participer à la construction, il est en général placé dans une végétation assez haute qui le dissimule à la vue et le protège ainsi des prédateurs. Il est possible d’observer une colonie de trois ou quatre couples de busards nichant au même endroit. Les nids sont alors distants de 100 à 300 mètres, 50 mètres voire moins lorsque l’on a à faire à des busards Saint-Martin polygames.

La ponte

Elle débute vers la deuxième quinzaine de mai, mais s’échelonne de la fin avril à la mi-juin suivant les latitudes. En général, elle précède celle du busard cendré d’environ une semaine. La femelle pond 4 à 6 œufs en moyenne mais l’importance de la ponte dépend du nombre de rongeurs.

L’incubation

Elle débute avec le 2ème ou 3ème œuf (d’où une différence de taille entre les petits) et dure environ 29 à 37 jours pour chaque œuf. L’éclosion peut s’échelonner sur plus d’une semaine. C’est la femelle qui assure la couvaison.

L’élevage des jeunes

Les jeunes restent au nid 31 à 35 jours. Nourris par le mâle pendant la couvaison, les jeunes sont ensuite dépendants de la femelle qui reprend la chasse dès qu’ils sont assez grands. Après leur envol, la femelle a pour premier rôle, la protection des jeunes.

Distribution et effectifs

Distribution

C’est le plus septentrional des trois busards d’Europe occidentale, le seul qui a l’habitude d’hiverner dans nos régions, essentiellement dans les polders côtiers et les zones de deltas. Sa zone de distribution s’étend plus au nord que celle du busard des roseaux. Sa limite méridionale traverse le nord de l’Espagne et la France, mais il hiverne aussi en Italie (sur la côte méditerranéenne, la côte Adriatique le long du talon de la botte et dans la plaine du Pô), sur les côtes de Grèce continentale et en Turquie. La limite septentrionale s’étend quant à elle jusqu’au lac Vanërn en Suède pour les quartiers d’hiver mais jusqu’en Laponie pour les quartiers d’été. A l’est, il niche de la Russie jusqu’à l’océan Pacifique. On peut noter l’existence de trois sous-espèces : l’une vivant au Canada (Circus cyaneus hudsonicus) et les deux autres en Amérique du Sud.

Répartition mondiale Busard St Martin

Répartition mondiale Busard St Martin

En France, il établit ses quartiers d’hiver sur à peu près tout le territoire (exceptées les zones de hautes montagnes telles que les Alpes et les Pyrénées). Mais, en été, c’est principalement dans le centre de la France, dans une bande qui s’étend de la Rochelle à Besançon et du Massif central jusqu’à la région d’Orléans, qu’on peut le rencontrer.

Busard St Martin (Thiollay & Bretagnolle, 2004 - Rapaces nicheurs de France, distribution, effectifs et conservation ; Ed. Delachaux & Niestlé)

Busard St Martin (Thiollay & Bretagnolle, 2004 - Rapaces nicheurs de France, distribution, effectifs et conservation ; Ed. Delachaux & Niestlé)

Effectifs

 

Migration et hivernage

Migration d’automne : en route pour les quartiers d’hiver

C’est entre les mois d’août et d’octobre que les busards Saint-Martin du Nord de l’Europe entament leur migration vers le sud afin de rejoindre leurs quartiers d’hiver situés entre le sud de la Suède et l’Europe méridionale, du Portugal à la Turquie. Ils élisent alors domicile dans les régions de polders côtiers et à proximité des deltas. Seule une minorité d’individus traverse la Méditerranée pour hiverner sur le continent africain (on en compte environ 200 au-dessus du détroit de Gibraltar). Le nombre d’oiseaux observés aux différents points de passage forcé est d’autant plus faible que l’espèce migre sur un large front.

Migration de printemps : les nicheurs s’installent

La migration prénuptiale se déroule entre la fin du mois de février et la fin d’avril, des retardataires passant jusqu’en mai.

Mue

La mue s’étend d’avril à octobre chez l’adulte. S’étend fréquemment sur une période plus longue.

 

Menaces et statuts

Parmi les espèces mises en danger par les pratiques agricoles, les busards voient périr chaque année un grand nombre de leurs poussins dans les barres de coupe des moissonneuses-batteuses. En effet, l’envol des jeunes est souvent postérieur à la date des moissons ! Il est donc essentiel, pour protéger ces populations de busards, d’informer le monde agricole des dangers courus par cette espèce et de solliciter leur participation aux programmes de sauvegarde.

Menaces liées à l’Homme

Moissonneuse

Menaces naturelles

La prédation naturelle par les carnivores (renard, sanglier, etc.) et certains rapaces (milans notamment), est régulièrement observée.
La raréfaction de la ressource alimentaire est à l’origine de nichées moins précoces et moins importantes.

Statuts

Les busards, comme toutes les espèces de rapaces, sont protégés en France selon la loi du 10 juillet 1976 (arrêté d’application du 17 avril 1981).

De plus, les trois espèces (busard cendré, busard Saint-Martin, busard des roseaux) figurent en annexe I de la Directive « Oiseaux » (n°79/409 du 6 avril 1979). Cette directive européenne s'applique à tous les Etats membres de la Communauté depuis le 6 avril 1981. Elle vise à assurer la protection de toutes les espèces d'oiseaux désignées en annexe I de la dite Directive et elle permet la désignation de Zones de protection spéciales qui sont destinées à renforcer le réseau Natura 2000.
Ils figurent également en annexe II de la Convention de Berne qui a pour objet d'assurer la conservation, au niveau européen, de la flore et de la faune sauvages et de leurs habitats naturels, notamment des espèces et des habitats dont la conservation nécessite la coopération de plusieurs Etats.
De plus, en tant qu’espèces migratrices, la Convention de Bonn (82/461/CEE du Conseil, du 24 juin 1982) leur accorde un statut de protection à l'échelle mondiale. Comme l’ensemble des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction, les busards sont protégés par le CITES ou encore Convention de Washington. Cette « Convention sur le Commerce International des Espèces » est un accord international entre les Etats qui a pour but de veiller à ce que le commerce international des spécimens d'animaux et de plantes sauvages ne menace pas la survie des espèces auxquelles ils appartiennent.