Bernache du Canada

Conseil Biodiversité

La Bernache du Canada est un oiseau unique en son genre en Île-de-France, par sa taille et ses couleurs facilement identifiables. Souvent présente en troupes près des plans d’eau dans les parcs et bois, elle est peu farouche et donc facilement observable.

Bernache du Canada

© F. Valette / LPO-IDF

Une oie facilement reconnaissable

Mesurant près d’un mètre de long et avec son envergure située entre 150 et 180 cm, la Bernache du Canada est la plus grande oie d’Europe et le deuxième plus gros oiseau observable en Île-de-France après le Cygne tuberculé. Ayant une silhouette proche de toutes les espèces d’oies (corps massif, long cou et queue courte), elle est aisément identifiable grâce à son cou et sa tête noirs qui tranchent avec sa gorge et ses joues blanches. Son corps, lui, est brun pour les parties supérieures, et blanc pour les parties inférieures, avec des rémiges sombres. Comme pour toutes les oies, il n’existe aucun dimorphisme sexuel, et seuls les juvéniles sont légèrement plus ternes que les adultes.

Bernache du Canada

Bernache du Canada © F. Ducordeau / LPO Île-de-France

La Bernache du Canada est difficile à confondre avec une autre espèce d’oiseau, surtout en Île-de-France où aucune autre espèce de Bernache ne vit. La Bernache nonette et la Bernache cravant, qui peuvent être vues en France, souvent près des côtes en hiver, ressemblent à celle du Canada mais sont bien plus petites.

Illustration de Bernache du Canada

Dessin © Léa Schlemmer / LPO Île-de-France

Une vie entre air, terre et eau

La Bernache du Canada affectionne particulièrement les aires humides bordées de grandes zones herbeuses, qu’elles soient naturelles ou artificielles. Ainsi, en zone rurale, elle vit dans des prairies près des lacs, rivières ou étangs, tandis qu’elle aime les parcs et les bassins d’ornement des villes. En hiver, les Bernaches se réunissent et vivent en larges groupes dans des zones d’hivernage, et elles se dispersent en été à la recherche de buissons proches des berges pour y construire leur nid. Pendant le mois que dure l’incubation des oeufs, la femelle Bernache couve ses quatre à huit oeufs, tandis que le mâle surveille le nid et protège son territoire.

Bernaches du Canada

© J. Coatmeur / LPO Île-de-France

Concernant son régime alimentaire, la Bernache est exclusivement herbivore et, contrairement à la plupart des anatidés, se nourrit surtout sur la terre ferme. Herbes, baies, feuilles, racines et fleurs composent la majorité de son alimentation estivale ; l’hiver, elle cherche plutôt à se nourrir dans les champs, pour y trouver des graines de céréales diverses, et sur les gazons des parcs, voire des terrains de golfs. De par sa taille, la Bernache du Canada doit ingérer une grosse quantité de nourriture pour y trouver les nutriments nécessaires à sa survie, il n’est donc pas rare de la voir se nourrir jusqu’à douze heures quotidiennement.

Migratrice ou sédentaire ?

Comme son nom l’indique, la Bernache du Canada est originaire d’Amérique du Nord. Introduite en Europe à partir du XVII ème siècle, comme oiseau d’agrément, elle fût petit-à-petit relâchée dans la nature afin d’en faire un gibier à chasser. Etant dotée d’une grande capacité d’adaptation, la Bernache du Canada a fini par s’installer un peu partout en Europe, du Nord (Scandinavie) au Sud (Espagne), et de l’Est (Russie) à l’Ouest (France).

Les Bernaches du Canada européennes se divisent actuellement entre des populations sédentarisées, dans toute l’Europe de l’Ouest, et des populations migratrices, qui nichent en Scandinavie et viennent passer l’hiver en Europe occidentale (Angleterre, Pologne, Pays-bas). Plus de la moitié des Bernaches du Canada sédentaires d’Europe vivent en Grande-Bretagne, puisque c’est dans cette région que les premiers spécimens furent introduits puis relâchés en Europe, et que les biotopes britanniques leurs correspondent parfaitement.

Bernaches du Canada en vol

© D. Omarov / LPO Île-de-France

Statut et effectifs en France et en Ile-de-France

 Les Bernaches du Canada sont présentes dans près des deux tiers des départements français, dans le centre, le Nord et l’Ouest du pays surtout. Un petit tiers Sud-Est n’accueille pas de Bernaches, à l’exception du département des Bouches-du-Rhône. Elle porte le statut d’espèce introduite. En hiver, les 8000 individus présents sur le territoire sont répartis dans 57 départements, mais plus de 60% des effectifs se situent dans les régions Île-de-France et Centre (2008). En période estivale, ce ne sont plus que 37 départements qui accueillent des Bernaches, pour une population estimée à 4250 individus (2008).

Etant l’une des régions françaises comptant le plus de Bernaches du Canada, l’Île-de-France en accueille dans chacun de ses huit départements, et particulièrement le long de ses cours d’eau (Seine, Marne, Oise, Essonne, Grand Morin, etc.). La population nicheuse francilienne est issue d’individus d’abord introduits dans divers parcs et jardins puis échappés et de retour à l’état sauvage à partir des années 1960. Elle est aujourd’hui estimée à 350 couples (2009-2014). L’essentiel des individus de la région est sédentaire mais effectue simplement des mouvements de dispersion et de regroupement au cours de l’année.

Carte de nidification de la Bernache du Canada Branta canadensis en Île-de-France (issue de l’Atlas des oiseaux nicheurs d’Ile-de-France, 2009-2014). En rouge les nicheurs certains, en orange les nicheurs probables et en jaune les nicheurs possibles. Les cercles concentriques donnent une idée des effectifs nicheurs par maille du quadrillage : de 1 à 10 couples pour les petits cercles, de 11 à 100 couples pour les cercles moyens, de 101 à 1000 pour les plus grands cercles, des losanges lorsqu’il n’y a pas eu de dénombrement.

Carte de nidification de la Bernache du Canada Branta canadensis en Île-de-France (issue de l’Atlas des oiseaux nicheurs d’Ile-de-France, 2009-2014). En rouge les nicheurs certains, en orange les nicheurs probables et en jaune les nicheurs possibles. Les cercles concentriques donnent une idée des effectifs nicheurs par maille du quadrillage : de 1 à 10 couples pour les petits cercles, de 11 à 100 couples pour les cercles moyens, de 101 à 1000 pour les plus grands cercles, des losanges lorsqu’il n’y a pas eu de dénombrement © LPO Île-de-France

Alors qu’elle était classée espèce protégée depuis 1981, elle est désormais considérée comme une espèce exotique envahissante. Elle est classée comme nuisible et chassable, souillant les pelouses et les eaux de baignades. Suite à un plan de maîtrise de l’espèce lancé en 2008 par l’ONCFS, des programmes de stérilisations des oeufs et de tirs ont été mis en place au niveau national.

Le saviez-vous ?

Les Bernaches du Canada sont très fidèles en amour. Elles se trouvent un ou une partenaire au cours de leur deuxième année, et restent en couple avec pour le restant de leur vie.

Contrairement à une idée répandue, en cas de décès de leur partenaire, les Bernaches ne restent pas seules toute leur vie mais retrouvent une autre Bernache pour partager leur quotidien.

Deux bernaches du Canada

© A. BLOQUET / LPO Île-de-France

Bibliographie

Ouvrages

  • Atlas des oiseaux nicheurs d’Île-de-France 2009-2014. CORIF, 2017. 204 p.
  • 500 espèces oiseaux d’Europe. France Loisirs, 2004. 416 p.
  • Les oiseaux d’Île-de-France - Nidification, Migration, Hivernage, Pierre Le Maréchal. Delachaux et Niestlé, 2013. 511 p.

Sites internet

Article d'Alexis Dupuy

Fiche rédigée par la LPO Île-de-France