Tégénaire noire

Conseil Biodiversité
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Impressionnante par sa taille et sa vitesse de fuite, la tégénaire noire est un animal mal aimé voire répugné. La seule vision d'une tégénaire avec ses longues pattes poilues est synonyme d'horreur. En automne, les tégénaires entrent dans nos habitations car c'est la pleine saison de reproduction de l'espèce. Les mâles en maraude cherchent une femelle pour s'accoupler. Et pourtant... la tégénaire est inoffensive : elle ne pique pas, n'attaque pas l'Homme et reste un animal très craintif. Mieux encore, elle débarrasse les petits insectes de la maison en les capturant dans sa toile. Si vous croisez une tégénaire, ne lui donnez pas un coup de chaussure, mais remettez-la plutôt dehors.

Tégénaire noire (Eratigena atrica) © Daryl Smith

Tégénaire noire (Eratigena atrica) © Daryl Smith

Nom latin : Eratigena atrica (C. L. Koch, 1843)

Nom anglais : Giant house Spider

Autre nom : Tégénaire des maisons

Classe : Arachnida  |  Ordre : Araneae  |  Famille : Agelenidae

Description

La tégénaire est l'une des plus grosses araignées de nos régions.  Comme toutes les autres espèces d'araignées, la tégénaire porte 8 pattes. On la voit s'enfuir rapidement au sol ou sur les murs, sa vitesse est de 1,9 km/h maximum.

Le corps (sans les pattes) mesure plus de 1 cm de longueur, mais l'animal atteint au total jusqu'à 5 à 6 cm pattes étendues. La femelle est cependant plus grande que le mâle.

  • Taille corps mâle : 10-15 mm
  • Taille corps femelle : 12-18 mm

Cette araignée est généralement de couleur sombre, avec deux bandes claires sur les côtés du céphalothorax. Son abdomen est brun avec des séries de taches claires dessus.

Une femelle peut vivre deux ans, voire trois ans pour certaines.

Tégénaire noire (Eratigena atrica) © Daryl Smith

Tégénaire noire (Eratigena atrica) © Daryl Smith

Distribution

Toute l'Europe, Afrique du nord.

Habitat

Les habitats d'origine de la tégénaire noire sont les entrées de grottes, les souterrains, les cavernes. La tégénaire noire vit également dans les forêts sèches, dans les coins humides, sous les rochers, les troncs au sol... Elle se rencontre souvent en automne dans les maisons dans les chambres où elle ne fait souvent que passer car il fait souvent bien trop chaud et bien trop sec dans nos habitations. Parfois elle tombe dans la baignoire de la salle de bain et souvent elle ne peut malheureusement pas remonter en raison des parois glissantes. Dans ce cas, inutile de lui donner des coups de balais ! Il suffit de la faire rentrer dans une petite boîte en la poussant doucement par derrière et de délicatement la mettre dehors. La tégénaire noire peut aussi se trouver dans les garages, les caves, les greniers et à l'extérieur dans les coins de mur, sous les avant-toits et sur les murs de pierres.

On se fait une toile ?

La tégénaire habite une grande toile en apparence désordonnée car elle est constituée de fils en désordre. Les fils ne sont pas visqueux. La toile, en forme de hamac, est le plus souvent construite dans un angle de mur. La toile ressemble à une nappe, comportant dans un angle une ouverture en forme d'entonnoir dans laquelle la tégénaire se tient cachée à l'affût. D'abord transparente, la toile recueille des saletés et de la poussière qui, avec le temps, lui donne une apparence grise et sale.

La tégénaire quitte parfois sa toile si celle-ci ne lui convient pas, ou si celle-ci est partiellement détruite, mais en général elle chasse les proies qui se trouvent sur la toile sans bouger.

Capture des proies et prédation

La technique de capture est simple : lorsqu'une mouche, un moustique ou autre petit insecte volant se prend dans la toile, les vibrations qu'il émet font sortir la tégénaire de sa cachette. La tégénaire va mordre sa proie pour lui injecter des enzymes qui vont ramollir les organes internes comme une sorte de bouillie, que la tégénaire pourra ensuite aspirer.

La tégénaire, comme les autres araignées, est en effet incapable de digérer sa proie à l'état solide. C'est pourquoi elle injecte des sucs digestifs qui vont liquéfier l'intérieur de la proie. Quand l'araignée a fini de manger (ou de boire plutôt), il ne reste plus que l'enveloppe du malheureux insecte. Un adulte consomme une mouche en moyenne toute les 3 semaines.

Reproduction

Le mâle recherche la toile occupée par une femelle pour s'accoupler. Il touche alors la toile avec une de ses pattes sur un rythme régulier : il indique ainsi à la femelle qu'il n'est pas une proie. Si la femelle sort, il prend la fuite, mais si elle ne sort pas, il la rejoint et vit avec elle jusqu'à sa mue de maturité. Lors de la copulation, il lui injecte du sperme à l'aide de ses pédipalpes (sorte de pattes copulatrices des araignées).

Après 3 semaines à 1 mois de gestation, la femelle pond de 40 à 60 œufs blanc cassé, déposés dans un cocon de fils souvent recouvert de grains de sable. Le cocon est suspendu à la toile ou en un lieu abrité proche. L'éclosion a lieu au printemps suivant, les jeunes restant sur la toile de la mère jusqu'à leur troisième mue.

Tégénaire noire sur sa toile © Darkone

Tégénaire noire sur sa toile © Darkone

Ce qu'il faut savoir de la tégénaire et des araignées

  • La tégénaire est-elle aveugle ? Non, la tégénaire possède 8 yeux comme la plupart des arachnides, mais elle ne voit pas très bien au loin.
  • Est-ce que les tégénaires piquent ou mordent ? Non. La tégénaire n'attaque jamais l'homme et opte systématiquement pour la fuite en cas de menace. C'est une espèce craintive et non agressive. Elle possède de surcroît des crochets bien trop petits pour pouvoir mordre un être humain.
  • Est-ce que les tégénaires pondent sous la peau ? Non. Les araignées enveloppent leurs oeufs dans des cocons de soie et n'ont pas la capacité de pondre sous la peau humaine.
  • Est-il possible d'avaler des araignées pendant notre sommeil ? Non. Les araignées sont très sensibles aux vibrations et ne s'aventurent pas sur votre bouche exhalant de l'air chaud. Il s'agit d'une légende urbaine.
  • Les araignées sont-elles cannibales ? Oui. La grande majorité des araignées sont solitaires et, en dehors de la période d'accouplement, elles sont généralement agressives entres-elles, voire cannibales. Mais les proies sont généralement toutes petites (mouches, petit papillon...) et jamais plus grosses que la tégénaire elle-même.

 

 

 

 

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