Les Espèces Susceptibles d’Occasionner des Dégâts (ESOD) sont des animaux sauvages non protégés, dont la destruction est autorisée en dehors des périodes de chasse. Cette classification repose sur des critères définis par le Code de l’environnement, notamment en cas de nuisances aux activités humaines ou aux équilibres biologiques. Trois groupes sont distingués : les espèces non indigènes (comme le raton laveur ou la bernache du Canada), les espèces indigènes à l’échelle nationale (comme la fouine, la pie bavarde ou le renard roux), et celles classées localement selon les conditions (comme le sanglier ou le pigeon ramier).
Des critiques croissantes sur la légitimité de cette liste
De nombreuses associations de protection de la nature, dont la LPO, dénoncent le manque de rigueur scientifique dans l’établissement de cette liste. Les services écosystémiques rendus par ces espèces sont souvent ignorés, tout comme l’impact réel de leur destruction sur les populations. Chaque année, plus d’un million d’individus sont tués, parfois sans preuve de dégâts significatifs. De plus, les méthodes employées sont souvent cruelles, et les alternatives non létales rarement envisagées. La composition des commissions décisionnaires (CDCFS), dominée par les chasseurs, soulève également des questions de représentativité.
Des espèces aux rôles écologiques majeurs
Les espèces du groupe 2, bien que classées ESOD, jouent un rôle écologique essentiel. Les mustélidés (fouine, martre, belette) régulent les populations de rongeurs. Les corvidés (corneille, corbeau, pie) nettoient les cadavres et limitent la propagation des maladies. Le geai des chênes participe à la régénération forestière en dispersant les glands. Le renard roux, souvent mal perçu, est un allié précieux contre les campagnols et contribue à la régulation de maladies comme la maladie de Lyme. Même l’étourneau sansonnet, souvent décrié, joue un rôle dans la dispersion des graines et la chaîne alimentaire.
Vers une gestion plus équilibrée de la faune sauvage
Les espèces du groupe 3 (sanglier, pigeon ramier, lapin de garenne) peuvent causer des dégâts agricoles, mais elles remplissent également des fonctions écologiques importantes. Le sanglier, par exemple, favorise la diversité végétale par son activité de fouisseur. Le pigeon ramier et le lapin de garenne sont des maillons essentiels de la chaîne alimentaire, servant de proies à de nombreux prédateurs. Une gestion raisonnée, fondée sur des données scientifiques et tenant compte des services rendus par ces espèces, est indispensable pour concilier activités humaines et préservation de la biodiversité.
En savoir plus
- Consultez notre fiches médiation et notre fiche juridique, disponibles en bas de page
La LPO se mobilise pour les ESOD (espèces susceptibles d’occasionner des dégâts)
Nous vous proposons de participer à cette importante mobilisation de défense et de réhabilitation en nous soutenant par un don.