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Les positions de la LPO.
La LPO est au quotidien le gardien de la biodiversité, en se battant pour la préservation des habitats et des espèces qui y sont inféodées. La LPO a de nombreuses actions en milieu agricole (prairies des zones humides, vallées alluviales, plaines céréalières…) que ce soit en zone remarquable Natura 2000 ou en milieu agricole ordinaire et œuvre pour préserver des systèmes agricoles respectueux des ressources naturelles et de la biodiversité, garants de la qualité des produits et de la santé publique.
Sujets de société :
- Ressources en eau / Irrigation : La LPO encourage les cultures moins dépendantes en apports d’eau estivale, plus adaptées aux caractéristiques des sols qu’il convient de valoriser (voir « Labour »). La LPO s’oppose également aux projets de « bassines » de substitution, dont l’implantation confesse la surexploitation actuelle des nappes et rivières par certaines filières, et dont la création de 1900 retenues et 40 barrages sur le bassin Adour-Garonne n’ont en rien résolus les problèmes d’étiage.
Consulter la lettre EAU de France Nature Environnement.
- Agro carburants : La LPO considère que la production d’agro carburants d’une part se développe aux dépens d’espaces naturels irremplaçables - notamment forestiers vierges - d’autre part entre en conflit avec la production alimentaire et, par-là, est responsable d’une inflation sur les prix génératrice d’une aggravation de la faim dans le monde touchant gravement 1/6 de l’humanité.
- OGM : La LPO considère l’usage des organismes génétiquement modifiés de plein champ comme une source majeure d’effets irréversibles, imprévisibles et inconnus sur le vivant sauvage autant que domestique. La LPO milite pour l’interdiction des productions de plein champ OGM.
Photo L.Sarrazin Tootiz.comProduction végétale :
- Valorisation des sols / Labour : La LPO encourage et soutient la mise en œuvre de mesures favorisant toutes les pratiques qui, en tout ou en partie, s’affranchissent des labours notamment profonds. La pratique du labour, bien qu’ancestrale, n’en présente pas moins des inconvénients. Elle met le sol à nu et l’offre sans défense aux agents climatiques qui le stérilisent. Elle bouleverse l’organisation spatiale de la vie des sols et contribue à la détruire. Cette destruction est un agent puissant d’affaiblissement du taux d’humus et donc un facteur d’érosion par disparition de la stabilité des sols tout autant que d’accroissement du taux de CO2 dégagé par les sols. A l’opposé, les techniques sans labours et sans pesticides préservent et de favorisent la vie microbiologique des sols, ressource trophique de nombreuses espèces d’oiseaux, facteur de séquestration du carbone sous forme d’humus macromolécule indispensable à l’élaboration du complexe absorbant argilo-humique facteur de préservation de la stabilité des sols. De plus, des sols aérés par une riche activité microbiologique facilitent l’infiltration verticale des eaux pluviales, facilitant le rechargement de nappes phréatiques.
- Utilisation des pesticides et intrants chimiques : La LPO souhaite l’interdiction des pesticides néonicotinoïdes et phényles pyrazoles, encourage et soutient la mise en œuvre de mesures fortes favorisant les pratiques très économes ou sans pesticides telle l’agriculture biologique. Depuis l’introduction de leur usage massif dans les années 1950, les effets sur les espèces non cibles tant invertébrées que vertébrées, ont fait l’objet de recherches scientifiques considérables les mettant en cause. Ils perturbent les grands systèmes physiologiques (immunitaire, endocrinien, nerveux) du règne animal et peuvent se révéler carcinogènes, notamment chez l’homme, plus particulièrement chez les agriculteurs les plus exposés. Au niveau des sols les champignons producteurs d’humus, les lombrics agents de formation du complexe absorbant argilo-humique, sont gravement endommagés. Dans le règne animal, leur efficacité engendre un effondrement de ressources trophiques, notamment en invertébrés, conduisant à l’effondrement des populations dépendantes, en particulier d’oiseaux.
Consulter le document de l'INRA : Pour une agriculture économe en pesticides.
- Diversité des cultures : La LPO, attachée à la diversité du vivant, qu’elle soit naturelle ou cultivée, encourage et soutient la mise en œuvre de mesures favorables à la préservation de la diversité des variétés végétales et exige le respect de la préservation des droits d’usage et d’échange des semences de l’agriculteur et du chercheur. Avec les 3/4 des variétés végétales cultivées disparues au XXème siècle et 20% supplémentaires en voie de disparition, la diversité des semences est en sursis. Parallèlement, la mise en place de rotations adaptées au niveau des assolements engendre une amélioration des caractéristiques physiques du sol, et de réduire les besoins en produits phytosanitaires en cassant le cycle d’espèces pathogènes.
- Relocalisation de la production des Protéagineux : L’élevage européen est largement tributaire de l’importation de protéagineux produits au détriment de forêts pluviales fragiles, sensibles à l’érosion et riches d’une faune endémique en voie de disparition. La lutte contre l’effet de serre exige, entre autres, des productions locales et de saison. La perte de la production de protéagineux est une perte considérable de plantes à fleurs indispensables aux pollinisateurs. Ces 3 raisons amènent vers un abandon des importations au profit d’une relocalisation des productions de protéagineux en Europe, dans l’objectif de sortir de la crise structurelle profonde touchant la filière animale.
- Brevetage du vivant : La LPO milite pour l’abolition du brevetage du vivant. La LPO considère le brevetage du vivant comme un moyen de privatiser le vivant et de soustraire aux populations agricoles du monde entier des droits immémoriaux, de l’agriculteur et du chercheur, d’usage et d’échanges de semences.
Photo L Sarrazin Tootiz.comProduction animale :
- Bien-être animal : La LPO considère que tout animal, y compris d’élevage ou de bât, est un être sensible, notamment à la douleur et à ses conditions de vie. La LPO soutient et affirme la nécessité d’élever les animaux dans des conditions qui respectent dans la limite du possible leurs besoins, que les sacrifices soient pratiqués sans souffrance excessive.
- Techniques d’élevage : La LPO encourage et soutient le redéploiement de systèmes herbagers extensifs valorisant le pâturage, modalité de production à Haute Valeur Environnementale et sanitaire. En instaurant une déconnexion entre l’élevage et la production végétale céréalière et en y associant une baisse constante du nombre d’actifs agricoles, le XXème siècle a bouleversé les modes de productions fondés sur la complémentarité entre ces deux composantes. La concentration a remplacé l’élevage de plein-air, les prairies ont été abandonnées au profit de la maïsiculture, l’importation des protéagineux est devenue la règle. Ces pratiques ne sont pas sans conséquences négatives sur l’eau, la production de CO2, le gaspillage énergétique résultant de l’importation d’aliments outre-Atlantique et la déforestation des pays intertropicaux. A l’opposé, l'élevage traditionnel s’accompagne d’aménités positives : préservation de la ressource en eau, amélioration de la microbiologie des sols, séquestration de CO2, préservation des paysages, production d’une alimentation de qualité (les herbacés sont source d’oméga 3 – 6 et 9).
- Les vermifuges et répulsifs : La LPO encourage et soutient l’usage de techniques douces, sans toxicité pour les espèces non cibles. L'usage des vermifuges en élevage dans la conduite des troupeaux est aussi à l'origine de crises écologiques importantes. De nombreuses études ont démontré la toxicité environnementale de plusieurs molécules utilisées en tant que vermifuges (avermectines en particulier) sur les décomposeurs, invertébrés particulièrement précieux pour l’agriculture (digestion des bouses et autres crottins).
- Variété animale : La LPO encourage et soutient toutes les mesures dont la mise en œuvre vise à préserver le capital génétique diversifié que représentent les races animales locales. De même que la variété des semences s’effondre, les races locales sont dans l’ensemble menacées. Par exemple, quelques taureaux Holstein, seulement, suffisent pour inséminer l’essentiel du troupeau bovin de cette race. La recherche « du meilleur capital génétique » pour la production est une prise de risques considérable pour l’humanité. Face à une pandémie soudaine, seule la diversité porte une capacité de résistance. Par ailleurs, les races locales ont été sélectionnées par les agriculteurs en raison même de leur adaptation au milieu.
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