L’Avocette élégante

Philippe JOURDE / LPO17Cousine de l’échasse, de la taille d’une mouette mais plus haute sur pattes, l’Avocette élégante, au plumage blanc bariolé de noir et au long bec mince recourbé vers le haut, est l’hôte caractéristique des marais salants. Cet échassier limicole se nourrit de minuscules crustacés qu’il capture en sabrant l’eau peu profonde de son bec entrouvert. Grâce à ses pattes semi-palmées, l’avocette nage aisément. En France, environ 2 500 couples se reproduisent en colonies sur des diguettes ou sur des îlots, essentiellement sur les littoraux atlantique (du Morbihan à la Charente-Maritime, plus rarement en Gironde), méditerranéen (du Var à l’Aude) et du nord de la France (du Nord à la Seine-Maritime, notamment dans l’estuaire de la Seine). Sa population augmente depuis plus de dix ans. La France accueille environ 45 % de la population hivernante européenne, de la baie de Seine à l’île de Ré et sur le littoral méditerranéen, notamment dans les espaces protégés. La Réserve naturelle de la baie de l’Aiguillon est le premier site d’hivernage en France (près de 9 000 individus en 2005, soit 30 % de l’effectif national), suivis par la baie de Bourgneuf-Noirmoutier (2 500 individus), la Camargue (1 900 individus), la réserve de chasse de la baie de Vilaine (1 650 individus), le golfe du Morbihan (1 100), l’île de Ré (Réserve naturelle de Lilleau des Niges et réserve de chasse maritime du Fier d’Ars : 700) et la Réserve de Moëze-Oléron (plus de 350). Les réserves naturelles, en particulier celles gérées par la LPO, jouent donc un rôle primordial pour cette espèce, aussi bien en reproduction qu’en hivernage (38 à 42 % de la population nationale).

La Barge à queue noire

Barge_a_queue_noireCe grand limicole, haut sur pattes et au très long bec droit, arbore au printemps un beau plumage roux sur le devant du corps et sur la tête, tandis qu’en hiver son corps gris-brun est plus terne. Deux sous-espèces sont différenciées selon leurs moeurs : la continentale et l’islandaise. La première niche essentiellement de la Hollande à la Russie et hiverne en Afrique sahélienne. Quelques couples nichent en France : en Brière (25-35 couples), en marais Breton (55-65), en marais Poitevin (35-45, notamment sur les propriétés LPO où environ 1/3 des effectifs sont présents), en Charente-Maritime, en Dombes (Ain), dans le Nord-Pas-de-Calais et l’estuaire de la Seine. Cependant, très peu de couples sont protégés par des réserves naturelles. La seconde, hivernante et commune, colonise, en migration et en hivernage, les réserves naturelles estuariennes de Manche-Atlantique. La baie de l’Aiguillon est de loin le site le plus important numériquement, avec en moyenne plus de 17 % de la population ouest-européenne. Les Réserves de Lilleau des Niges, du marais d’Yves et de Moëze-Oléron, gérées par la LPO, sont d’importance internationale et accueillent entre 3 et 4 % de la population ouest européenne. Six autres sont d’importance nationale, notamment la Réserve naturelle des marais de Müllembourg-Noirmoutier.

Le Canard souchet

Canard_SouchetLe Canard souchet, plus petit que le colvert, caractérisé par son bec long et aplati, est un nicheur rare qui se reproduit régulièrement en baie de Somme, dans l’estuaire de la Seine, sur le lac de Grand-Lieu, le marais d’Yves et à Moëze-Oléron. Les acquisitions LPO en Charente-Maritime abritent 2 à 4 % de la population nationale nicheuse (700-1 300 couples estimés). Les sites LPO charentais (marais d’Yves et de Moëze-Oléron, Station de lagunage de Rochefort) abritent une importante population qui atteint le critère Ramsar de plus de 400 hivernants. Cet anatidé hiverne en Camargue et sur le lac de Grand-Lieu (jusqu’à 13 000 individus, soit près d’un tiers de la population ouest-européenne).

L’échasse blanche

Himhim_017Paraissant fragile sur ses longues pattes rouges, cet échassier limicole est l’hôte régulier des marais salants (notamment ceux de l’Ile de Ré, Guérande et Noirmoutier) et côtiers littoraux. Léchasse se nourrit de larves d’insectes aquatiques et de crustacés qu’elle picore dans l’eau. Grande migratrice, elle arrive en mars-avril et repart entre juillet et septembre pour hiverner en Afrique de l’Ouest. Sa population, très fluctuante selon les années, est essentiellement présente en Centre-Atlantique et sur le littoral méditerranéen. Le marais Breton, les étangs montpelliérains, la Grande et la Petite Camargue sont ses principaux sites de reproduction, et plusieurs réserves naturelles (estuaire de la Seine, Chérine, Grand-Lieu…) abritent régulièrement des colonies de taille modeste. L’espèce niche dans une petite dépression du sol, sur un îlot ou parmi la végétation rase des marais, dans des prairies humides, sur les bords d’étangs d’eau douce et des bassins de décantation ou de lagunage. La reproduction échoue, parfois de façon importante, en raison de la difficile gestion des niveaux d’eau, des dérangements humains et de la prédation animale (chiens errants, renards, pies, goélands...). Des opérations sont menées pour diminuer ces menaces (aménagements spécifiques, stérilisation des oeufs de goélands...).

La Gorgebleue à miroir

Gorgebleue250Ce magnifique passereau est le joyau des marais salés aux buissons bas (marais salants, prés salés), en prairies humides côtières et des roselières en eaux douce et saumâtre. De la famille du Rougegorge familier, il a la gorge bleu vif avec une petite tache blanche au centre, appelée miroir, et la queue bordée de roux. Il se nourrit de petits insectes capturés à terre et construit son nid au sol, sous une souche d’arbre mort ou dans une touffe d’herbe, souvent près de l’eau. En septembre, il part pour hiverner en Afrique du Nord et au Portugal. Deux sous-espèces à miroir blanc sont nicheuses en France : l’une au nord d’une ligne joignant la baie du Mont-Saint-Michel à l’Isère (2 000 couples) et l’autre dite "de Nantes", plus grande, endémique du Centre-Atlantique (du Finistère à la Gironde, 8 000-10 000 couples à la fin des années 1990). Cette dernière est présente à un niveau important sur les sites gérés par la LPO en Centre-Atlantique, notamment sur l’île de Ré (150 couples) et dans la Réserve naturelle de la baie de l’Aiguillon (270 chanteurs recensés).

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