Guifette noire (Chlidonias niger) - Crédit photo : Émile BarbeletteGuifette noire (Chlidonias niger) - Crédit photo : Émile Barbelette

De décembre à février, un froid de canard !

La saison hivernale est à l’évidence le bon moment pour l’observation des anatidés : Canards de surface avec les Canards colverts, Sarcelles d’hiver, canards souchets mais encore canards plongeurs avec les fuligules milouins et morillons. Tous profitent en grande partie de la masse planctonique au sein des lagunes de la station jusqu’à la fin du mois de février. Cette saison est parfaite pour observer le Grèbe castagneux et le Grèbe à cou noir entremêlés aux centaines de canards et foulques macroules. Certains hivers, il n’est pas impossible d’observer le Garrot à œil d’or Les bécassines des marais, quant à elles, sondent sans relâche, durant tout l’hiver, les prairies inondées des marais périurbains où des centaines de vanneaux se réunissent également.

De mars à avril : Passages migratoires

Dès la fin du mois de février, le départ des sarcelles d’hiver, pour la plupart, est imminent ; des stationnements de centaines de Barges à queue noire, de retour de leurs quartiers d’hivernage, profitent des marais inondés et des bassins de la station de lagunage. Elles partageront les espaces naturels avec d’autres limicoles notamment le Combattant varié. Tout ce beau monde sera régulièrement perturbé par les allers et venues de l’immanquable Busard des roseaux La mi-mars est l’occasion d’assister au passage prénuptiale des premières mouettes pygmées avec un pic d’affluence début avril où des centaines d’individus virevoltent au-dessus des lagunes.

D'avril à août : La reproduction

Mi-avril, c’est à ce moment que les premières rousserolles turdoïdes se font fortement entendre dans les roselières rivulaires de la Charente où l’espèce vient se reproduire chaque année. Avec un peu de patience, il est assez facile d’observer un mâle chanteur à la cime d’une canne de roseau. Bon nombre d’espèces fréquentent ce même milieu : Bruant des roseaux, Rousserolle effarvatte, Phragmite des joncs ainsi que la Gorgebleue et même, certaines années, la Locustelle luscinoïde. Sur les prairies du marais, les alouettes des champs et les bergeronnettes printanières, éclatantes, attrapent énergiquement insectes et larves et fabriquent leur nid discret au sol. En milieu aquatique, c’est le plein boom de la reproduction pour le Canard colvert et le Tadorne de Belon ; les canetons viennent peuplés en grand nombre les bassins LPO ; Beaucoup moins commun est la reproduction du Fuligule morillon, plus tardif également puisque les jeunes s’observe plutôt début juillet. C’est aussi sur la station ainsi que sur les bords de Charente qu’on assiste à la reproduction de l’Avocette et de l’Echasse blanche sur des îlots de vase où la vigilance est de rigueur pour éviter la prédation. D’autres limicoles sont présents comme les bécasseaux (variables, minutes…), les chevaliers (guignettes, aboyeurs, gambettes, sylvain…), le Petit gravelot…

De septembre à novembre, la migration post-nuptiale.

La station de lagunage est un lieu privilégié pour observer la discrète Marouette ponctuée : même s’il on peut l’apercevoir au mois d’avril, elle est à coup sûr visible pendant la migration post-nuptiale, c'est-à-dire à partir de la mi-août. Elle fréquente les surfaces vaseuses et peu profondes de marais bordées par les roseaux des bords de Charente… À cette même période, un impressionnant passage migratoire d’hirondelles de rivages se profile où des milliers d’individus se réunissent en dortoir dans les roselières ; il n’est pas rare de pouvoir s’approcher de certaines d’entre elles de quelques mètres lorsqu’elles se réchauffent au contact du sol des cheminements empreintés par le public… Bon nombre de Guifettes noires profitent de la métamorphose des larves de chironomes à la surface des lagunes pour s’alimenter avant leur départ vers le Sud… Dès la fin du mois d’août, les foulques se rassemblent, les canards souchets ne tardent pas à les rejoindre et c’est par centaines qu’ils s’alimentent grâce à l’abondance de plancton. La station est devenue un site d’importance national pour le Canard souchet avec des pics de stationnements de 1 500 à 2 000 oiseaux chaque année.

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