24 février 2012

GruesCendrées - crédit photo : FabriceCahez LPOGruesCendrées - crédit photo : Fabrice Cahez LPOLes grands vols de Grues cendrées constituent sans aucun doute l'un des plus beaux spectacles que la nature puisse offrir en Europe. En route vers l'Espagne à l'automne et vers leurs zones de reproduction scandinaves ou d'Europe du Nord en février-mars, des milliers d'oiseaux survolent alors nos villes et nos campagnes de jour comme de nuit.

Depuis les années 70-80, un nombre croissant d'oiseaux choisit également de s'arrêter dans notre pays pour y passer l'hiver. Ces dernières années, ce sont plus de 100 000 grues qui ont ainsi hiverné. Les Landes de Gascogne ainsi que les grands étangs et lacs de Champagne et de Lorraine accueillent l'essentiel de cette population. Pour autant, l'hivernage de l'espèce se développe ailleurs et il est maintenant possible d'observer des grues dans de nombreuses autres régions. Le centre de la France (l'Allier, le Cher, l'Indre ou encore la Nièvre) connait depuis une dizaine d'années un hivernage de plus en plus conséquent, tout comme la Camargue. Ce phénomène touche même le littoral atlantique, où l'espèce, d'apparition plutôt rare auparavant, est maintenant régulière avec quelques centaines d'oiseaux en Vendée, autour de la baie de l'Aiguillon.

Essentiellement situés dans des zones humides, les secteurs où hiverne le plus grand des échassiers européens doivent présenter à proximité de grands espaces cultivés indispensables pour son alimentation. Plus éclectiques en période de reproduction, les grues se rabattent sur une nourriture surtout végétale à la mauvaise saison et exploitent donc les chaumes de maïs, les jeunes semis de céréales et les prairies. L'existence de zones de quiétude leur est également nécessaire pour y établir chaque nuit des dortoirs vers lesquels vont converger tous les oiseaux d'un secteur donné. La présence de l'élément aquatique est alors primordiale, ces grands échassiers dormant les pieds dans l'eau, ceci pour plus de sécurité face aux prédateurs. Dans une très grande majorité des cas, ces dortoirs sont situés dans des espaces protégés.

Tant en matière d'hivernage que de reproduction, la dynamique de l'espèce est positive en Europe et après avoir disparu de nombreux pays (dont la France) en tant qu'espèce nicheuse au XIXe siècle, la Grue cendrée se réinstalle ici et là progressivement. Ainsi, l'espèce a d'abord niché dans l'Orne pendant quelques années et depuis peu, l'espèce se reproduit à nouveau en Lorraine et a tenté de le faire – pour l'instant sans succès – en Aquitaine !

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