GAEC Champ De main

Mobilisation citoyenne

Pour ces maraîchers, protéger la nature est synonyme de savoir vivre avec elle et l’aider à se développer là où elle est contrainte.

Installation d'un poteau avec un nichoir à mésanges et 2 gîtes à chauves-souris © A.Godard

Fils d’agriculteur conventionnel, Eric n’était pas prédestiné à créer sa propre exploitation de maraîchage bio. C’est pourtant ce qu’il fait en 2015, à Bourg-lès-Valence.

Il rencontre Émile lors d’un programme de réinsertion dans lequel il intervient. Le courant passe bien, puis Émile devient son salarié jusqu’en début 2019, où ils s’associent en formant le GAEC « Champ De main ».

Leur terrain fait un peu moins de 2 ha, dont 1,5 ha de plein champ. Leurs parcelles se situent dans 3 endroits distincts :

  • la plus grande où l’on retrouve de grandes serres comme des petites, et des espaces de plein champs, à Chateauneuf-sur-Isère
  • une autre est constituée de petites serres, une chambre froide pour le stockage et un petit chalet faisant office de lieu de vente, à Bourg-lès-Valence
  • Enfin, une dernière se situant en plein champs, sans serre.

Leur production est très hétérogène et comprend seulement des légumes (à l’exception de la fraise !). On y trouve environ une quarantaine de variétés parmi lesquelles, selon les saisons, oignons, carottes, navets, melons, pastèques, courges…

Cherchant à améliorer la présence de la biodiversité sur ses terres, Eric a pu compter sur l’aide d’Émile qui lui a conseillé par exemple, dès les premiers mois de travail, de ne plus jeter les blocs de pierres présents dans la terre mais de plutôt les accumuler en tas pour, en faire des gîtes à reptiles.

Début 2019, ils ont pu obtenir de la part de l’agglomération, le financement d’une plantation de haie, qu’ils ont donc installée entre leur parcelle et le verger d’abricots situé à coté.

Ils ont également installé des poteaux de 4 m de haut pour faire office de perchoirs à rapaces, afin  de réguler les rongeurs sur leurs terres même si ceux-ci ne leur posaient pas encore beaucoup de problèmes.

A la suite d’un atelier de construction de nichoirs, tenu par la LPO AuRA (délégation Drome-Ardèche), Émile a pris contact avec la LPO locale. Après avoir discuté de sa passion pour la nature, c’est naturellement que le programme Des Terres et Des Ailes fut mis en place sur son exploitation, avec l’installation de :

  • 4 nichoirs à chiroptères sur les poteaux à rapaces, proches de la future mare d’une part, et d’une hait faisant office de corridor écologique d’autre part,
  • 3 nichoirs pour les mésanges, proches de cette haie, et 2 autres sur un poteau situé sur la partie plein champs, qui manquait d’arbustes
  • 2 perchoirs à rapaces, fixés sur les poteaux, afin de favoriser leur venue
  • Un tas de terre proche de la mare, laissé en friche

La mare, qui sera réalisée prochainement, est financée par Continuum, club d’entreprises drômoises et ardéchoises engagées pour la nature. Installée près d’un bosquet fraîchement planté, elle permettra également le développement d’amphibiens et d’insectes, et de garde manger aux chauves-souris.

Le fait de pouvoir observer une diversité faunistique sur leurs parcelles avec des espèces telles que mésanges, rouges-queues noirs, rapaces, chauve-souris, amphibiens, sera la récompense d’un effort afin de préserver celle-ci.

Leurs idées pour développer la biodiversité ne s’arrêtent pas là, ils tailleront dans le futur certains arbres en têtard afin de favoriser la venue de la Chevêche d’Athéna.

Une de leurs autres idées serait de laisser des bandes enherbées plus importantes entre les serres et les parties cultivées, avec la présence de fleurs mellifères locales.

Une chose est sûre, ils n’ont pas fini d’améliorer leur exploitation au bénéfice de la biodiversité !

Interview recueillie par Alexandre Godard – LPO AURA DT Drôme-Ardèche