- Nom anglais : Common Kingfisher
- Nom allemand : Eisvogel
- Nom espagnol : Martin pescador comun
- Nom scientifique : Alcedo atthis
- Famille : Alcedinidae
La famille des alcédinidés (alcedinidae) regroupe 19 genres et 116 espèces dans le monde. Elle comprend les martins-pêcheurs, les martins-chasseurs et les halcyons. La plupart des espèces sont vivement colorées et habitent principalement les zones tropicales et subtropicales. Ces oiseaux sont trapus avec la tête et le bec proportionnellement longs, le cou et les pattes courts. La plupart des espèces habitent près de l'eau et plongent pour pêcher des poissons. Le Martin-pêcheur d'Europe est l'espèce la plus largement répartie.
Étymologie
Alcedo : est un mot latin signifiant alcyon = oiseau de mer. On trouve en effet le Martin-pêcheur dans les estuaires et en bords de mer.
atthis : est un personnage de la mythologie grecque. Elle était l'une des trois sœurs de Cranaos, roi autochtone d'Athènes et donna ainsi son nom à la province d'Athènes ou Attiques.
Légendes : Buffon rapporte nombre de légendes concernant le Martin-pêcheur. Ainsi, l'oiseau serait capable de repousser la foudre, d'augmenter un trésor enfoui, et, quoique mort, il continuerait de renouveler son plumage à chaque saison de mue. Desséché, il aurait la propriété de conserver les draps et autres étoffes de laine, tout en éloignant les teignes !
Description
- Longueur : 17-19,5 cm
- Envergure : 24-26 cm
- Poids : 31 g
- Longueur aile : 73,3 mm
- Longueur bec : environ 4 cm
Le Martin pêcheur d'Europe est une espèce facile à identifier en raison de son plumage très coloré et voyant. Le dessus de sa tête, ainsi que son dos et sa queue sont bleu-vert, foncé ou brillant (plumage irisé) selon les endroits. Ses joues, comme sa poitrine et son ventre, sont roux-orangé vif. Ses pattes sont courtes et de couleur rouge vif.
Il se distingue également par son long bec en forme de poignard, sa grosse tête, son corps trapu, ses ailes et sa queue courtes. Lorsqu'il est perché au-dessus de l'eau, il agite nerveusement la tête et la queue.
Dimorphisme sexuel : Mâle et femelle sont identifiables à la couleur de la mandibule inférieure du bec : celle-ci est entièrement noire chez le mâle tandis que les deux tiers de la mandibule inférieure sont rose-rougeâtre chez la femelle. Les immatures ont également la base de la mandibule inférieure rose-rougeâtre.
Les jeunes ont un plumage plus terne. Le devant du tarse et la partie supérieure des pattes sont brun-foncé ou noirâtre. Les plumes de la poitrine sont orange, avec des taches brunes, formant souvent des bandes foncées. Leurs moustaches sont brun-verdâtre foncé, mêlé de bleu. Leur bec est terminé par une pointe blanchâtre.
Son vol est rasant, direct et très rapide, et l'oiseau lance quelques cris aiguës.
Cris
Avant même de voir l'oiseau, c'est souvent à son cri habituel que l'on repère le Martin-pêcheur. Il s'agit d'un son bref "Thit", aiguë, perçant et prolongé. C'est une particularité des espèces d'oiseaux vivant au bord des rivières et des cours d'eau (comme la Bergeronnette des ruisseaux ou le Cincle plongeur) d'émettre des cris forts, aiguë et perçants, une adaptation pour se faire entendre "au-dessus" du brouhaha de l'eau. Paul Géroudet signale aussi un "Trip" vibrant et des "Tzutt tzutt" d'alarme.
Ces cris sont parfois combinés en une succession de sons grinçants et sifflants, pour composer un chant rudimentaire.
Écouter le cri du Martin-pêcheur d'Europe sur Xeno-Canto.
Répartition
Régime alimentaire
S'il arrive au Martin-pêcheur d'ingurgiter un lézard, un petit amphibien, des insectes, ou des crevettes et autres écrevisses, ce sont les petits poissons (en moyenne de 23 mm de long) qui forment l'essentiel de ses repas. Ses proies peuvent atteindre 7 à 8 cm de long. Il en consomme environ 20 grammes par jour, soit une dizaine de poissons. Cela représente un taux de prélèvement minime au regard de la biomasse piscicole.
Il plonge en piqué pour attraper ses proies, souvent après un bref vol sur place.
Habitat
Habite principalement les rivières aux eaux calmes et poissonneuses, avec berges arborées où l'oiseau pourra se percher à l'affût, ainsi que des zones nues, abruptes et sableuse où il pourra creuser un terrier. On le trouve également au bord des lacs, des étangs, des grandes mares, les canaux, bras morts, estuaires, le littoral en hiver... des eaux courantes ou stagnantes.
Le Martin-pêcheur d'Europe s'observe toute l'année en France. Les adultes nicheurs sont généralement sédentaires. Ils sont rejoints, dès le mois de septembre et jusqu'au printemps, par des oiseaux en provenance des Pays-Bas, de Belgique, d'Allemagne, de Suisse, d'Autriche ou de Tchécoslovaquie.
Dès la fin de l'hiver, les couples se cantonnent sur les sites de nidification. Les parades débutent, composées de poursuites en vol, accompagnées de cris aigus.
Territoire
Le territoire est très important pour cette espèce et sa grandeur dépend de la nourriture disponible. Il est au minimum de 1 km de rivière, mais peu s'étendre de 3 à 5 km de long.
Reproduction
Le couple creuse un terrier en pente, d'environ 60 cm de long, dans une portion de berge abrupte, composée de terre meuble (ou bien en réaménageant un ancien nid) pour y pondre 6 à 7 œufs. Les premières pontes apparaissent dés le début de la seconde quinzaine de mars voire début avril. L'incubation dure entre 24 et 27 jours.
Les jeunes demeurent ensuite au nid durant environ un mois avant leur envol. Une seconde ponte a souvent lieu, suivi parfois d'une troisième (une quatrième ponte est exceptionnelle). Des jeunes peuvent ainsi occuper le nid jusqu'en septembre. Au fil des ans, les mêmes secteurs sont réoccupés, mais rarement par les mêmes individus.
Même si l'espèce est généralement fidèle durant la saison et d'une année sur l'autre, il est existe des cas de bigamie et des changements de partenaires au cours d'une même saison de nidification.
Émancipation des jeunes
Quelques jours après leur premier envol, les jeunes quittent le territoire parental. La tolérance des adultes à leur égard est d'autant plus brève qu'une autre nichée se prépare. On peut ainsi observer des immatures dés le mois de mai, en dehors de tout territoire de reproduction. Ils ne reviendront pas s'installer à proximité de l'endroit où il sont nés, même si un territoire de nidification potentiel est vacant. Les adultes, quant à eux, quittent le territoire de nidification une fois la dernière couvée autonome. Leur dispersion reste toutefois plus faible que celle des jeunes et ne dépasse pas quelques kilomètres.
Menaces
Le Martin-pêcheur d'Europe n'est pas menacé globalement et sa population semble bien se porter en France actuellement. L'espèce rencontre néanmoins des problèmes en raison des activités humaines et des fluctuations de populations selon les conditions météorologiques.
- Pollution des cours d'eau (pollution chimique issue des industries ou de l'agriculture).
- Canalisation des cours d'eau, bétonnage des berges, perte des habitats.
- Assèchements saisonniers induisant un manque de nourriture.
- Période de gel prolongée qui incite les oiseaux à migrer sur les côtes.
- Perturbations humaines sur les sites de nidification conduisant à l'abandon des nichées : activité de pêche, aires récréatives, promeneurs, ...
Nichoir pour Martin-pêcheur d'Europe
Si le Martin-pêcheur s'installe généralement dans des berges "naturelles", il lui arrive aussi de nicher dans des secteurs plus artificiels, tel que les poteaux pourris, les tuyaux, les fissures de rochers ou les piles d'un pont, voire les nichoirs artificiels. On peut donc l'aider en plaçant un nichoir dans une berge en terre ou même entre les palplanches qui bordent un cours d'eau. Le nichoir artificiel Schwegler ci-dessous est conçu en béton de bois et pèse 10 kg. Il est efficace pour aider le martin-pêcheur à s'installer. Voir boutique LPO.
Il est aussi possible de creuser soi-même un pré trou dans la berge, afin d'inciter l'oiseau à s'installer en achevant le travail. Cette méthode a été mise en place avec succès sur la Commune de Conflans Ste-Honorine (LAPIOS, 1991).
Populations
Population européenne : (estimation) 179 000 - 440 000 individus matures et 89 700 - 220 000 couples nicheurs (BirdLife International, 2021). En déclin au niveau mondial d'après BirdLife.
Population française : 15 000 - 30 000 couples nicheurs (Atlas des oiseaux de France métropolitaine, Issa & Müller 2015). L'espèce est en augmentation de +48% [+10% ; +98%] depuis 2001 (source STOC / LPO, MNHN).
Statut
Espèce protégée
L'espèce est intégralement protégée (loi n°76-629 du 10 juillet 1976 relative à la protection de la nature) en France comme en Europe. Il est interdit d'en tuer un individu. La destruction, la capture et la détention d'un Martin-pêcheur, comme celle de ses œufs ou de son nid, constituent des délits.
Statut UICN : préoccupation mineure (LC) - Least Concern
Bibliographie
BAKER K. (1993) - Identification guide to european non-passerines. BTO Guide n°24332 p.
FEDERATION DES CPN. - Comment venir en aide au Martin-pêcheur. Cahier technique de la gazette des terriers n°8. 16 p.
GEROUDET P. (1990) - Les passereaux. Tome 1 : du coucou aux corvidés. Delachaux et Niestlé., 235 p.
GLAUSER Ch. (2004) - Le martin-pêcheur, joyau des cours d'eau libres. ASPO / BirdLife Suisse, plaquette d'information.
LAPIOS J-M (1991) - Nids artificiels pour le Martin-Pêcheur (Alcedo atthis) - Épeichette n°11.
LIBOIS R. et HALLET-LIBOIS C. in YEATMAN-BERTHELOT (1991) - Atlas des oiseaux de France et Hiver. Société Ornithologique de France. P. 328-329.
LIBOIS R. et HALLET-LIBOIS C. in YEATMAN-BERTHELOT (1994) - Nouvel Atlas des Oiseaux Nicheur de France. Société Ornithologique de France. P. 418-421.
Remerciements
Nous tenons à remercier toutes les personnes qui nous ont aidé dans la rédaction de cet article, et notamment Alexis Nouailhat, qui nous a gentiment autorisé à utiliser le dessin qui illustre ce document.
Fiche rédigée par les adhérents de la LPO Île-de-France
Fiche mise à jour en août 2026 - LPO France
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