La LPO a suivi avec attention et pleine d’espoir la déclaration de politique générale du Premier ministre, compte tenu de la prise en compte enfin annoncée d’un changement de vitesse en matière de transition écologique. Mais qu’elle ne fut pas sa déception.

Certes l’exaspération de la jeunesse devant l’apathie des pouvoirs publics a bien été posée en constat. Le manque de culture et de sensibilité tardive de certains sur le sujet rappelé.

Mais pas une seule fois le mot biodiversité ne fut prononcé, si ce n’est en tant que victime, comme nous-mêmes, du dérèglement climatique, de la pollution de l’air, des sols, et des mers. Aucune mesure concrète n’est annoncée pour stopper l’artificialisation des milieux, pour réduire drastiquement les intrants agricoles, stopper la chasse des espèces en mauvais état de conservation, mettre enfin un terme à l’effondrement de la biodiversité.

Les espèces disparaissent sous l’assaut de l’artificialisation et de la destruction des milieux, des pollutions diverses, des prélèvements excessifs et non durables : perte de 30% des oiseaux communs en 15 ans, de 40% des populations de chauves-souris en 10 ans, effondrement des insectes etc. La réunion de l’IPBES à Paris il y a moins de deux mois n’aura donc servi à rien ?

Il fut bien question de démultiplier les énergies renouvelables notamment l’éolien en mer, mais sans autre mention sur les enjeux écologiques, de rénovation énergétique, de santé…

De création d’espaces protégés, de plan d’action pour les espèces, de mesures à la hauteur pour la biodiversité outre-mer, d’arrêt de la chasse des espèces en mauvais état de conservation il n’en fut pas question une seule fois. Tandis que le gouvernement officialise cette semaine la baisse du prix du permis de chasse de 400 à 200 euros, faisant perdre 20 millions d'euros pour les activités de connaissance et de police de la nature, aucun moyen supplémentaire n’est annoncé.

Les plus grandes ONG de protection de la nature n’ont été pas reçues par la Président de la République malgré leurs demandes répétées depuis deux ans.

Pour Allain Bougrain Dubourg « Les enjeux climatiques ne peuvent plus être traités en laissant sur le côté les enjeux écologiques. Et la transition écologique ne se suffit plus du seul développement durable ! »

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