Les associations gestionnaires dans le collimateur de l'État ?

Brest, le 30 juin 2014, la Préfecture du Finistère annonce la non reconduction de la convention de co-gestion de la Réserve Naturelle Nationale d'Iroise (RNN) par Bretagne Vivante, association membre de FNE et le Parc Naturel Marin d'Iroise.Par le biais du projet de loi biodiversité, les associations de protection de la nature et de l'environnement craignent de se voir écartées de la gestion des réserves naturelles et que les moyens nécessaires à la protection de ces sites naturels exceptionnels soient diminués.

Réserve Naturelle Nationale d'Iroise - Crédit photo : Bretagne VivanteRéserve Naturelle Nationale d'Iroise - Crédit photo : Bretagne Vivante

 

Un investissement inestimable

L'association Bretagne Vivante – SEPNB a révélé la richesse écologique de ces îlots du bout de la Bretagne dans les années 1960 et a toujours depuis, entrepris de les protéger. En 1992, ce territoire devient officiellement la Réserve Naturelle Nationale (RNN) Iroise et sa gestion est confiée à l'association. Depuis plus de 50 ans, bénévoles et salariés s'emploient à mettre en place des mesures visant à conserver ce patrimoine écologique exceptionnel. Leur travail et leur implication citoyenne dans les enjeux de territoire sont reconnus et encouragés par de nombreux acteurs engagés dans la protection de la nature.

Une co-gestion expérimentale tronquée

Créé en 2007, le Parc Naturel Marin d'Iroise (PNMI) entend coordonner les actions de protection de l'environnement marin sur toute la mer d'Iroise. En octobre 2012, une co-gestion (Bretagne Vivante / PNMI) de la RNN Iroise est mise en place à titre expérimental pour deux ans. Les deux permanents de la réserve (conservateur et garde) sont des salariés de l'association et des échanges entre les deux parties sont contractualisés.

Le 19 juin dernier, la Préfecture du Finistère a envoyé un courrier au Président de Bretagne Vivante l'informant que la convention de co-gestion ne serait pas renouvelée et ce, avant même qu'un bilan officiel de ces deux années soit établi et partagé.

Un laboratoire du démantèlement de la protection de la nature

Dans un contexte de diminution des dotations de l'État pour la protection de la nature et sous prétexte de simplification et d'expérimentation sommes-nous déjà entrain d'assister à une nouvelle approche de la gestion des RNN ?

Le projet de loi biodiversité va lui aussi, par ordonnance, dans le sens de la remise en cause des associations dans la gestion des réserves au nom d'une « rationalité budgétaire » et au profit d'établissements publics sous tutelle (parcs nationaux, parcs naturels marins) et de syndicats mixtes (parcs naturels régionaux). Bretagne Vivante, la LPO et France Nature Environnement craignent que la RNN Iroise soit le premier domino d'une longue série…

« Notre objectif commun est avant tout la protection de la nature et donc, l'efficience de la gestion ! Nos associations ont une expérience et une expertise fortes en ce domaine et font ce travail de qualité pour un coût minimum que l'Etat ne pourra faire baisser sans diminuer les actions entreprises pour la protection de la biodiversité dans ces réserves et sans détruire des emplois qualifiés ». déclarent Jean-Luc Toullec, Président de Bretagne Vivante, Dénez L'Hostis, Président de France Nature Environnement et Allain Bougrain Dubourg, Président de la LPO qui souhaitent un approfondissement de cette gestion avec le parc naturel marin d'Iroise.

Plus d'informations

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Contacts presse

Bretagne Vivante : Charles Braine – 06 83 49 20 92
FNE : Benoît Hartmann – 06 87 70 41 07
LPO : Yves Verilhac – 06 76 65 61 10

 

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