Comme en écho à la Commission européenne qui vient de présenter l’évaluation à mi-parcours de sa stratégie biodiversité, BirdLife Europe publie des indicateurs alarmants issus des données récoltées par chaque partenaire des 28 pays de l'Union européenne, dont la LPO pour la France.

Outarde canepetière (Tetrax tetrax) - Crédit photo : Nidal IssaOutarde canepetière (Tetrax tetrax) - Crédit photo : Nidal Issa

Dans un rapport présentant l’évaluation des progrès réalisés durant les cinq premières années d’application de la stratégie pour la biodiversité de l'UE à l'horizon 2020, BirdLife Europe constate à regret que, malgré d’importants progrès dans quelques domaines, l'UE ne parvient toujours pas à inverser le déclin de la biodiversité : de nombreuses plantes et animaux sont menacés d'extinction en Europe.

Des progrès substantiels sont à noter concernant la mise en œuvre de la législation sur la nature de l'UE, ainsi que dans le domaine de la pêche et des espèces exotiques envahissantes. En revanche, l’UE n’a pas su faire face à la crise écologique majeure consécutive de politiques agricoles désastreuses : plus de la moitié des oiseaux vivants sur des terres cultivées ont disparu d’Europe depuis 1980. Les prairies sont en train de fondre comme neige au soleil dans plusieurs États membres de l'UE, tels que l'Allemagne, la Bulgarie et la Slovénie.

Selon le Président de la LPO France, Allain Bougrain Dubourg : « Il est urgent d’investir pour la protection de la nature. L'approche par intégration, qui fait reposer le financement de la conservation de la biodiversité sur d'autres fonds de l'UE, n'a pas fourni les moyens dont nous avons besoin pour protéger notre patrimoine naturel. En outre, la réforme de la politique agricole commune était censée répondre à la crise écologique de l'agriculture en liant les subventions accordées aux agriculteurs à la production de biens publics. Malheureusement, la réforme a été édulcorée jusqu’à devenir insignifiante. La nouvelle PAC qui compte toujours pour plus de 40% du budget de l’UE, continue d’arroser l'agriculture intensive non durable d’argent public. Et ne fait qu’insuffisamment la promotion de l'adoption de pratiques agricoles plus durables. Je note dans ce contexte que la seule ligne budgétaire de l’UE dédiée à l’environnement et la biodiversité est la ligne dédiée aux programmes LIFE avec seulement environ 1% du budget de l’UE ».

La mise en œuvre des directives Oiseaux et Habitats est au cœur de la stratégie de l'UE sur la biodiversité. Le rapport constate que lorsque les directives Oiseaux et Habitats sont correctement appliquées, les résultats sont spectaculaires.

Pour l’heure malheureusement les signaux sont encore inquiétants puisque ces deux directives sont menacées par un courant de soi-disant simplification du droit environnemental portée notamment par Monsieur Timmermans, 1er vice Président de la commission UE.

Faut-il lui rappeler que la valeur de ces directives à travers notamment le maintien des services écosystémiques protégés dans le cadre du réseau Natura 2000, a été estimée entre 200 à 300 milliards d’euros !

À travers le souhait de la Commission européenne d’ouvrir et mettre à jour les Directives Nature, c’est le travail d’une trentaine d’années de protection d’espèces et de milieux qui est mis sur la sellette. Nous sommes tous concernés !

Si vous voulez protéger la nature en Europe, rendez-vous immédiatement sur https://www.lpo.fr/mobiliser/la-nature-en-alerte

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Carine Brémond
Attachée de presse LPO
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