Le 20 avril, à 80 km au large des côtes de la Louisiane, la plate-forme pétrolière Deepwater Horizon, est victime d’une explosion puis d’un incendie : 17 blessés et 11 disparus sont à déplorer.

Depuis, des milliers de litres de pétrole se déversent dans le golfe du Mexique…  Si l’impact immédiat sur les oiseaux semble moins dramatique que prévu, les inquiétudes des experts se portent plus largement sur les écosystèmes sous-marins.

L'action de la LPO

Deepwater Horizon - Crédit photo : US COAST GUARDSDés les premiers jours, la LPO a pris contact avec son homologue américain représentant de BirdLife : l'Audubon Society. Dans un premier temps, la LPO, via les informations transmises par l'Audubon Society, a pu renseigner les médias français sur l'état de la situation ainsi que sur les espèces et les sites menacés.

Dans un deuxième temps, au vu des propositions d'aides de la part de collectivités, d'administrations et de particuliers, la LPO a demandé à son homologue des précisions concernant leurs besoins pour gérer cette catastrophe. D'autre part, le Ministère de l'Ecologie, de l'Energie, du Développement Durable et de la Mer a sollicité la LPO pour réaliser un inventaire des moyens humains et techniques français transmis quelques jours plus tard aux américains.

Au total (en date du 07 septembre) 4248 oiseaux mazoutés, 471 tortues et 6 mammifères mazoutés ont été collectés. A noter que 3531 oiseaux, 615 tortues, 89 mammifères et 2 reptiles ont également été récupérés morts ou vivants et non mazoutés ! Les premières analyses ont montré que des animaux sont morts noyés…les pêcheurs ayant ressortis les filets et méthodes de pêche non autorisés…les autorités étant concentrées sur la zone de pollution... La mortalité des mammifères pourrait, quant à elle, selon les premières études être due à l’utilisation intensive du dispersant (utilisé dès les premiers jours de l’accident).

Lien vers le cedre : http://www.cedre.fr//fr/accident/deepwater_horizon/impact.php

Tous les bilans et les cartes d’échouages d’oiseaux vivants ou morts au lien :

http://www.fws.gov/home/dhoilspill/collectionreports.html

Archives internet :

La marée noire du Deepwater Horizon (juin 2010)

Le 20 avril, dans le golfe du Mexique, à une soixantaine de kilomètres au sud-est du delta du Mississippi et à 80 km au large des côtes de la Louisiane, la plate-forme pétrolière Deepwater Horizon, est victime d'une explosion puis d'un incendie : 17 blessés et 11 disparus sont à déplorer. Elle a brûlé pendant 36 heures, pour finalement sombrer à 1.500 mètres de profondeur.

Depuis, des milliers de litres de pétrole se déversent dans le golfe du Mexique...

La quantité exacte déversée reste difficile à estimer et BP ne cherche pas à préciser les données... notamment parce que la législation américaine impose au responsable de la pollution une amende forfaitaire par nombre de barils déversés...

Le point sur la situation

Actuellement, des centaines de kilomètres de côtes sont touchées et plus de 500 personnes sont mobilisées pour tenter de limiter le désastre écologique qui menace toujours les côtes de Louisiane, du Texas, du Mississippi et de Floride. De nombreuses barrières flottantes ont été mises en place.

Malheureusement, après plusieurs tentatives et même si la quantité de pétrole qui s'échappe semble moins importante que les premiers jours...le pétrole continue de s'échapper des puits de forage entretenant le flot d'hydrocarbures.

Selon les simulations de dérives, réalisées par des scientifiques du centre national de recherche sur l'atmosphère (NCAR) basé dans le Colorado, la marée noire pourrait être entrainée par le Gulf Stream durant l'été...

Si l'impact immédiat sur les oiseaux semble moins dramatique que prévu, les inquiétudes des experts se portent plus largement sur les écosystèmes sous-marins.

Alors que le pétrole a atteint, entre autres, les Iles Chandeleur, un des 25 IBA désignés par Audubon Society (BirdLife États-Unis) sur la côte de la Louisiane à la Floride, des poissons, crevettes et autres espèces sont en train de mourir sous l'eau, loin des regards médiatiques. Pourtant, ces pertes vitales auront des conséquences dévastatrices aussi bien pour les oiseaux que pour les hommes qui dépendent de cette économie.

Selon les sources plusieurs dizaines d'oiseaux on été récupérés principalement des pélicans bruns. Les centres de soins étant gérés par des structures différentes et l'intervention n'étant apparemment pas coordonnée, il est donc très difficile d'avoir un bilan précis. Certains d'entres-eux ont déjà pu être relâchés.

Début juin, selon la NOAA (National Oceanic and Atmospheric Administration est l'agence américaine responsable de l'étude de l'océan et de l'atmosphère) 23 oiseaux, 12 dauphins et 156 tortues avaient été récupérés.

Ces chiffres restent à préciser. En effet, seuls quelques dauphins et tortues se sont échoués mazoutés. Le nombre de tortues est effectivement plus élevé que les années précédentes mais il est courant en cette saison que les tortues viennent s'échouer sur les côtes.

Quelques espèces d'oiseaux directement menacées...

Les oiseaux marins comme les sternes (de Forster, caspienne, caugek et royale), goélands, bec-en-ciseaux,...) qui se nourrissent en mer d'invertébrés et de poissons. Ces oiseaux nichent au sol sur les îles sableuses au large des côtes sud de la Louisiane notamment.

Ces îles, ainsi que toute la zone du delta du Mississippi, abritent également le Pélican brun, emblème de l’État de Louisiane, dont les populations sont en danger et très vulnérables, en raison notamment d'un faible taux de reproduction.

Et plus généralement, les oiseaux d'eau : spatules, hérons, canards, et les limicoles (bécasseaux et chevaliers), qui se nourrissent dans les vasières de la zone appelée "Delta actif" (en raison de ses dépôts mouvants).

Quelques espèces de cétacés directement menacées...

Le Golfe du Mexique est un écosystème riche en espèces de cétacés. Cette catastrophe pétrolière menace en particulier la population de cachalots de Floride. Un groupe se nourrit en effet au sein de la zone où se trouve la plateforme pétrolière. De plus, l'activité accrue générée par cette marée noire est susceptible d'augmenter la pollution acoustique de la zone, perturbant le sonar des cétacés, qui sondent les profondeurs à la recherche de calmars.

La pollution des eaux causée par le pétrole est susceptible d'intoxiquer d'autres espèces de baleines, de dauphins, ainsi que de nombreux poissons et tortues ...

Liens utiles :

Pour connaitre l'état de la situation (moyens de lutte, évolution de la pollution, nature du polluant, ...), vous pouvez consulter le site du CEDRE au lien :

http://www.cedre.fr/fr/accident/deepwater_horizon/deepwater_horizon.php

Et de BirdLife International :

http://www.birdlife.org/community/tag/gulf-oil-spill/

Galerie Photos :

http://www.flickr.com/photos/deepwaterhorizonresponse/

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