La Commission européenne ne tient pas compte dans ce nouveau texte de l’effondrement de la biodiversité et ignore les volontés des citoyens et des agriculteurs européens.

Hirondelle rustique (Hirundo rustica) - Crédit photo : Emile BarbeletteHirondelle rustique (Hirundo rustica) - Crédit photo : Emile Barbelette

La Commission européenne publie aujourd'hui sa réforme de la politique agricole commune (PAC) et les résultats sont sans appel : jusqu’à 80% des fonds réservés à l’environnement ont été rationnés. Pour la LPO,  l'absence de garanties environnementales efficaces ouvre la porte à une nouvelle vague de soutien à l'agriculture intensive, foncièrement nuisible à la biodiversité.

L'affirmation de la Commission européenne selon laquelle la nouvelle proposition permettra d'atteindre une plus grande ambition environnementale et climatique s'est vidée de son sens.

Les 20 dernières années de mise en œuvre de la PAC démontrent que les ministres de l'agriculture ont tendance à céder au puissant lobby de l'agriculture intensive. Résultat : on assiste à un nivellement vers le bas où chaque pays tente de concurrencer l’autre avec des subventions à la production, entraînant des impacts environnementaux de plus en plus dévastateurs et un effondrement de la viabilité des exploitations agricoles.

La proposition de la PAC telle qu’elle est présentée aujourd’hui, ne permet pas de réaliser le changement fondamental nécessaire à l’Europe à plusieurs titres :

  • Elle ne prend pas en compte l'effondrement de la biodiversité : aucune attribution budgétaire pour Natura 2000 n’a été attribuée, pas davantage pour le réseau européen de sites protégés.
  • Elle ne fait aucune tentative crédible pour soutenir la transition promise à l'agriculture durable et fait la part belle aux subventions productivistes.
  • Elle néglige complètement la nécessité de changer les habitudes de consommation : gaspillage alimentaire, surconsommation

budget de la pac reserve a lenvironnement et a la nature

De toute évidence, cette réforme ignore les volontés exprimées des 255 000 citoyens européens qui, lors de la consultation publique de la Commission, ont demandé une réforme radicale. Elle ne tient pas compte non plus des agriculteurs qui reconnaissent un manque de moyens en faveur de l’environnement.

La balle est maintenant dans le camp des États membres et du Parlement européen qui peuvent encore inverser la tendance. Il est temps pour les chefs d'État, les ministres des finances et les dirigeants des groupes politiques de résister au lobby des tenants de l'agriculture productiviste et de défendre les intérêts des citoyens.

La nature ne peut survivre à une autre décennie d'agriculture intensive, les députés européens et les ministres de l'agriculture doivent donc se réveiller et faire de la PAC le dispositif à la hauteur des attentes des citoyens européens.

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