MONTRÉAL - Un macareux des côtes du Canada atlantique a été retrouvé errant à des milliers de kilomètres de son habitat naturel : sur une rue achalandée du centre-ville de Montréal au Québec.

photo_mac_300C. Sidamon-Pesson / D. AllemandLa directrice d'un centre de soins pour les oiseaux blessés ou orphelins a souligné mardi que l'animal était chanceux d'être encore en vie.

«Il courait en plein milieu de la rue», a expliqué Susan Wylie, directrice du Centre Le Nichoir.

Elle a tenu à saluer la technicienne vétérinaire qui a secouru le jeune palmipède sur la rue Guy, en plein centre-ville de Montréal, la semaine dernière.

«Heureusement, elle savait à quelle espèce d'oiseau elle avait affaire et elle l'a capturé, a relaté Mme Wylie. Ils ne courent pas très vite puisque ce sont des oiseaux plongeurs.»

Le macareux est l'emblème de Terre-Neuve-et-Labrador, où vit et se reproduit la quasi totalité de la population canadienne de cet oiseau.

L'animal est en bonne santé. Un vol d'Air Canada devrait le ramener dans son habitat présumé, sur l'île de Terre-Neuve, a indiqué Mme Wylie. Une escale à l'aéroport de Toronto est prévue à l'itinéraire de vol du palmipède.

Une fois qu'il sera arrivé à St-John's, un spécialiste des oiseaux marins le prendra en charge jusqu'à ce qu'il soit relâché dans la nature.

D'ici là, il restera dans la baignoire d'un bénévole qui habite en banlieue de Montréal, où il se nourrit d'éperlans depuis son arrivée. Des suppléments vitaminés sont aussi administrés au macareux, qui mesure environ une vingtaine de centimètres. On ignore s'il s'agit d'un mâle ou d'une femelle.

«Ils aiment se baigner et faire des éclaboussures, dit Susan Wylie, une biologiste, au sujet des macareux. Mais de façon générale, ils sont assez tranquilles et indépendants.»

Selon Mme Wylie, l'oiseau pourrait être arrivé à Montréal à bord d'un navire en provenance du Canada atlantique.

Il est aussi probable qu'il fasse partie de l'une des colonies qui nichent dans le Golfe du Saint-Laurent et qu'il ait volé jusqu'à Montréal par ses propres moyens, fait valoir un biologiste de l'Université Memorial de Terre-Neuve, Bill Montevecchi.

Car même si Montréal se situe bien loin de l'habitat présumé du jeune palmipède, il est possible que la luminosité grandissante provenant des villes côtières puisse avoir attiré l'oiseau. Ce genre de situation se produit de plus en plus souvent, selon le scientifique.

Les macareux, surtout les plus jeunes, sont souvent attirés par la lumière, expose M. Montevecchi.

«Ils sont beaucoup plus susceptibles d'être désorientés, essentiellement parce qu'ils n'ont pas eu l'occasion d'explorer... mais évidemment, Montréal ne fait pas partie de ces environs.»

Source : Presse Canadienne.

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