Le braconnage est enfin sanctionné à sa juste mesure.

Chardonneret élégant (Carduelis carduelis) - Crédit photo : Fabrice Cahez / LPOChardonneret élégant (Carduelis carduelis) - Crédit photo : Fabrice Cahez / LPO

C'est ce que constate la LPO dans l'affaire qui a mis en cause deux individus s'adonnant à la capture aux filets de passereaux, dans les Pyrénées –Orientales…

En juillet 2013, un témoin alerte les agents ONCFS de leur présence dissimulée près d'un champ dans lequel un filet de 8 m sur 2 est tendu à côté d'un chardonneret mâle servant d'appelant dans une cage.

À l'arrivée des inspecteurs de l'environnement, une autre cage est découverte contenant 5 chardonnerets juvéniles. Tous les oiseaux sont libérés par les gardes qui verbalisent les deux hommes. Ceux-ci reconnaissent faire de l'élevage et affirment ignorer les interdictions relatives aux espèces protégées.

Poursuivis par la LPO et le GOR, ce 9 octobre 2014, ils ont été condamnés solidairement par le tribunal correctionnel de Perpignan pour capture et utilisation de 6 oiseaux protégés, deux délits passibles dont les peines peuvent aller jusqu'à 1 an de prison et 15 000 € d'amende.

Si les juges ont décidé d'une amende de 2 000€ avec sursis (compte-tenu sans doute de leur situation économique), en revanche sur le plan civil, ces deux braconniers devront verser ensemble à la LPO et le GOR, 5 000 € dont 3 600 € de dommages et intérêts soit 600 € par chardonneret …

La sanction imposée par les juges nous renvoie à la clémence des juges landais constatée à l'égard des braconniers d'ortolans et de pinsons. De nombreuses affaires sont, en effet, toujours classées sans suite ou traitées avec un certain laxisme. La LPO s'est vue attribuer 1 € symbolique pour le piégeage de bruants ortolans, espèce mondialement menacée ! souligne Allain Bougrain Dubourg, président de la LPO.

Jusqu'alors, les jugements récents gagnés par la LPO (hors ortolans et pinsons) avaient permis de « réévaluer » à 400 € les indemnités allouées pour la capture d'1 passereau (Tribunal Correctionnel de Brive-la Gaillarde du 24/05/2011, n° parquet 11025000036 : 800 € de dommages et intérêts pour 1 bouvreuil et 1 tarin soit 400 € par oiseau), alors que le « tarif » habituel était de l'ordre de 150 € par oiseau.

Avec cette nouvelle décision portant à 600 € l'indemnité due par les deux piégeurs pour chaque oiseau victime, un nouveau pas est franchi et voici une décision dont il faut se réjouir d'autant que tous les oiseaux ont survécu au piégeage et furent libérés !

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