Ce sont au total 15 Gypaètes barbus qui ont été relâchés dans les Grands Causses entre 2012 et 2018.

 Gypaète barbu (Gypaetus barbatus) - Crédit photo : Thierry VergelyGypaète barbu (Gypaetus barbatus) - Crédit photo : Thierry Vergely

 

Bienvenue à Europe, Lausa et Monna !

Europe, Lausa et Monna ont été lâchés à l’âge de 97, 91 et 87 jours ce lundi 6 mai 2019. Toujours suivant la même méthode que les années précédentes : la technique dite du « taquet » qui consiste à déposer  les oiseaux dans une cavité rocheuse en attendant qu'ils soient prêts à prendre leur envol.

Un second lâcher permettra de libérer deux oiseaux supplémentaires début juin dans les Grands Causses.

 

Un programme national de conservation

La réintroduction du Gypaète barbu* dans les Grands Causses menée depuis 2012 par la LPO France se poursuit. Il permet de lâcher 2 à 4 jeunes oiseaux par an, alternativement en Lozère, sur commune de Meyrueis située au sein du Parc national des Cévennes et en Aveyron sur la commune de Nant au sein du Parc naturel régional des Grands Causses et d’un Espace Naturel Sensible.

Ce projet de réintroduction est soutenu par de nombreux partenaires institutionnels et privés en partenariat avec le Parc National des Cévennes, le Parc naturel régional des Grands Causses et le Conseil Départemental de l’Aveyron.

Des enjeux européens

Ce lâcher, porté par le site technique Grands Causses de la LPO est mis en œuvre dans le cadre du programme de financement européen LIFE** GYPCONNECT (LIFE14NAT/FR/000050). Sa mission ? Recréer des noyaux de population de Gypaètes barbus dans le sud du massif central et les Préalpes afin de favoriser les échanges génétiques entre les populations alpines et pyrénéennes. Un programme qui s’inscrit dans une dynamique internationale dont l’échelle dépasse les frontières de l’Europe.

Des gypaètes toujours victimes d'empoisonnement

Espèce emblématique, le Gypaète barbu figure parmi les plus grands rapaces européens (de 2,60 à 2,90 m d'envergure). Connu pour son comportement alimentaire unique qui lui vaut le surnom de « casseur d'os », cet oiseau insolite s’alimente essentiellement d’os. Cette particularité lui permet ainsi de limiter l'apparition de foyers pathogènes et en fait un véritable nettoyeur de la nature !

Au cours du XXème siècle ses effectifs chutent vertigineusement. Les raisons ? Les menaces naturelles qui pèsent sur lui mais aussi surtout, l'impact de l'homme : tirs, empoisonnements, raréfaction des ressources alimentaires.

7 ans après, l’empoisonnement des rapaces est toujours d’actualité mettant à mal les efforts de protection en cours. Le Gypaète barbu est toujours en danger critique d’extinction en France. En 2018, le lâcher avait été annulé dans les Grands Causses, entre autre suite aux constats d’empoisonnement de vautours sur le territoire, dont faisait partie Durzon, gypaète réintroduit en 2017 dans le cadre du LIFE Gypconnect.

La LPO rappelle que tous les rapaces de France sont protégés, et alerte sur l’impact de l’utilisation de biocides sur l’environnement, sur les vautours et sur l'homme.

Les vautours, alliés des éleveurs menacés par le poison

 

 

* Plan national d’actions (PNA) Gypaète barbu 2010-2020

** Les LIFE sont un outil financier de l’Union européenne pour les programmes de conservation.

 

Partager