Le 19 décembre trois des participants ont été élus  « Arbre de l’année 2017 ».

Organisé par le magazine Terre Sauvage et l’Office national des forêts (ONF), ce concours récompense des arbres de France présentés par des groupes et sélectionnés pour leurs caractéristiques naturalistes, esthétiques, historiques mais aussi pour le lien qui unit le groupe à l’arbre.

Le 19 décembre l'If-grotte du jardin des Ifs à Gerberoy (Oise) a reçu le prix du public, le sophora du japon du château de Montry (Ile de France) a reçu le prix du jury (présidé par Denis Cheissoux et composé de l’ONF, Terre sauvage, la LPO et l’association ARBRES), et le Chêne de la réserve naturelle du bout du lac à Doussard (Haute-Savoie) le prix coup de cœur.

L’occasion de lire ou relire l’excellent livre « La vie secrète des arbres » de l'ingénieur forestier et écrivain allemand Peter Wohlleben qui nous dévoile l’intelligence des arbres (communautés, compétions, solidarités, communications…).

Prix du public

  L'If-grotte du jardin des Ifs à Gerberoy, région Hauts-de-France - Crédit photo : Emmanuel Boitier L'If-grotte du jardin des Ifs à Gerberoy, région Hauts-de-France - Crédit photo : Emmanuel Boitier

If-grotte, if-igloo, ou plus prosaïquement cabinet de verdure… c’est selon, cet arbre savamment taillé en forme de dôme est le fleuron du Jardin des ifs, un superbe jardin topiaire à la française datant du XVIIe siècle. L’if-grotte est en fait constitué de six arbres différents, qui au fil du temps, des marcottages et du travail de plusieurs générations d’hommes, se sont mêlés et confondus au point de former aujourd’hui un entrelacs unique de branches. On peut y entrer à une dizaine de personnes. Delphine, la propriétaire, aime à souligner son rôle d’arbre protecteur : avec sa forme arrondie, il constitue un abri contre le vent, la tempête et la pluie, le soleil, la foudre… Une cabane pour les enfants, une grotte magique, un refuge ou encore une cachette pour les amoureux. Elle en est certaine : pour un couple, l’if, symbole d’immortalité, est le lieu idéal pour se prêter serment. L’if topiaire aurait-il l’extraordinaire pouvoir de tailler et de façonner les sentiments ?

Prix du jury

 Le sophora du japon au château de Montry, région île de France - Crédit photo : Emmanuel BoitierLe sophora du japon au château de Montry, région île de France - Crédit photo : Emmanuel Boitier

L’histoire de ce sophora est une histoire de résilience. Il se situe dans le parc à l’anglaise du château de Montry, sur la commune du même nom, qui date de la fin du XIXe siècle. On sait que l’arbre a préexisté au parc : il a sans doute plus de deux siècles. Si aujourd’hui, le sophora se présente sous la forme de deux grosses branches principales qui s’étalent sur le sol, lui conférant un remarquable recouvrement de 1 000 mètres carrés, c’est que son histoire est marquée par une chute. Vers 1930, le sophora s’est couché à terre, son tronc initial s’étant creusé de l’intérieur. Une légende est née à cette époque : il s’est dit que les personnes ayant tenté d’abattre cet arbre après sa chute sont mortes prématurément, comme si l’esprit de l’arbre luttait pour sa survie. Le château est désormais devenu un établissement pour l’insertion dans l’emploi. Mais la légende perdure. Et, en 2016, une promotion de volontaires a décidé de prendre le nom de « Sophora » par analogie : l’arbre a chuté, mais s’est relevé, tels les jeunes qui intègrent l’établissement avec le statut de « volontaires à l’insertion ».

Coup de cœur

 Le Chêne de la réserve naturelle du bout du lac, Doussard (74). Rhône-Alpes-Auvergne - Crédit photo : Emmanuel BoitierLe Chêne de la réserve naturelle du bout du lac, Doussard (74). Rhône-Alpes-Auvergne - Crédit photo : Emmanuel Boitier

C’est un grand chêne au port harmonieux, avec un tronc large et robuste et un houppier volumineux. Il trône au milieu d’une vaste prairie, et l’on doit avouer que la mise en scène est des plus réussies, avec les montagnes calcaires du massif des Bauges en toile de fond, le ciel immense et bleu et le vert étincelant de l’herbe et des feuillages. Le chêne du bout du lac est l’arbre emblématique de la réserve naturelle éponyme. Sa mise en valeur ne doit rien au hasard, et on nous assure, non sans une certaine fierté, qu’il fait l’objet d’une « gestion paysagère particulière ». Le vocabulaire technique est toujours un peu austère, il faut l’avouer, mais l’on comprendra plus aisément qu’ici, on est aux petits soins pour lui. Car malgré sa prestance et son volume déjà imposant, notre chêne n’est encore qu’un arbre en devenir. Et avec une circonférence qui dépasse déjà les quatre mètres en un peu plus de deux siècles d’existence, nul doute que notre arbre profite pleinement de toute l’attention qu’on lui donne. Protégé et même choyé, il est assurément promis à un bel avenir.

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