Un porte-conteneurs, le Rena, s'est échoué mercredi 5 octobre en Nouvelle-Zélande sur le récif Astrolabe, réputé pour la richesse de sa faune et de sa flore, au large de l'île du Nord.

Malgré des opérations de pompage, rendues difficiles mardi dernier par une tempête avec des vagues de cinq mètres, 300 tonnes de carburant se sont déjà déversées dans la baie de Plenty, un écrin marin peuplé de baleines et de dauphins.

Rena2_New_Zealand_Defence_ForceNaufrage du Rena. New Zealand Defence ForceDepuis plusieurs jours, les craintes viennent de l'épave qui menace de se briser en deux. La coque endommagée à la proue pourrait libérer quelques 1 700 tonnes de carburant.

"70 conteneurs sont par ailleurs tombés à la mer", a indiqué la Maritime New Zealand (MNZ), le service chargé d'assurer la sécurité des personnes et de l'environnement en mer. «Il y a 1 368 conteneurs à bord. 11 conteneurs renfermant des substances dangereuses sont toujours sur le navire et ne figurent pas parmi les quelques 70 qui sont passés par-dessus bord», a déclaré MNZ dans un communiqué.

La pollution et ses premiers impacts

Le risque d'une marée noire dans l'une des plus belles baies de Nouvelle-Zélande s'est accru, hier, avec l'apparition de nouvelles fissures. Des galettes de fioul et les premiers oiseaux mazoutés ont atteint les plages...

Royal Forest and Bird Protection Society, le représentant de BirdLife International, en Nouvelle Zélande, est très préoccupé. Aujourd'hui, près de 400 oiseaux ont été retrouvés morts :

- 178 Puffinures plongeurs Pelecanoides urinatrix

- 114 Puffins volages Puffinus gavia

- 68 Puffins de Buller Puffinus bulleri

- 13 Manchots pygmés Eudyptula minor

Le fait que les oiseaux morts comportent un nombre important de Puffin de Buller est significatif parce qu'ils ne nichent que dans les Poor Knights Islands au nord d'Auckland. Cela démontre que la zone d'impact a déjà dépassé la Plenty Bay....

Plusieurs dizaines d'oiseaux vivants sont actuellement en soins dans une structure de sauvegarde à Mount Maunganui. Et d'autres ont été observés mazoutés, notamment des albatros et d'autres espèces de pétrels.

Aujourd'hui encore, ce sont 11 Manchots pygmés vivants et mazoutés qui ont été emmenés dans une structure de soins « Oiled Wildlife Response Unit » et déjà, 5 phoques mazoutés y ont été soignés.

Rena3_New_Zealand_Defence_ForceSur les plages souillées. New Zealand Defence ForceD'autres espèces d'oiseaux marins et des limicoles sont menacées.

5 Gravelots roux ont été déplacés de la zone menacée par la pollution dans les îles Matanaka, Maketu et Pukehina : ce sont les trois sites les plus importants pour ces gravelots qui vont entrer dans leur période de nidification. Il ne reste que 1500 individus.

Cette pollution, déjà catastrophique est d'autant plus inquiétante que ces premières conséquences ne sont que la partie visible de l'Iceberg... de nombreux oiseaux mazoutés ont probablement tout simplement coulés. Nous ne connaissons pas non plus, à ce jour, l'impact sur les baleines, les dauphins et les espèces de poissons côtiers de cette zone.

Une catastrophe en pleine période de nidification...

Cette catastrophe, arrive à la plus mauvaise période. En effet, de nombreux oiseaux marins sont actuellement en train de nicher sur les îles du large de Bay Plenty et tout impact sur les adultes (parents) aura des conséquences sur les poussins... si les parents meurent, les poussins mourront de faim...

Rena1_Blair_HarknessNaufrage du Rena. Blair HarknessDes experts doivent se rendre dans les colonies pour constater les dégâts.

Actuellement, environ 10 000 Puffins gris, des milliers de Puffinures plongeurs, d'océanites frégates et de Puffins volages sont en train de nicher sur les îles alentours. Une colonie de plusieurs milliers de fous sur « les White Island » et près de 200 à 300 Manchots pygmés vivent également sur la côte à proximité de cette pollution.

Cette marée, est, selon le ministre néo-zélandais de l'environnement Nick Smith "la catastrophe écologique maritime la plus grave qu'ait connue la Nouvelle-Zélande depuis des décennies" .

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