Un rapport spécial du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) montre que l'agriculture, l'exploitation forestière et l'industrie agro-alimentaire sont responsables de plus d'un cinquième des émissions responsables du changement climatique, en remplaçant les environnements naturels par des plantations et des champs et en dégradant les habitats naturels restants tels que les forêts et les zones humides.

Coquelicot (Papaver rhoeas) - Crédit photo : E. ChampionCoquelicots (Papaver rhoeas) - Crédit photo : E. Champion

Environ un tiers des terres émergées et plus de 70% des ressources en eau douce sont aujourd’hui consacrés à la production végétale ou animale. Des changements urgents et radicaux dans la consommation, la production et l'utilisation des terres sont indispensables pour éviter une catastrophe mondiale.

Le rapport, rédigé par 103 experts de 52 pays, démontre clairement que l'agriculture industrielle doit être transformée pour inclure des pratiques plus durables qui reconstruisent le carbone des sols, la végétation naturelle et la biodiversité. En parallèle, les consommateurs doivent également réduire leur consommation de viande et de produits laitiers, en particulier dans les régions où ces produits sont fortement surconsommés.

Réformer la Politique Agricole Commune (PAC)

L’Union Européenne consacre 58 milliards d’euros au financement d’une politique agricole commune (PAC) néfaste pour la nature. Conçue à l'origine pour assurer la sécurité alimentaire en Europe, elle produit aujourd’hui l’effet inverse. La PAC actuelle consacre la majeure partie de son budget à des formes d'agriculture non durables qui entraînent des émissions de gaz à effet de serre, une perte de biodiversité et un effondrement des écosystèmes. Une réforme de la PAC est primordiale.

Le rapport confirme également que la bioénergie n'est pas une alternative acceptable aux combustibles fossiles. Le changement d’utilisation des sols pour la bioénergie augmente considérablement la pression sur les ressources en terres et en eau, avec des conséquences potentiellement irréversibles sur la sécurité alimentaire et la dégradation des sols.

Enfin, le rapport indique clairement que la restauration de la nature à grande échelle, en particulier des tourbières, des zones humides, des forêts naturelles et des prairies, doit devenir une priorité mondiale afin de rétablir les habitats de la biodiversité et les stocks de carbone tout en améliorant la rétention d'eau.

Ariel Brunner, BirdLife Europe:

« Chaque nouvelle étude le confirme : le temps presse pour réformer notre système agricole. Et pourtant, nous investissons toujours des dizaines de milliards d’euros dans la PAC, un système pervers qui finance la destruction de la nature et l’appauvrissement des terres dont dépend notre avenir et celui de l’agriculture. »

Les actions de la LPO dans le domaine de l’agriculture 

La LPO intervient à l’échelle de l’Europe dans les négociations sur la réforme de la PAC avec pour objectif la construction d'une PAC juste pour les exploitants, saine pour les consommateurs et durable pour les écosystèmes.

Elle agit également sur le terrain à travers l’accompagnement des agriculteurs pour recréer avec eux des éléments paysagers favorables à nos amis ailés et autres petits animaux, en termes de nourriture et d’habitat.

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