Un bilan contrasté sur fond de douceur hivernale.

Sarcelle d'hiver (Anas crecca) – Crédit photo : Emile BarbeletteSarcelle d'hiver (Anas crecca) – Crédit photo : Emile Barbelette

Qu’est-ce que le comptage Wetlands ?

Les régions tempérées ou tropicales où se rassemblent les oiseaux d’eau pour passer l’hiver leurs garantissent des ressources et des conditions clémentes jusqu’au début de la migration prénuptiale. Par ailleurs, ces oiseaux sont également bien plus faciles à observer que sur leurs aires de reproduction arctiques et boréales. L’hiver offre ainsi une opportunité privilégiée pour le recensement des oiseaux d’eau.

Tous les ans autour de la mi-janvier, Wetlands International coordonne le recensement des espèces d’oiseaux d’eau au sein des zones humides de 143 pays et organisé à l’échelle des différentes voies migratoires. Ces comptages ont débuté dans les années 1960 et motivent un réseau de près de 150 000 bénévoles sur le terrain au sein de 50 000 zones humides référencées et comptées régulièrement.

En France, où la LPO coordonne ces comptages depuis 1967, ce sont plus de 1 500 « compteurs » qui recensent les oiseaux d’eau sur plus de 500 zones humides.

Ce comptage annuel permet de suivre l’évolution de chaque espèce dans le temps et d'identifier des zones humides d’importance nationale et internationale selon la Convention Ramsar, un traité international pour la protection des zones humides, vitales pour la nature et l’humanité.

Ce sont chaque année plus de 130 espèces d’oiseaux d’eau qui sont ainsi suivies dans le but d’orienter les actions de conservation et les politiques publiques.

Des effectifs en évolution

2,8 millions d’oiseaux d’eau ont été recensés mi-janvier 2020, un chiffre dans la moyenne des précédents comptages, indiquant une certaine stabilité dans les effectifs généraux des populations d’oiseaux d’eau.

À la faveur d’un automne et d’un hiver encore une fois très doux, les effectifs d’Anatidés, Foulque et Grèbes ont été particulièrement faibles.

Les effectifs d’Oie des moissons, de Fuligules, de Garrot à œil d’or, en déclin constant depuis le début des suivis, sont en 2020 à leurs plus bas niveaux.

Les effectifs de limicoles à l’inverse sont élevés avec des records historiques (Pluvier doré, Barge à queue noire) tout comme pour les échassiers (Ardéidés, Ibis, Spatule, Flamant), probablement pour ces derniers en lien avec de bons épisodes de reproduction et les conditions hivernales clémentes. Ce qui signifie que les mesures de protection sont plutôt efficaces.

Zoom sur les zones humides d’importance internationale

La Camargue et les Pertuis Charentais (Réserve de Moëze-Oléron et Baie de l’Aiguillon), suivis de la Baie du Mont-Saint-Michel et du Bassin d’Arcachon, sont cette année en tête du classement des 47 zones humides identifiées d’importance internationale selon la convention Ramsar.

Le cours du Rhin, également site d’importance internationale selon la convention Ramsar, est la principale zone d’hivernage française en janvier 2020 pour le Fuligule morillon, le Harle bièvre et le Garrot à œil d’or et le deuxième site français pour le Canard chipeau, le Cygne tuberculé, l’Oie des moissons et le Harle piette.

Merci aux coordinateurs et aux compteurs locaux sans qui ce travail n’aurait pas été possible !

Plus d’informations

Consultez le bilan 2020

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