Les très attendues propositions du premier Green Deal européen pour répondre aux enjeux environnementaux négligent la biodiversité et les écosystèmes.

green deal 650 birdlifeCrédit image : BirdLife International

Le 11 décembre 2019, la Commission européenne annonçait la publication du Green Deal européen, une « stratégie de croissance » promise par la nouvelle Présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen. Malgré plusieurs grandes publications scientifiques récentes aux conclusions accablantes quant aux menaces qui pèsent sur la biodiversité, avec un million d’espèces menacées d’extinction, le document se concentre principalement sur la crise climatique actuelle au détriment d’un bon nombre de problématiques.

La biodiversité

Le Green Deal doit développer une stratégie qui propose d’agir concrétement en faveur de la biodiversité dès sa publication.  Trop vague, ce nouveau plan n’apporte pas encore la législation dont la nature a vraiment besoin : un ensemble de mesures que les Etats membres sont dans l’obligation de suivre. La Commission oublie de citer les écosystèmes dégradés, outre les forêts et les cours d’eau, qui doivent être restaurés afin de préserver efficacement la biodiversité en Europe.

Les forêts

La Commission ne propose aucune innovation dans sa stratégie pour les forêts. Augmenter la plantation forestière afin de renforcer la biomasse et produire de l’énergie ne résoudra pas le déclin de la biodiversité et ne relèvera pas les défis climatiques, et pourrait même les exacerber.

La mise en application

La Commission vise à renforcer les lois environnementales mais devrait tout d’abord s’efforcer de faire appliquer la législation déjà en vigueur et sanctionner les Etats membres qui ne la respectent pas.

L’agriculture

Le Green Deal européen s’engage vaguement pour l’agriculture durable par la réduction des pesticides et des engrais, et la stimulation de l’agriculture biologique. Mais il n’évoque aucune action à mener pour réduire la consommation de viandes et de produits laitiers. Les mesures attendues pour véritablement limiter l’utilisation d’intrants chimiques et réduire le gaspillage alimentaire ont été retirées sous la pression des lobbies.

Les océans

Le manque d’ambition du Green Deal pour nos océans est accablant. Bien que la Commission propose des mesures d’aménagement des couloirs maritimes plus respectueux des écosystèmes marins, elle ne mentionne pas les pratiques de pêche destructrices, la surconsommation de poissons, ou encore la gestion des Aires Marines Protégées (AMP).

Pour Ariel Brunner, responsable de BirdLife Europe :

« Ce Green Deal européen est censé être un pas en avant, mais il ne va pas bien loin en ce qui concerne le déclin de la biodiversité. Il exprime un vague engagement pour la restauration de la nature à travers l’idée d’une succession d’exploitations et de reforestations, principalement encouragée par les lobbies forestiers. Les changements proposés en matière d’agriculture sont mineurs, et bien qu’ils tendent vers une réduction des pesticides, ils restent loin des réformes nécessaires à la Politique Agricole Commune (PAC). Enfin, il y a un grand manque de clarté dans les propositions relatives à la surconsommation des ressources alimentaires en Europe. La Commission devra faire beaucoup mieux dans les mois à venir si elle veut donner à l’Europe les moyens de sortir de la crise écologique qui nous menace tous. »

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