Depuis le 25 janvier, et particulièrement depuis début février, des milliers d'oiseaux marins s'échouent sur les plages du littoral atlantique, du pays Basque au Finistère sud.

Macareux moine - Pierre André FarqueMacareux moine - Pierre André FarqueAu 18 février 2014, on peut estimer que plus de 11 000 oiseaux se sont échoués le long du littoral atlantique, la principale espèce touchée étant le Macareux moine (plus de 8000 individus), suivie par le Guillemot de Troïl... Parmi tous ces oiseaux échoués, certains individus étaient porteurs de bagues. Ils proviennent majoritairement du Royaume-Uni.

Le bilan chiffré reste provisoire et s'affinera au fur et à mesure de la collecte de données.

Notons le caractère exceptionnel de cet échouage massif qui est rarement observé en France, hors contexte de pollution marine. Dès les premiers jours, la LPO a mis en place et a coordonné un suivi afin de quantifier l'importance de cet échouage massif.

Même si, à priori, une majorité d'oiseaux vivants ou morts semble s'être déjà échouée, d'autres arrivées sur le littoral atlantique peuvent encore se poursuivre durant tout le mois de février.

Les causes de cet échouage massif

Les oiseaux récupérés sont majoritairement très amaigris. Le manque de nourriture semble être le facteur principal pouvant expliquer la mort de ces milliers d'oiseaux. Les mauvaises conditions météorologiques (vents forts, forte houle...) accentuent leur difficulté à trouver la nourriture nécessaire afin de survivre et de maintenir leur température corporelle.

Ces arrivées massives sur les côtes se produisent souvent quand les conditions météorologiques sont difficiles. Les côtes d'Europe de l'Ouest essuient en effet depuis la fin janvier de grosses tempêtes successives, accompagnées de vents forts.

L'arrivée en grand nombre de cadavres sur les plages du littoral atlantique s'accentue avec l'arrivée des courants et vents favorables.

Chaque hiver, des dégazages sauvages sont notés au large des côtes françaises, et actuellement, suite aux tempêtes successives, une grande partie du littoral atlantique est désormais concerné par l'arrivée de boulettes de pétrole. De plus en plus d'oiseaux mazoutés sont signalés.

Afin de nettoyer les plages, certaines préfectures ou communes posent des interdictions d'accès.

Aider les survivants, une priorité pour la LPO et l'UFCS

Depuis le début de cet échouage massif, la priorité est de permettre aux oiseaux encore vivants d'être récupérés et acheminés le plus rapidement possible vers les centres de sauvegarde les plus proches, en lien avec l'UFCS (Union française des Centres de Sauvegarde de la faune sauvage - http://uncs.chez.com/).

Bilan des oiseaux accueillis dans les centres de sauvegarde de l'UFCS

UFCSLa LPO se mobilise aux côtés de l'UFCS, qui assure la coordination nationale des centres de sauvegarde et établit au quotidien un bilan national des accueils dans les centres concernés.

Au 16 février 2014, 2060 oiseaux ont été accueillis (source : UFCS - http://uncs.chez.com/)

 
DatesMacareux moineGuillemot de TroïlPingouin tordaFou de BassanAutres
06/02 52 187 29 9 7
07/02 66 41 31 0 6
08/02 122 28 29 0 9
09/02 60 24 22 0 1
10/02 165 54 62 0 5
11/02 et 12/02 410 182 66 2 19
13/02 11 77 6 0 4
14/02 34 101 4 1 6
15/02 23 57 4 0 2
16/02 8 30 3 0 1
Total 951 781 256 12 60

Il faut y ajouter les entrées du centre de sauvegarde d'Audenge géré par la LPO Aquitaine : 264 entrées depuis le début de l'année.

Retrouvez tous les conseils en cas de découverte d'un oiseau vivant et les coordonnées de centres de sauvegarde.

Rappel : mobilisation le week-end du 22-23 février 2014...

Des week-ends de prospection ont été ou sont organisés les 15-16 et 22-23 février 2014.

Sur tout le littoral atlantique, les bénévoles et sympathisants LPO, en lien avec Bretagne Vivante pour leur secteur de compétence et avec le soutien de l'Agence des Aires Marines Protégées, dénombrent les oiseaux trouvés sur le littoral (en marquant les oiseaux morts d'une ficelle à la patte afin d'éviter les doubles comptages) et les coordinateurs départementaux établissent régulièrement des synthèses chaque semaine, permettant ainsi de réactualiser ce bilan national.

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