Il existe bel et bien un hérisson des villes et un hérisson des champs ! Connu de tous mais très discret, ce petit mammifère est présent surtout la nuit. De récentes études montrent qu’en ville, son comportement s’est adapté aux pratiques urbaines et humaines. Mieux le connaître pour mieux le protéger…

Hérisson d’Europe (Erinaceus europaeus) - Crédit photo : Nicole TissotHérisson d’Europe (Erinaceus europaeus) - Crédit photo : Nicole Tissot

Qui est-il ?

Espèce nocturne emblématique des jardins, le hérisson d’Europe Erinaceus europaeus s’invite aussi en ville. Habitué en temps normal aux lisières de bois, de haies, de buissons ou de jardins, le hérisson est considéré comme l’ami du jardinier en raison de son régime insectivore (limaces, escargots, coléoptères, etc.).

En ville, son comportement diffère et c’est surtout dans les parcs, les zones résidentielles et particulièrement au pied des immeubles que nous pouvons le rencontrer. En 2009, la ville de Nantes a lancé une étude sur le cheminement du hérisson d’Europe en collaboration avec l’Ecole Nationale Vétérinaire de Nantes. Les résultats ont montré qu’en ville, le hérisson d’Europe s’apparente à une espèce « parapluie », c’est-à-dire que sa simple présence garantit celle de nombreuses autres espèces (fouine, écureuil roux, …). Il représente ainsi un témoin essentiel de la biodiversité urbaine. De plus, en ville, pendant l’hiver, le hérisson hiverne moins longtemps pour plusieurs raisons :

  • Températures plus douces
  • Réserves de nourriture plus importantes
  • Pollution lumineuse perturbant son cycle biologique

Parallèlement, les résultats démontrent que certains hérissons abandonnent leur régime insectivore pour un régime omnivore, s’accommodent de restes de fromages. À Bordeaux (dont les parcs sont classés Refuge LPO depuis 2013), la commune a entrepris des études approfondies sur la biodiversité et notamment sur le hérisson ; les résultats ont montré qu’il pouvait même s’alimenter avec de la nourriture pour chiens et chats. En conclusion, le hérisson a la capacité d’adapter son comportement à celui de l’Homme, il concentre d’ailleurs son énergie à chercher sa nourriture pendant les heures crépusculaires, lorsque le trafic routier est moins dense.

Une espèce menacée

Cependant, le hérisson d’Europe est une espèce particulièrement menacée. Intégralement protégé depuis la loi de 1976 relative à la protection de la nature, il est interdit de le détruire, le capturer ou l’enlever, de le naturaliser qu’il soit vivant ou mort, de le transporter, de l’utiliser et de le commercialiser.

En effet, de nombreuses menaces pèsent sur l’espèce : pesticides, collisions routières, noyades (causées par des chutes dans les bassins d’ornement), prédations (chiens, chats, fouines, …). Si vous rencontrez un hérisson blessé, n’hésitez pas à le conduire dans un centre de sauvegarde (plus de d’info : https://www.lpo.fr/oiseaux-en-detresse/centres-de-sauvegarde ).

Protéger le hérisson en ville : les conseils de la LPO

Pour protéger le hérisson d’Europe, la LPO préconise plusieurs mesures :

  • Mise en place de trames vertes et bleues : chaque nuit, le hérisson peut parcourir jusqu’à 3 km, c’est pourquoi, il faut veiller à préserver des corridors écologiques, aménager les clôtures et murets qui compromettent ses déplacements et donc, sa recherche de nourriture. La réalisation d’inventaires réguliers permet de savoir si l’espèce peut librement circuler et plus généralement donner un indice de la biodiversité présente sur le site.
  • Mise en place d’abris à hérisson : ces gîtes constituent des lieux de repos pour le hérisson. Il existe des modèles spécifiquement adaptés dans le commerce. Sinon, vous pouvez confectionner des tas de bois de gros diamètre avec les tailles d’élagage et y intégrer un gîte à hérisson (3m3) par tas de bois (Fiche technique Refuges LPO « Le hérisson »).
  • Suppression des produits chimiques : l’ingestion de pesticides est mortelle pour le hérisson. Celui-ci consommant les limaces, chenilles et escargots, il fait office d’insecticide naturel. En favorisant l’accueil du hérisson dans un espace vert, il ne sera plus nécessaire d’utiliser ce type de produit.
    • En prévision de l’application de la loi Labbé en 2016 et 2022 (interdiction des produits phytosanitaires pour les collectivités et les particuliers), la LPO accompagne les collectivités et entreprises vers des solutions alternatives (fiche technique Refuges LPO « objectif zéro phyto »).
  • Sensibilisation des habitants pour l’accueil du hérisson d’Europe dans les jardins des particuliers : le hérisson évolue dans les zones résidentielles en passant de jardins en jardins. Il est donc essentiel de sensibiliser les habitants afin de réaliser aux endroits stratégiques, des passages dans les clôtures pour lui permettre de circuler librement. Dans ce but, n’hésitez pas à contacter la LPO pour mettre en place des ateliers ou des animations pédagogiques sur le hérisson, ou pour en savoir plus sur cette espèce.

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