Mieux comprendre le Goéland argenté, espèce protégée  quasi menacée, pour trouver des solutions face aux interactions croissantes avec les activités humaines.

Goéland argenté (Larus argentatus) - Crédit photo : Pierre-André Farque / LPOGoéland argenté (Larus argentatus) - Crédit photo : Pierre-André Farque / LPO

Oiseau marin emblématique de notre littoral, le Goéland argenté niche sur la majeure partie des départements littoraux de l’Atlantique et de la Manche avec des effectifs en chute régulière depuis la fin des années 1990. Aujourd’hui, on compte entre 53 et 56 000 couples (recensement 2009-2012, soit une baisse de 30% en 10 ans).

Des individus issus de populations différentes se succèdent sur nos côtes en période de reproduction, de migration et d’hivernage.

Déclins et interactions avec l’Homme

En conséquence de la réduction de son habitat naturel, le goéland interagit de plus en plus avec les activités humaines. De nature opportuniste, il peut se nourrir sur de multiples sources de nourriture qui sont à sa portée, ce qui est le cas sur la façade atlantique. Ainsi il n’est pas rare d’observer des comportements opportunistes tel que la capture de poissons à la remontée des filets des chalutiers (soit directement soit par kléptoparasitisme[1]), l’exploitation des déchets situés dans les centres d’enfouissement avant que ceux-ci ne soient rendus inaccessibles ou l’alimentation opportuniste sur les déchets qu’ils trouvent dans les villes (accès aux poubelles mais aussi nourriture donnée directement par l’homme). Il est également commun de le voir s’installer sur des sites exploités par l’Homme telles que certaines infrastructures urbaines, industrielles ou encore des habitations (comme c’est le cas pour le Goéland leucophée en Méditerranée). On estime qu'un tiers de la population niche en ville.

Le dérangement, les salissures, les risques pour la sécurité humaine et les dégâts qui peuvent exister sur des exploitations aquacoles entrainent une multiplication des mesures de gestion à l’échelle nationale et locale. Des dérogations existent ainsi pour réduire les impacts. Appliquées au cas par cas, elles permettent de stériliser les œufs, d’effaroucher les individus par divers moyens voire de prélever ces oiseaux marins en suivant toutefois des procédures réglementaires précises.

Au vu de la baisse démographique que connaît cette espèce, une réflexion globale sur la gestion des goélands, prenant en compte la diversité des problématiques liées aux différentes espèces (Goélands argentés, bruns, marins et leucophées) doit permettre d’acquérir une vision précise de l’impact des mesures actuelles, de leur efficacité et de leur durabilité. Ceci dans le but de trouver des solutions viables sur le long terme, pour les Hommes et pour le maintien de ces populations d’oiseaux.

Collaboration et  réflexion sur les interactions avec la mytiliculture

Depuis 2014, la LPO travaille en partenariat avec le Comité Régional de la Conchyliculture de Poitou-Charentes (en Nouvelle Aquitaine dorénavant). Les mytiliculteurs de Boyardville en Charente-Maritime (17) ont sollicité le Centre Régional d’Expérimentation et d’Application Aquacole (CREAA) et la LPO pour mieux comprendre et réduire la déprédation[2] de leurs moules de bouchot par les goélands présents sur leurs exploitations. Chargée de réaliser un suivi de la fréquentation et du comportement des goélands sur les exploitations mytilicoles, la LPO a également testé des moyens d’effarouchement, en concertation avec la profession. Malgré des résultats mitigés sur les tests qui ont été réalisés jusqu’à ce jour, les suivis ont permis de mettre en avant que la zone de  bouchots de Boyard est principalement utilisée par les goélands comme zone de repos et de quiétude bien qu’ils profitent de la ressource alimentaire présente dans la zone pour s’y alimenter. De plus, a été constaté l’attractivité particulière de certaines pratiques mytilicoles (pose de jeunes moules de filières sur les bouchots et stockage de de jeunes moules sur cordes au milieu des bouchots avant leur pose sur les pieux). Une étude plus ciblée sur ces pratiques permettrait de travailler davantage avec les professionnels pour réduire l’attractivité des moules de bouchot et ainsi de limiter la présence des goélands sur zone.

Plus d’informations

Consultez l’article : Déprédation des moules de bouchot par les goélands

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[1] Parasitisme alimentaire ou kleptoparasitisme lorsqu'un animal vole couramment la nourriture d'un autre animal. Le kleptoparasitisme peut être intraspécifique (les goélands se volent entre eux) ou interspécifique (source Wikipedia).

[2] Se dit des dégâts causés à des propriétés, des biens, par quelqu'un, par des animaux.

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