L'énergie éolienne et la conservation de la nature
Alors que la consommation d'énergie ne cesse de croître, les énergies fossiles (80 % de la production mondiale d'énergie) s'amenuisent et auront certainement disparu d'ici un siècle. L'utilisation d'énergie fossile se traduit par une augmentation dans l'atmosphère du taux de dioxyde de carbone sans précédent dans notre histoire. Ce gaz est le principal responsable des changements climatiques, en accentuant l'effet de serre. Selon les experts, le pic de production de pétrole aurait déjà été atteint en 2000. Dès lors, le fossé entre l'offre et la demande ne cesse d'augmenter alors que de nombreux pays, comme la Chine et l'Inde, sont en plein développement.
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Selon l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), 12 259 espèces de faune et de flore sont aujourd'hui menacées d'extinction. Cette évaluation ne représente que la partie émergée de l'iceberg et reflète l'état de la diversité biologique. Une volonté politique est nécessaire pour endiguer cette perte de biodiversité. Les activités humaines sont la principale menace pour les espèces, mais l'homme peut aussi contribuer à leur maintien par le développement de politiques raisonnées.
Les changements climatiques fragilisent d'autant la biodiversité. La menace sur les milieux naturels terrestres et marins est sérieuse au nord comme au sud. L'échelle de temps très courte de ces changements rend difficile l'adaptation des systèmes biologiques. Il convient donc de prendre conscience de la valeur de l'énergie et des conséquences de son gaspillage afin de réduire notre consommation. Le développement des énergies renouvelables est devenu aujourd'hui une obligation vis à vis des générations futures.
L'énergie éolienne est au coeur d'une problématique très moderne : quelles énergies permettront à la fois de respecter la biodiversité et l'environnement en général et aux populations de vivre dans de bonnes conditions ? Il s'agit de mettre en oeuvre des solutions respectueuses de l'homme et de son environnement.
La LPO a choisi d'accompagner le développement de la filière éolienne
française dans le respect de la biodiversité et a donc développé un
référentiel technique national au service des acteurs privés
et publics.
Ce référentiel a plusieurs objectifs :
- développer la coopération internationale et recueillir de la bibliographie sur le sujet, notamment via nos partenaires de BirdLife International ;
- diffuser ce savoir aux acteurs privés et publics de l'éolien en France ;
- favoriser les bonnes pratiques (qualité des études d'impacts, réalisation de schémas régionaux, départementaux, locaux) ;
- coordonner les associations de protection de l'environnement sur ce thème ;
- assurer une veille scientifique sur les méthodologies de suivi ;
- coordonner une cellule d'observation nationale recensant les résultats du suivi des impacts des parcs éoliens sur l'avifaune ;
- assurer une veille juridique sur ce thème.
Les impacts
Les impacts des parcs éoliens sur la biodiversité touchent
principalement les oiseaux et les chauves-souris. Ils sont de trois types -
mortalité, dérangement, perte d'habitat - et varient
en fonction des espèces, des saisons, des milieux, de la taille des
parcs éoliens...
S'ils sont relativement faible par rapport à ceux d'autres
activités humaines (agriculture intensive, collision avec les vitres
d'immeubles allumés la nuit, avec les voitures ou les fils électriques,
prédation des chats domestiques, chasse...) ils constituent néanmoins
des risques supplémentaires qu'il convient de connaître
afin de pouvoir les réduire.
Mortalité
Ce thème est délicat à étudier car il requiert une forte présence sur le terrain pour minimiser les risques d'erreur. Des coefficients de correction sont appliqués (taux de prédation et taux de découverte de cadavres). Selon la configuration, l'emplacement des parcs et les méthodes utilisées, la mortalité (exprimée en nombre d'individus par éolienne et par an) varie de 0 à 40 pour les oiseaux et les chauves-souris.
Dérangement
Un parc éolien est susceptible de perturber le
fonctionnement d'un milieu et d'en diminuer l'attrait pour certaines espèces.
En hivernage, le dérangement lié au fonctionnement d'un
parc éolien semble plus important pour l'oie à bec court,
le canard siffleur, le pluvier doré et le vanneau huppé.
En période de nidification, à l'exception documentée
du vanneau huppé, du chevalier gambette et de la barge à queue
noire, de nombreuses espèces semblent pouvoir utiliser l'espace
proche des parcs éolien pour nicher. Aucune étude n'a
pour le moment permis de savoir si le taux de reproduction est affecté par
la présence d'un parc éolien.
Lors de la migration, la présence d‘éoliennes sur une
voie migratoire entraîne généralement des réactions
d'évitement, augmentant d'autant la difficulté du
périple.
Perte d'habitat
Les oiseaux des milieux ouverts évitent d'approcher les parcs éoliens. Cette distance d'évitement augmente avec la taille du parc. Un dérangement répété et intense peut conduire à une perte durable d'habitat. Pour certaines espèces, la présence de nombreuses éoliennes entraîne une désertion totale de la zone, comme c'est le cas pour le vanneau huppé sur un site allemand.
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Au regard de ces impacts vérifiés et de ceux pressentis, il convient de privilégier les réflexions territoriale afin d'assurer la cohabitation entre oiseaux et éoliennes. Ces exercices de planifications devront permettre d'anticiper les impacts cumulatifs de parcs éoliens sur un même secteur. Les zones reconnues pour la richesse des milieux et des espèces qu'ils accueillent sont à éviter, notamment les Zones de protection spéciale (directive européenne sur la conservation des oiseaux 79/409) et les zones spéciales de conservation proposées pour la sauvegarde des chauves-souris.





