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Dimanche 30 août 2009

La LPO dénonce le braconnage du Bruant ortolan


Opération Ortolan 2009

Dans les Landes, Allain BOUGRAIN DUBOURG, président de la LPO, les membres de la LPO Aquitaine et de la SEPANSO Landes ont visité ce dimanche matin 30 août de nombreuses installations illégales de capture de Bruant ortolan, espèce protégée. Ils ont procédé à la libération de plusieurs dizaines d‘oiseaux prisonniers des « matoles » et ont neutralisé plus de 200 pièges.

Il faut savoir que le Bruant ortolan est une espèce nicheuse en déclin dans tous les pays d’Europe (Belgique, Pays-Bas, France, Italie, Allemagne, Autriche…) sauf en Pologne, Bulgarie et pays baltes.

Les prélèvements effectués en France par cages pièges, appelées localement matoles, et pratiqués dans les Landes de la mi-août à fin septembre, sont de 30.000 voire 50.000 oiseaux selon les années, soit l’équivalent des populations nicheuses du Benelux, de l’Allemagne, du Danemark, de la Tchéquie, de l’Autriche et de la Slovaquie réunies, d’où sa protection officielle par arrêté ministériel du 5 mars 1999.

Voilà maintenant 4 ans que la LPO s’investie sur le terrain pour dénoncer la situation de tolérance établie entre l’administration et les braconniers sans résultat concret. Malgré les promesses faites par le Ministère de l’Ecologie pour mettre un terme à cette situation, seuls huit procès verbaux ont été dressés l’année dernière alors que le nombre de braconniers est évalué à plus de 1200. Aujourd’hui, les équipes de la LPO constatent que la situation reste inchangée.

A la veille de l’année mondiale pour la biodiversité, la LPO demande que l’Etat assure fermement son rôle de lutte anti braconnage, en espérant que le dossier ortolan ne traînera pas en longueur comme celui des tourterelles du Médoc (l’Etat a fermé les yeux sur ce braconnage pendant plus de 20 ans…)

Allain Bougrain-Dubourg

Allain Bougrain Dubourg
Président de la LPO

Contacts Documents

Patrick LADIESSE
Attachée de presse LPO

06 34 12 50 69

CP version PDF

Braconnage organisé et toléré

Pour la petite histoire, le bruant ortolan ne bénéficiait d’aucun statut réglementaire de protection avant 1999. L’Etat français avait "oublié" de le classer parmi les espèces d’oiseaux protégées... Pourquoi ? Une "tradition" a encore cours dans les Landes et le nord des Pyrénées-Atlantiques, qui consiste à capturer ces oiseaux au moment de leur migration d’automne puis à les manger.

Les pièges, appelés "tenderies" ou "matoles", disposent de 5 à 10 appelants (bruants ortolans vivants, maintenus dans de petites cages, et dont les cris d’appel attirent les individus sauvages). Les oiseaux capturés sont mis en cage et engraissés à l’extrême.

Ce braconnage choquant est pratiqué de nos jours par au moins 1 200 braconniers, qui placent leurs oiseaux à engraisser chez des engraisseurs spécialisés. Les oiseaux sont ensuite vendus à de grands restaurateurs, à Paris comme à New York. Ce braconnage est lucratif : la valeur marchande clandestine d’un ortolan est de 100 à 150 euros, et l’appât du gain est ici un argument bien plus déterminant qu’une simple "tradition" obsolète.