Lundi 27 juillet 2009
Le busard cendré, un rapace encore victime d’actes barbares.
Tandis que des centaines de bénévoles et d’agriculteurs se mobilisent, chaque année, partout en France pour permettre à de jeunes busards cendrés de prendre leur envol, en Franche-Comté quelques individus détruisent intentionnellement des nichées. La LPO et le centre Athénas dénoncent ces actes lâches et scandaleux qui mettent en péril la reproduction de cette espèce menacée.
Face à la dégradation de leurs habitats d’origine (friches, landes, marais), les busards cendrés ont progressivement colonisé les cultures où ils nichent à même le sol, mettant les petits à la merci des engins agricoles lors des moissons. L’action conjointe des naturalistes et des agriculteurs est donc indispensable pour sauvegarder l’espèce.
Les protecteurs bénévoles localisent les nids dans les champs, informent leurs propriétaires et mettent en œuvre, avec l’accord de ces derniers, des actions de protection appropriées. Un travail colossal (pour 2008, ces démarches ont mobilisé 526 surveillants et ont représenté pas moins de 6657 journées de travail) impossible sans une étroite et systématique collaboration entre naturalistes et agriculteurs.
Toutefois, alors que cette coopération entre agriculteurs, bénévoles et la LPO se passe très bien dans de nombreuses régions de France, des actes barbares perpétrés par une minorité d’individus malintentionnés, notamment en Franche-Comté, ruinent un travail indispensable de suivi et de sauvegarde des busards cendrés, espèce rare et menacée en France (environ 5 000 couples nicheurs en France, soit 50 % de la population mondiale, en diminution chaque année).
En effet, dans le Doubs, le 15 juillet dernier, au mépris du travail des naturalistes, des scientifiques et de la propriété privée agricole, des individus ont sauvagement piétiné les récoltes et écrasé à coups de pied quatre poussins âgés d’à peine 20 jours et possédant un marquage alaire dans le cadre d’un plan d’étude national mené par le CNRS.
Depuis le début de l’année ce n’est pas moins de 8 petits qui ont été volontairement détruits soit environ 25% de l’effectif de cette région où l’espèce est déjà en forte régression
Ces destructions volontaires, heureusement rares et localisées, sont unanimement condamnées par les agriculteurs, les naturalistes et les habitants des communes.
La LPO et le centre de soins Athénas, dénoncent ces actes lâches et scandaleux et portent plainte auprès du Procureur du TGI de Dôle pour qu'une enquête soit initiée visant à retrouver les auteurs.
Allain Bougrain Dubourg
Président de la LPO
| Contacts | Documents |
|---|---|
Patrick LADIESSE |
CP version PDF |
Le busard cendré : un rapace migrateur emblématique des plaines agricoles
Identification
Plus grand que le faucon crécerelle mais plus petit que la buse variable, il est le plus petit des trois espèces de busards d’Europe occidentale. Il se caractérise par son plumage gris, sa silhouette fine, légère et élégante. Son envergure peut varier de 97 à 115 cm, sa longueur de 40 à 42 cm et son poids de 295 à 345 g.
Répartition
En France, quelques centaines de couples sont présents en Poitou-Charentes, Champagne-Ardenne, Lorraine, Rhône-Alpes et dans une zone allant du Massif-Central au Roussillon On trouve également de petites populations dans le Nord, le Nord-Pas-de-Calais, la Somme, l'Oise, la Manche et la Corse.
Migration
La population européenne de busard cendré hiverne en Afrique et la population asiatique, qui se situe depuis la mer Caspienne jusqu'à l'Ouest de la Sibérie, le Kazakhstan et l'Asie centrale, hiverne dans la péninsule indienne.
Statuts
Le busard cendré figure en annexe I de la Directive « Oiseaux » (n°79/409 du 6 avril 1979) et en annexe II de la Convention de Berne. En tant qu’espèce migratrice, la Convention de Bonn (82/461/CEE du Conseil, du 24 juin 1982) lui accorde un statut de protection à l'échelle mondiale. Il est également protégé par la CITES (Convention sur le Commerce International des Espèces).
Alimentation
Le busard cendré se nourrit de rongeurs et d’insectes, et occasionnellement de petits oiseaux, de batraciens et de reptiles... Il permet de limiter les populations de criquets au sud du Sahara et de campagnol des champs sur notre territoire.
Il est injustement accusé de manger des cailles et donc de faire concurrence aux chasseurs alors que son régime alimentaire est essentiellement composé de petits rongeurs.
Reproduction
Dans nos régions, la ponte, qui compte 3 à 5 œufs, a généralement lieu de la mi-mai à la mi-juin. Les poussins peuvent voler sur de courtes distances dès 30 jours.
Plus d’informations: http://busards.lpo.fr/index.html
La surveillance des busards
L’intervention des surveillants est particulièrement complexe. Comme les busards ne construisent pas de nid et qu’ils changent chaque année de site, il faut prospecter et observer durant de longues heures avant de repérer leur lieu de nidification. Il faut ensuite contacter l’agriculteur concerné et le sensibiliser à leur protection. Pour rendre possible les actions de protection, il faut obtenir, au minimum, l’autorisation de pénétrer dans le champ. Mais la coopération peut être plus étroite : les surveillants obtiennent parfois le maintien d’un périmètre non fauché autour du nid et l’autorisation de poser un grillage pour empêcher la prédation.
La LPO recherche chaque année des bénévoles « busards » de début mai à fin juillet, dans un grand nombre de départements en France. La surveillance est un travail difficile, nécessitant une forte motivation et une importante disponibilité.
L’année prochaine, si vous souhaitez participer à la protection des busards, rejoignez-nous :
LPO Mission Rapaces, Tél : 01 53 58 58 38 ; Fax : 01 53 58 58 39






