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Questions-Réponses et recommandations.

Mise à jour le 15 juillet 2008

Face au risque de grippe aviaire et aux conséquences possibles sur la santé humaine (pandémie), la LPO a mis en place une cellule de crise.

Afin d’informer au mieux nos adhérents et le public par le biais de notre site Internet, nous avions retenu, jusqu’alors le principe d’actualiser en permanence une liste de questions-réponses à partir des principales interrogations qui nous sont parvenues.
Voici les informations et recommandations de la liste de questions-réponses les plus usitées car elles dispensent des conseils et avertissements toujours de rigueur.

Nous vous invitons à nous faire part de vos interrogations en écrivant à:  conseils@lpo.fr

Le questionnaire

LES RECOMMANDATIONS

LA GRIPPE AVIAIRE ET LES OISEAUX

LA GRIPPE AVIAIRE ET L’HOMME


Les recommandations

En cas de rencontre avec les oiseaux.

Que faire si je trouve un oiseau mort ?

Par précaution, ne pas le toucher et le laisser sur place. Vous pouvez prévenir un agent de l’Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage (ONCFS) ou la Direction des Services Vétérinaires (DDSV) de votre département. La situation est dite «anormale» et «inexpliquée» dès lors que plus de cinq oiseaux sont retrouvés morts dans un même lieu.
Précisons, à ce titre, que le Ministère de l’Agriculture et de la Pêche rappelle les principes de précaution à prendre en cas de découverte d’un oiseau mort.
En toute circonstance, toute personne qui voit ou trouve un oiseau mort, ne doit pas y toucher.
Elle doit en informer, en précisant le lieu et, si possible, l'espèce :

Vous trouverez les coordonnées de vos différents contacts des DDSV ou de l ’ONCFS.

Toutefois, il est nécessaire de préciser que la fin de l’hiver marque, pour l’avifaune sauvage, le terme d’une période éprouvante durant laquelle les oiseaux sédentaires et hivernants doivent faire face à la rigueur des conditions climatiques et de manière générale à un manque notable de leurs ressources alimentaires. Ces populations d’oiseaux, à cette période de l’année, sont donc dans des conditions de faiblesse importante et nous pouvons constater, à ce titre, chaque année, des cas de mortalité de représentants des différentes familles d’oiseaux, sans toutefois que cette mortalité soit liée à l’Influenza aviaire.
Ainsi, par exemple, avec le manque de nourriture en fin d’hiver, certains rapaces comme les buses, dont le poids normal moyen est d’environ 800 g, peuvent être observés dans un état de faiblesse important, avec un poids inférieur à 500 g, dont l’issue peut conduire à la mort. De même, nous constatons des cas de mortalité traumatique des oiseaux suite aux conditions aérologiques difficiles, au manque de nourriture qui ne permettent pas aux oiseaux d’être dans des conditions optimales de vol et favorisent l’augmentation des risques de collision avec des obstacles.
En hiver, avec l’augmentation, des cas d’anémie chez les oiseaux sauvages, nous assistons également à différentes pathologies tels que les infestations d’endoparasites et d’ectoparasites qui conduisent également à la mort des plus faibles.

Que faire si je trouve un oiseau blessé ?

Afin de s'assurer des possibilités de collecte de l'oiseau, des consignes d'hygiène et de l'ouverture du centre de sauvegarde le plus proche, il est conseillé de prendre contact avec votre délégation LPO la plus proche ou directement avec l'ONCFS de votre département.
Dans tous les cas, merci de nous signaler : vos coordonnées, l'espèce (si vous la connaissez), le lieu de découverte (jardin, cheminée, route, plage...), la commune, la date (l'heure) et l'état de l'oiseau (blessé, mazouté, affaibli).

Le nourrissage des pigeons sur mon balcon est-il autorisé?

Attention, le nourrissage des pigeons en ville n’est pas toujours autorisé. Il ne s’agit pas là de mesures de précaution vis-à-vis de la grippe aviaire. Pour des raisons sanitaires, des arrêtés municipaux interdisent le nourrissage des pigeons en ville. Ces derniers, notamment en ville en situation de surpopulation, peuvent être porteurs de Chlamydia et transmettre l'ornithose (maladie pulmonaire du même genre que la psittacose transmise par les oiseaux de cage).

Le Maire de ma commune peut-il m’interdire le nourrissage des oiseaux sauvages ou bien prendre des mesures à leur encontre ?

Le Maire, dans le cadre de ses pouvoirs de police, est compétent pour prendre des mesures visant au maintien de la salubrité publique sur sa commune. Le Préfet assure l’autorité de police du département, il est donc compétent en matière de salubrité de la même manière.
Les mesures de police municipale doivent être justifiées par des circonstances locales, sinon il appartient au Préfet ou à l’Etat de légiférer.

Concernant le nourrissage :

Concernant les mesures prisent à l’encontre des oiseaux :
Rien n’autorise, ni ne justifie la destruction arbitraire et l’élimination des nids d’oiseaux et de leurs occupants. Rappelons, à ce titre que les hirondelles qui profitent des constructions humaines pour y construire leurs nids et y élever leurs jeunes sont intégralement protégées par la loi de 1976 sur la protection de la nature. En conséquence sont interdits sur tout le territoire national et en tout temps la destruction ou l’enlèvement de leurs œufs et de leurs nids, leur destruction, leur mutilation, leur capture ou leur enlèvement, leur naturalisation qu’elles soient vivantes ou mortes, leur transport leur colportage, leur utilisation, leur mise en vente, leur vente ou achat. Les contrevenants s’exposent donc à des poursuites en justice.
Alors ne cédons pas à la panique et gardons à l’esprit que notre meilleur allié c’est, sans aucun doute, la nature…
La LPO ne peut que regretter, depuis l’apparition de foyers aviaires en Europe, la recrudescence d’actes de malveillance et illégaux à l’attention des oiseaux sauvages et de la préservation de notre patrimoine naturel qui, rappelons le, constitue, sans aucun doute l’assurance vie de l’humanité. L’agitation médiatique du moment et le traitement de l’information du sujet ne sont pas à dissocier complètement de ces réactions…

Quelles seraient les conséquences si des animaux (chats domestiques, rapaces…) chassaient et ingèraient un oiseau infecté ?

Si ces mammifères sont en contact avec des matières contaminées par des particules virales pathogènes, il n'est alors pas exclu qu'ils contractent la maladie. Des cas d'infestation chez des mammifères ont déjà été documentés sans toutefois que nous ayons l'assurance que ces derniers animaux soient des vecteurs potentiels. C’est ainsi, que nous avons pu découvrir ces derniers mois des mammifères (chats en Allemagne…) infectés par le virus H5N1. Attention, ces animaux ont été infectés dans un contexte très particulier. Ils vivaient sur l’Île de Rügen, au nord-est de l’Allemagne, qui a déploré de nombreux cas de mortalité sur les oiseaux. A cette période de l’année Rügen est sous la neige et le gel et afin de limiter les risques de dérangement et donc de dispersion des oiseaux hivernants, tous les cadavres d’oiseaux morts n’ont pas été collectés. C’est ainsi que certains mammifères ont été contaminés au contact de ces oiseaux morts et infectés par le virus Influenza aviaire. Sur l’Île de Rügen subsistait alors un réservoir viral lié à ces cadavres. Ce réservoir constituait une source importante de contamination. Les mammifères infectés ont été alors exposés à de fortes charges virales. En d’autres termes, dans des conditions normales vos animaux de compagnie (chat, chien, …) ne représentent absolument aucun danger pour la santé humaine et ils restent vos plus fidèles compagnons… Sur les zones d’épizootie, il est recommandé de respecter les règles élémentaires de précaution en maintenant, par exemple, son animal en laisse.

Quels sont les oiseaux sauvages les plus touchés ?

Les canards, oies et cygnes sauvages constituent le réservoir naturel des virus de la grippe aviaire. Ces oiseaux sont aussi les plus résistants à l’infection. A l’heure actuelle, ces derniers oiseaux restent les plus exposés dans la chaîne des contaminations car ils fréquentent des surfaces aquatiques pouvant être, par exemple, souillées par des animaux domestiques.

Peut-on continuer à observer les oiseaux sur les sites de migration ?

Oui. Il n’y a pas de risque particulier de contamination. A ce titre, il est utile de rappeler les cas constatés, dans le monde, de contamination de l’homme par les oiseaux. Il apparaît que les différents cas de transfert du virus vers l’homme ont été possible suite à un contact permanent des personnes affectées avec des oiseaux domestiques et ceci dans des conditions particulières :

Ce schéma est complété par des conditions d’élevages intensifs où ne subsistent pas de mesures sanitaires adéquates et de précaution. Ainsi l’histoire nous apprend que les pandémies de grippe prennent souvent naissance en Extrême-Orient où les populations très denses vivent en contact étroit avec les animaux domestiques.

Peut-on continuer à programmer des animations pour les jeunes sur la découverte de la nature ?

Rien ne justifie la suspension et l’arrêt des animations de découverte de la nature. En respectant les précautions élémentaires présentées dans ce questionnaire vous pouvez poursuivre vos activités de découverte de la nature (observation, atelier,…).
Cependant une note du Ministère de l’Education allait bien plus loin que les recommandations des autorités sanitaires ; cette note précisait «...et d’éviter toute activité externe aux établissements scolaires de nature à mettre les élèves en contact direct avec des oiseaux sauvages». La LPO désapprouve cette note. Elle a pris contact avec le ministre de l’Education Nationale afin de souligner que l’ensemble des activités d’éducation à la nature est sans risque pour le public car elles n’occasionnent pas de contact direct avec les oiseaux sauvages.
Le 10 mars 2006, Madame Nelly Olin, Ministre de l’Ecologie et du Développement durable s’engageait publiquement à faire modifier ce texte. A ce jour, il est resté en l’état...

Les périodes de chasse aux oiseaux migrateurs vont-elles être prolongées ?

Il n’y a aucune raison pour que ces périodes de chasse soient prolongées. Mais, avec l’arrivée d’un premier foyer de grippe aviaire dans une région, l’arrêt temporaire ou total, de la chasse aux oiseaux sauvages est indispensable pour réduire les risques de dispersion virale.

Qu'en est-il des hirondelles ?

Les hirondelles sont des oiseaux migrateurs qui doivent accomplir de longues distances entre leurs aires d’hivernage et de reproduction. Lors de la migration prénuptiale, elles arrivent épuisées sur nos côtes et prennent ensuite le chemin de nos villes et de nos villages. Elles rejoignent alors leurs nids qu’elles occupées l’année passé pour y entreprendre la nidification.

Les hirondelles comme la plupart des passereaux insectivores semblent très peu exposées au risque de contamination par le virus H5N1. Ces différents oiseaux par les milieux qu’ils fréquentent sont peu exposés aux matières contaminantes. Rappelons également, malgré les différentes analyses en Afrique, qu’on ne constate aucun cas de contamination d’oiseaux sauvages sur les zones d’hivernage africaines.

De plus, cette maladie spécifique aux oiseaux ne peut contaminer les humains que dans des situations exceptionnelles de contacts rapprochés et de total manque d’hygiène.

L’apparition des foyers en Europe conduira t-elle à un risque de pandémie ?

Il est important de rappeler que les cas de contaminations humaines ont nécessité des contacts étroits avec des volailles infectées (manipulation, abattage, plumage…) et à de fortes concentrations virales mais également, que le virus aviaire H5N1 est hautement pathogène et acquiert cette virulence exclusivement chez les volailles dans des conditions d’hygiène et de salubrité qui ne correspondent pas à ce que nous pouvons rencontrer en Europe de l’ouest.
De plus, l’histoire nous l'a démontré, il s’avère, que les pays les plus défavorisés ne disposent pas des moyens logistiques, mais également d’un cadre législatif vétérinaire et des structures administratives et financières appropriées pour lutter contre cette maladie. C’est ainsi, qu’au Vietnam le virus est, désormais, présent sur la quasi-totalité du territoire après avoir surmonté les campagnes de lutte et malgré l’abattage de millions d’oiseaux.
Cette crise confirme la persistance d’inégalités entre le Nord et le Sud en matière d’accès à la ressource, des droits de l’homme et des droits à la santé et aux soins. En effet, il suffit pour s’en persuader de constater que certains pays développés comme la Corée du Sud (en 2003), le Japon (en 2004), et la Malaisie (en 2004), étaient parvenus, en quelques mois, à contrôler le virus dès son apparition dans les élevages et à l’éradiquer. En outre, depuis l’émergence de foyers d’épizootie dans ces régions du monde, ces pays, en dehors de la Malaisie qui vient de déclarer un nouveau foyer, sont indemnes au regard du H5N1. Nous pouvons également constater que d’autres parviennent, en l’instant, à combattre les premières incursions de ce virus (Kazakhstan, Croatie,…). Aussi, gageons que l’Europe parviendra à éliminer rapidement ce virus H5N1.

Quelles sont les mesures prises par la France pour lutter contre cette épizootie ?

Pour les dernières mesures adoptées par le gouvernement veuillez consulter la question de « Quelles sont les mesures sanitaires prises en France suite à la survenue d’un cas de virus influenza aviaire en France ? ».

Qu’entend-on par porteur sain ?

Les oiseaux migrateurs peuvent être porteurs sains du virus, c'est-à-dire qu’ils n’ont aucun symptôme. A l’heure actuelle, aucun cas de contamination depuis des oiseaux sauvages vivants  à l’état de liberté porteurs sains de virus hautement pathogène (H5N1 HPAI) n'a été décrit.

Est-ce que 100% des oiseaux contaminés vont mourir ?

Non. Selon la FAO (organisation des Nations Unis pour l’Alimentation et l’Agriculture), il n’existe aucun virus qui tue 100% des animaux qu’il infecte. Dans le cas du H5N1, il est reconnu qu’il peut y avoir des canards et des poulets porteurs sains. Il ne peut en être autrement également sur les oiseaux sauvages.

Votre alimentation

Peut-on continuer à manger du poulet ou des œufs ?

La consommation de viande de poulets, canards et autres volailles (ainsi que leurs œufs) ne présente aucun risque, à condition que ces produits aient été cuits à 60°C ou plus. La cuisson élimine le virus à partir de 60°C. La France a par ailleurs décidé la mise en place d’un label «volaille française» pour rassurer les consommateurs.

Si je mange par erreur de la viande de volaille ou des œufs infectés crus ou mal cuits (inférieur à 60°C), quels sont les risques ? 

Selon l’Agence Française de Sécurité Sanitaire des Aliments (AFSSA), le risque de contamination de l’homme par ingestion de viandes infectées est considéré comme faible voire négligeable. Dans l’hypothèse d’une ingestion de viande de volaille ou d’œuf contaminés et crus, le virus serait détruit par l’acidité du liquide gastrique. Dans les zones infectées, mieux vaut consommer les volailles et les œufs bien cuits. Rappelons que l’infectiosité du virus H5N1 est détruite très rapidement à des températures supérieures ou égales à 60°C.

Votre santé

Quelles précautions doit-on prendre chez soi ?

Respecter les précautions élémentaires habituelles et de bons sens ainsi que les recommandations mises en relief dans ce questionnaire et sur les sites Internet du Ministère de l’Agriculture et de la Santé.

Faut il se faire vacciner ?

Le vaccin contre la grippe humaine saisonnière qui est élaboré chaque année, ne protège pas contre le virus de la grippe aviaire.
Le risque d’une co-infection à la fois par le virus de la grippe humaine saisonnière et par le virus d’Influenza aviaire hautement pathogène H5N1 est très faible en Europe. La vaccination contre la grippe saisonnière minimise le risque de co-infection et, a fortiori, le risque de réassortiment entre ces deux virus.
La Direction Générale de la Santé préconise la vaccination contre la grippe saisonnière pour les catégories de populations les plus exposées dans les zones d’épizooties identifiées, et ceci exclusivement, lors des périodes de circulation du virus grippal saisonnier. De plus, les autorités sanitaires n’excluent pas le recours à un traitement chimio-prophylaxique (antiviraux antineuraminidase) pour les personnes les plus exposées au virus H5N1 hautement pathogène.

Quelles sont les mesures sanitaires prises suite à la survenue d'un cas de virus influenza aviaire en France ?

Nous vous invitons à consulter le document du Ministère de la Santé "Préparation à une pandémie grippale"

Alors que le virus H5N1 de la grippe aviaire poursuit sa progression autour du globe, le gouvernement français a présenté des mesures de renforcement du plan gouvernemental de lutte contre une pandémie grippale (datant de 2004).

Ces mesures comprennent :

Suite à l’apparition de l’influenza aviaire H5N1 dans le département de l’Ain et des Bouches-du-rhône, ces dispositions ont été renforcées, sur recommandation de l’Agence Française de Sécurité Sanitaire et des Aliments :

  1. de limiter l’attractivité des parcours des élevages de plein air pour les oiseaux sauvages, et ceci par la suppression, dans les élevages, des mangeoires et des abreuvoirs placés à l’extérieur. Ces points de ravitaillement doivent être placés à l’intérieur des bâtiments. Dans les cas de l’impossibilité technique de placer ces points de ravitaillement à l’intérieur des bâtiments, l’AFSSA recommande :
    de ne pas distribuer d’aliments au sol,
    de faire usage de trémies notamment pour les gibiers (faisans, perdrix, colverts) et les oies,
    de n’ouvrir les trémies qu’uniquement pendant les heures des repas, pour les palmipèdes prêts à gaver,
    de disposer d’aires de nourrissage grillagées protégeant les trémies et les abreuvoirs sur les parcours d’élevage.
  2. l’exclusion des parcours d’élevage aux abords des mares afin d’interdire l’accès des animaux d’élevage à ces surfaces aquatiques.
  3. de limiter les possibilités de contact entre les oiseaux domestiques et sauvages par :
    la construction, si possible, de clôture autour des parcours de volatiles domestiques afin de limiter les risques de divagation des volailles,
    la mise en place de filets, tout en précisant qu’il est nécessaire d’évaluer l’efficacité de ces mesures pour les élevages de plein air, notamment de canards.

L’AFSSA ne recommande pas l’utilisation de méthodes d’effarouchement des oiseaux sauvages.

  1. d’interdire l’introduction d’oiseaux sauvages par la mise en place de grillages aux entrées et aux sorties d’air dans les bâtiments,
  2. de protéger et/ou de stocker hors de portée des risques de souillures par des fientes les intrants issus de l’extérieur tels que la paille et les aliments,
  3. de respecter les bonnes pratiques sanitaires habituelles de biosécurité (notamment respect du sas d’entrée par le personnel, port de tenues et de chaussures spécifiques, nettoyage et désinfection de tout matériel introduit dans le bâtiment, exclusion de toute entrée de personnes non indispensables à la tenue de l’élevage),
  4. d'interdire l'utilisation des eaux de surface pour le nettoyage des bâtiments et pour l'abreuvement des volailles.

La grippe aviaire et les oiseaux

La transmission du virus.

Qu’est ce que la grippe ?

La grippe est une affection provoquée par un virus. Les virus de la grippe sont définis par 2 protéines: l’hémagglutinine (H), qui comporte 15 types, et la neuraminidase (N) qui se décline en 9 types, de N1 à N9.

Qu’est ce qu’un virus ?

"Virus : Micro-organisme infectieux à structure bien définie, parasite absolu des cellules vivantes, possédant un seul type d’acide nucléique et se reproduisant à partir de son seul matériel génétique". Définition du Petit Robert.

Qu’est ce que la grippe aviaire ?

La grippe aviaire est surtout une épidémie animale qui touche presque toutes les familles d’oiseaux. Les oiseaux peuvent être infectés par n’importe quelle combinaison H et N. L’homme ne peut être infecté que par quelques-unes des combinaisons, dont la H5N1 HP. Les oiseaux sauvages peuvent être porteurs de formes bénignes, sans être malades, tandis que le même virus peut muter pour devenir très contagieux et mortel chez les volailles, et de façon très exceptionnelle chez l'homme.

Pourquoi dit-on grippe « aviaire » ?

Parce qu’elle ne concerne pour l’instant que les volailles et plus exceptionnellement les oiseaux sauvages. «Aviaire» est un adjectif se rapportant uniquement aux oiseaux.

Quelle différence y-a-t-il entre «grippe aviaire», «grippe du poulet» et «virus influenza aviaire» ?

Aucune, sinon que l'Influenza aviaire hautement pathogène ou peste aviaire se caractérise par son caractère contagieux qui se manifeste essentiellement dans les élevages de volailles. Le vocable Influenza aviaire est employé par les virologues et les vétérinaires et compte tenu de son caractère pathogène, elle est également désignée de « peste aviaire ». La peste aviaire ne doit, toutefois, pas être confondue avec la « pseudo peste aviaire », qui correspond à la maladie de Newcastle.

Qu’est- ce qu’une épizootie de grippe aviaire ?

On parle d’épizootie de grippe aviaire lorsque la maladie affecte brutalement un grand nombre d’animaux à la fois dans une région donnée.

De quel virus s’agit-il à l’heure actuelle ?

Il s’agit du virus H5N1 hautement pathogène HPAI, qui est extrêmement virulent pour les volailles.
Le pouvoir pathogène des Influenza est variable, des souches faiblement pathogènes, moyennement pathogènes et fortement pathogènes sont classiquement décrites. L'hémagglutinine virale « H » constitue un élément important de la pathogénicité de la souche. Les souches faiblement pathogènes peuvent se répliquer dans un nombre limité de tissus ou de cellules. Les souches hautement pathogènes possèdent une séquence multibasique permettant un clivage aisé par de nombreuses cellules lui assurant une diffusion rapide et importante au niveau de l'organisme.
Toutes les hémagglutinines H5 ne sont, donc, pas pathogènes.
C’est ainsi que le 31 octobre 2005, les autorités canadiennes par voie de presse déclaraient l’existence de virus de type H5 chez des oiseaux sauvages au Québec et au Manitoba. Les mesures d’épidémiosurveillance avaient permis de mettre en relief ce virus chez des oiseaux sauvages. Ces cas ont été décelés suite aux prélèvements de 782 échantillons sur des oiseaux sauvages dans trois régions, l'île Verte, Nicolet et le lac St Pierre. 28 oiseaux ont révélé, en première analyse, la présence du virus de l'influenza aviaire de type H5. Relativisons, car la présence d'un virus de sous type H5, commun chez les oiseaux, ne signifie pas forcément qu’il s’agit d’une souche pathogène et contagieuse. Effectivement après un examen, il s’est avéré que le virus en question n’avait aucun lien avec la souche mortelle H5N1 qui sévit en particulier en Asie. Attention, donc, aux effets d’annonce !!!

Qui est touché par la grippe aviaire ?

La grippe aviaire est une affection qui touche PRINCIPALEMENT les volailles.
L’acquisition du caractère hautement pathogène est essentiellement constatée dans les élevages avec un schéma classique :

Il important de préciser que les différents virus grippaux aviaires circulent à l’état naturel, de façon le plus souvent inapparente, surtout chez les oiseaux aquatiques. Toutes ces manifestations virales peuvent causer des infections cliniquement exprimées ou non chez les oiseaux d’ornement et les volailles.
L’homme ne peut être infecté que par quelques-unes des combinaisons, dont la H5N1, mais dans des conditions très particulières.

La grippe aviaire est-elle contagieuse au niveau de la faune ?

La grippe aviaire est fortement contagieuse chez les poulets et les dindes et pour les espèces sauvages (canards, oies et cygnes). Elle est susceptible d’entraîner une mortalité élevée pour ces espèces.

Après l’apparition de foyers d’Influenza aviaire H5N1 en Hongrie et en Angleterre nous déplorons des incitations de destruction de nids d’hirondelles. Un vétérinaire, d’une Direction Départementale des Services Vétérinaires (DDSV), aurait préconisé l’interdiction des bâtiments d’élevage aux hirondelles… Est ce une mesure nationale ? réglementaire ou légale ? Peut-on s'opposer à une telle chose?

C'est avec stupéfaction que la LPO a pris connaissance de cette initiative qui encore une fois est arbitraire… Il s'agit bien là d'une initiative, car d'une part le statut de protection intégrale des hirondelles reste inchangé. La destruction des hirondelles ainsi que leurs nids est formellement interdite et constitutive d’un délit puni de 9 000 € d’amende et 6 mois de prison.
D’autre part, en Europe, le virus H5N1 n'a été détecté à ce jour qu’en Hongrie dans un élevage d’oies et en Grande-Bretagne dans un élevage de dindes. Rappelons que depuis l’été dernier, aucun cas n’avait été signalé, alors que des foyers de grippe aviaire avaient été confirmés en Asie (Thaïlande, Vietnam et Japon) ainsi qu’en Afrique de l’Est (Egypte). La France est donc à ce jour indemne au regard du virus H5N1. Il faut se rappeler que le dispositif national de lutte contre une pandémie grippale reprend différentes phases et niveaux d’alerte définis par l’OMS dans son plan de lutte contre une pandémie grippale. Le premier niveau d’alerte (Niveau 0a) est mobilisé dans le cas d’une épizootie d’origine grippale (dans l’hypothèse d’une souche virale hautement pathogène au sens de la directive 92/40/CEE) située hors de France. A ce stade aucune mesure spécifique n’est requise en dehors de celles relevant de la surveillance vétérinaire internationale. Il revient juste au ministère de l’Agriculture de prendre ou de proposer, en lien avec les autres ministères concernés, les mesures utiles pour prévenir toute introduction de l’épizootie en France (mesures d’encadrement des importations, renforcement des contrôles vétérinaires et douaniers…).

Par ailleurs , la seule préconisation de bon sens correspond dans une moindre mesure à limiter les contacts entre l’avifaune sauvage et les volailles domestiques par entre autre le confinement des volailles. L’interdiction d’accès des élevages aux oiseaux sauvages concerne exclusivement les poulaillers et bâtiments des exploitations avicoles mais absolument pas les bergeries, les étables, les écuries ou encore les porcheries.
En conséquence ce type de préconisation ne correspond à rien de ce que nous savons du risque et rien ne permet aujourd'hui de suggérer un lien entre hirondelles, pigeons et bétails (bovins,ovins,caprins, équins...) ! Il est donc impératif de conserver et préserver les nids d’hirondelles et refuser d’obtempérer aux préconisations injustifiées en alertant notamment la LPO.


La grippe aviaire et l'Homme

Quand est apparue la grippe aviaire ?

La grippe aviaire a été détectée, il y a plus d’un siècle (première description en Italie en 1878).

Y-a-t-il eu d’autres épidémies dangereuses pour l’homme ?

Oui, lors de la grippe espagnole de 1917 à 1922. Elle provenait du virus H1N1.
En 1957, La grippe asiatique avait pour origine un virus de type H2N2.

Qu’est ce qu’une pandémie de grippe aviaire ?

C’est une épidémie de grippe aviaire chez l’homme qui se propagerait à l’échelle mondiale.

Quand et où est apparue pour la première fois la grippe aviaire dont on parle actuellement ?

Le virus H5N1 est apparu à Hong-Kong en 1997 où il a tué 6 personnes. Il a refait surface fin 2003 en Asie faisant 66 victimes à ce jour (sur un milliard de personnes habitant les pays contaminés).

Comment se transmet le virus entre les hommes et les oiseaux ?

Le virus de la grippe aviaire de type A (H5/N1) peut se transmettre de l’animal à l’homme comme le montre le phénomène observé depuis janvier 2004 en Asie. La contamination est aérienne et se fait essentiellement lors de contacts étroits, prolongés et répétés dans des espaces confinés avec des sécrétions respiratoires ou des déjections d’animaux infectés. Elle peut se faire de façon directe ou indirecte (par l’intermédiaire des surfaces et/ou des mains souillées par les déjections).

Comment le virus peut-il se propager ?

L’épizootie pour se propager dispose de quatre voies possibles :

Quel est le point commun avec le virus de la grippe humaine actuel ?

Le problème, c’est la recombinaison génétique entre un virus grippal aviaire et un virus grippal humain qui peut alors donner un virus extrêmement virulent pour l’homme avec passage homme-homme…

Les précautions à prendre pour voyager

Le ministère de la Santé et des Solidarités vient de mettre en place un numéro d'appel sur la grippe aviaire, pour donner des informations aux voyageurs.
Vous pourrez retrouver la liste des pays touchés par la grippe aviaire, ainsi que des recommandations sanitaires.

Est-il possible de faire des sorties "nature" avec les élèves ?

L’interdiction faite aux professeurs, notamment des sciences de la vie et de la Terre, de manipuler des oiseaux sauvages ou des produits dérivés, (…) sont levées lorsque le niveau de risque d’influenza aviaire du au virus H5N1 est qualifié de “négligeable 1” ou “négligeable 2” tel que défini par l’arrêté du 5 février 2007 (1). (bulletin officiel n° 8 du 21 février 2008 : http://www.education.gouv.fr/bo/2008/8/MENN0800142C.htm

Ce risque est actuellement « faible ». Pour plus d'informations vous pouvez consulter le site : http://www.grippeaviaire.gouv.fr/

Info'Grippe Aviaire
0 825 302 302
(0,15 € la minute).
Le numéro est ouvert du lundi au samedi de 9h00 à 19h00